‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 5 sur 158 · TRAVAIL ET USURE · texte numérisé non relu

TRAVAIL ET USURE

mécanique, autant, tout au moins, qu’il en faudrait pour élever son poids aussi haut et aussi souvent qu'il l’a luimême élevé à chaque pas. Mais, en outre, une certaine quantité de glace se fondra; c’est-à-dire se convertira en eau, ce qui prouve que cet homme aura perdu une certaine quantité de chaleur; de plus, si l’air qui entre dans la chambre traverse préalablement de l’eau de chaux, il n’v déterminera aucun précipité trouble de carbonate de chaux, parce que la quantité d’acide carbonique contenu dans l’air ordinaire est trop petite pour être appréciable de cette façon. Mais si l’air qui sort de la chambre est recueilli par le même procédé, l’eau de chaux deviendra rapidement laiteuse à cause de la précipitation du carbonate de chaux, précipitation due à l’acide carbonique qui est, ainsi que la chaleur, exhalé par l’homme. Enfin, alors même que l’air qui entre dans la chambre de glace serait tout à fait sec, celui qui est chassé par l’expiration et celui qui sort par la peau mettra en évidence des nuages de vapeur, vapeur qui, on le voit, provient du corps.

Au bout d’une heure, si l’on veut terminer cette expérience, faisons sortir l’homme qui en est le sujet et pesons-le de nouveau : nous trouverons que son poids a diminué.

Concluons donc qu’un homme vivant et en activité dépense constamment une force mécanique , exhale de la chaleur, fabrique de Vacille carbonique et de l’eau, et subit une perte de substance.

4. Cet état de choses ne pourrait pas durer indéfiniment, car notre homme serait réduit à rien; mais bien avant que les effets de cette diminution graduelle deviennent apparents à l’observateur, ils sont ressentis par le sujet en expérience et donnent lieu à deux sensations impérieuses, la faim et la soif. Pour calmer ces désirs violents, pour

4 LEÇONS DE l’IIYSIOLOGIE. — I.

restituer le poids du corps et pour lui permettre d'exhaler de la chaleur, de l’eau et de l’acide carbonique dans la même proportion et pour un temps indéfini, il est nécessaire de fournir à l’organisme trois choses, et trois seulement, savoir : de l’air frais, — une boisson, — c’est-à-dire de l’eau sous une forme ou sous une autre quelle que soit ses déguisements, — et enfin des aliments. La substance connue des chimistes sous le nom d e protéine, qui renferme du carbone, de l’hydrogène, de l’oxygène et de l’azote, doit entrer dans la composition de cet aliment si l’on veut entretenir la vie indéfiniment ; de plus, la graisse, l’amidon ou les matières sucrées doivent y figurer également si l’on veut que l’existence soit facile.

5. Une portion des matériaux absorbés à l’état d’aliments n'est pas apte à nourrir, ou tout au moins n’est pas employée; elle abandonne le corps comme matière excrémenlitielle, dans les mêmes conditions qu’elle y est entrée, sans avoir été incorporée à sa substance. Mais dans l’état de santé, et quand on ne prend que la quantité d’aliments nécessaire, aucune proportion notable de protéine, de graisse ou de matières féculentes ou sucrées ne sort de l’organisme par une voie quelconque. Presque tout ce qui abandonne le corps le fait sous la forme d’eau, d’acide carbonique, ou sous la forme d’une substance appelée urée, ou enfin sous la forme de composés salins.

Les chimistes ont établi que ces produits qui sont rejetés du corps et appelés excrétions, contiennent, pris dans leur ensemble, beaucoup plus d’oxygène que les aliments et l’eau ingérés ; or la seule source d’où l’organisme puisse puiser de l’oxygène, — indépendamment de la nourriture et de l’eau, — est l’air au sein duquel nous vivons. Un examen attentif de l’air qui sort de la chambre, dans l’expérience imaginaire que nous avons relatée plus haut,

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