TRAVAIL ET USURE
montrerait que cet air a pris à l’homme de l’acide carbonique, et qu’il a perdu de l’oxygène en quantité égale ou même plus grande.
6. Ainsi,quandunhommene perd ni ne gagne en poids, la somme des poids de toutes les substances ci-dessus énumérées qui abandonnent le corps devrait être exactement égale au poids de la nourriture et de l'eau qui y entrent, plus le poids de l’oxygène qu’il a pris à l’air.
Or, il en est réellement ainsi.
11 s’ensuit qu’un homme bien portant, « qui ne gagne ni ne perd » de sa chair, oxyde et use incessamment, tandis qu’il répare ses pertes périodiquement, de sorte que si l'on pouvait le placer, dans des conditions moyennes, sur le plateau d’une balance verticale telle que celle dont on se sert pour peser les lettres , le plateau descendrait ù chaque repas, remonterait dans l’intervalle, s’écartant à des distances égales d’une position moyenne qui ne serait jamais conservée plus longtemps que quelques minutes. C’est pourquoi le poids du corps n’est jamais stationnaire ; ce que nous appelons de ce nom est simplement un état où les variations s’effectuent dans d’étroites limites, état dans lequel les gains et les pertes des nombreuses transactions quotidiennes de l’économie se font équilibre.
7. Supposez que cet état physiologique d’équilibre quotidien soit atteint: il ne peut être maintenu qu’aussi longtemps que la quantité de travail mécanique exécuté et de chaleur ou d’autre force produite demeure sans changement. Qu’un homme en cet équilibre physiologique soulève du sol un poids lourd; la perte de poids qu’il aurait subie sans cet exercice sera immédiatement augmentée d’une quantité définie qui ne pourra être réparée que si une quantité proportionnelle de nourriture supplémentaire lui est fournie. Que la température s’abaisse, et le môme ré-
fi LEÇONS HE PHYSIOLOGIE. — I.
sultat se produira si le corps reste aussi chaud qu’auparâvant, puisque pour conserver cette chaleur il aura fallu en produire davantage.
Ainsi, chez un homme bien nourri, un courant d'aliments pénètre sans cesse le corps sous la forme de composés complexes contenant relativement peu d’oxygène ; constamment aussi les éléments de la nourriture (qu’ils aient formé une partie de substance vivante avant ou après leur ingestion) quittent le corps combinés avec une plus grande quantité d’oxygène. La destruction et l’oxydation des composés complexes qui entrent dans l’organisme sont finalement proportionnées à la somme de force que le corps dépense, exactement de la même façon que la somme de travail que l’on obtient d’une machine à vapeur et la somme de chaleur qu'elle produit est en proportion stricte de la quantité de charbon qu’elle consomme.
8. Sortons de ces considérations générales sur la nature de la vie au point de vue du travail physiologique, pour tracer un aperçu succinct des appareils qui exécutent le travail. Nous avons vu comment fonctionne la machine, voyons maintenant comment elle est construite.
Le corps humain est, au premier coup d’œil, séparable en tête, tronc et membres. A la tête, la boite du cerveau ou crâne se distingue de la face. Le tronc se divise en poitrine ou thorax et en abdomen ou ventre. Deux paires de membres, les supérieurs ou bras, les inférieurs ou jambes; bras ou jambes se subdivisent à leur tour aux articulations, en deux parties qui semblent analogues : la cuisse et le bras proprement dit, la jambe et l’avant-bras, le cou-de-pied et le poignet, les doigts et les orteils sont en parfaite correspondance; les orteils et les doigts sont tellement semblables qu’ils ont reçu la dénomination commune d'appendices digitaux, tandis que les diverses articu-