‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 79 sur 158 · SUC GASTRIQUE · texte numérisé non relu

SUC GASTRIQUE

soit la nature des substances protéiques qui ont été digérées *.

11 faut un temps considérable (plusieurs jours) pour que

L'une des glandes qui secrétent le suc gastrique.

Grossissement d'environ ôoO diamètres.

l’acide dilué seul puisse dissoudre la protéine; aussi, le pouvoir dissolvant du suc gastrique doit être principalement attribué à la protéine.

1 Cette opinion de Lehmann est, aujourd’hui au moins, irôs-contestée; le professeur Ch. Robin dit : « Il est reconnu aujourd'hui que chaque espèce d’élément anatomique ou mieux de principe azoté coagulable ou solide donne un produit liquide différant des autres après sa liquéfaction stomacale. ( Dict p. 1117.) D.

20. Par un pétrissage continuel, et avec des additions constantes de sucs gastriques, l’aliment se trouve réduit à la consistance d’une bouillie épaisse qui porte le nom de chyme. Dans cet état, il peut s’échapper par portions à travers le pylore et entrer dans le duodénum ; mais une grande portion de celte masse demi-liquide (composée de peptone mêlée à de la salive et de liquides saccharins résultant de la conversion partielle de l’amidon ou provenant d’une autre source) est rapidement absorbée, se fraye, par imbibition, une voie à travers les parois des vaisseaux délicats et nombreux de l’estomac, et arrive au courant sanguin qui se jette par la veine gastrique dans la veine porte.

21. Les intestins forment un long tube avec des enveloppes ou tuniques muqueuses et musculaires, de même que l’estomac; comme l'estomac, ils sont enveloppés par le péritoine. On les distingue en deux portions, le petit et le gros intestin. Ce dernier est d’un diamètre beaucoup plus grand que le premier. A son tour, le petit intestin se divise en duodénum, jéjunum et ilëum ; mais il n’existe point entre ces portions de ligne naturelle de démarcation. Cependant, le duodénum, qui est cette partie du petit intestin qui fait immédiatement suite à l’estomac, se distingue parce qu’il est recourbé sur lui-môme et fixé étroitement par le péritoine contre la paroi postérieure de l'abdomen, dans la concavité que l’on voit, en h i, figure 30. C’est dans cette concavité que se trouve la tête du pancréas (fig. 52).

L'ilèum (a, fig. 3.8) n’est pas plus large que le jéjunum ou que le duodénum ; de sorte que la transition du petit au gros intestin (e) est soudaine; mais à ce point se rencontrent des replis qui font saillie dans la cavité du gros intestin et s’opposent au reflux des matières du gros dans le petit intestin, tandis quelles laissent le passage libre

CLAMES DE L’INTESTIN.

dans l'autre sens. C’est ce que l’on appelle la valvule iléocœcale (fig, 58 d).

Le cæcum se Irouve dons la portion inférieure du côté droit de la cavité abdominale. Le colon, ou première portion du gros intestin, passe au-dessus sous lenom de colon ascendant; puis, tournant brusquement à angle droit, il passe au côté gauche du corps et prend le nom de colon transverse dans cette portion de son trajet; ensuite, s’infléchis-

Fic. 38.

Terminaison de l’iiéum a dans le ccrcum et continuation de cœcmn dans le colon c ; il, valvule iléo-coDcaie ; t, ori lice de l'appendice vermiforme (A) dans le cæcum.

sant en arrière, le long du côté gauche de l’abdomen, il s’appelle colon descendant. Là, il atteint la ligne médiane et devient le rectum, qui est celte portion du gros intestin qui s’ouvre extérieurement.

22. La membrane muqueuse de l’intestin est pourvue de nombreuses petiles glandes, simples pour la plupart, qui portent les nom de Lieberkuhn et de Brunner, et qui déversent une sécrétion, le suc intestinal, dont la fonction n’est point connue avec précision.

Les valvules conniventes sont des organes spéciaux au

pelit intestin ; ce sont des replis transverses de la membrane muqueuse qui en augmentent la surface; les villosités sont des saillies filamenteuses de cette membrane qui se rencontrent sur les valvules conniventes et ailleurs, et qui sont rangées l’un contre l’aulre comme les soies du velours. Chaque villosité est revêtue d’un épithélium et contient à l’intérieur le radicule ou commencement d’un

Fig. 59. — Deux des villosités du petit intestin grossies d’environ 50 DIAMÈTRES.

a, substance des villosités; b, son épithélium dont -on voit quelques cellules détachées en b' ; c, d, artère et veine avec leur réseau capillaire de communication qur enveloppe et cache e racine lactée qui occupe le centre de la villosité et s’ouvre sa base dans un réseau de vaisseaux lactés.

vaisseau lacté (Leçon II, g G); entre ce vaisseau et la villosité se trouve un réseau capillaire avec son artère afférente et sa veine efférente.

Le gros intestin offre des particularités dignes de remarque dans l’arrangement des fibres musculaires longitudinales du colon en trois bandes qui sont plus courtes que les parois de l’intestin elles-mêmes, de telle façon que ces dernières forment des replis et des poches ; il faut aussi noter la terminaison du rectum en un muscle sphincter qui

CHYME ET CHYLE.

a la forme d’un anneau qui maintient l’orifice étroitement fermé, excepté quand la défécation s’opère.

Les intestins reçoivent le sang presque directement de l’aorte. Leurs veines portent le sang qui a traversé les capillaires de l’intestin à la veine porte.

Les fibres des parois musculaires des intestins (parois musculaires qui sont placées entre la couche de membrane muqueuse et la couche séreuse ou péritonéale) sont disposées longitudinalement et circulairement, et les fibres musculaires d’une portion quelconque se contractent successivement, de façon que les fibres inférieures du côté de l’anus se contractent après celles du côté supérieur du côté du pylore. En conséquence de cette contraction péristaltique, le contenu des intestins est incessamment poussé par le rétrécissement successif du calibre de l’intestin, de son extrémité supérieure vers l’inférieure.

25. Les seules sécrétions qui entrent dans l’intestin, indépendamment de celles de ses glandes propres, — sont celles du foie et du pancréas, la bile et le suc pancréatique. Les conduits de ces organes ont un orifice commun au centre du duodénum ; et comme ce canal commun traverse obliquement dans l’épaisseur des tuniques de l’intestin, ces parois font l’office de valvules, s’opposent à l’entrée du contenu du duodénum dans le canal et laissent un libre cours à la bile et au suc pancréatique dans le duodénum (fig. 32 et 36).

A mesure que le chyme remplit le duodénum, le pancréas enlre en activité, et sa sécrétion, de même que la bile qui vient de la vésicule, coule à travers l’orifice commun et, se mêlant au chyme, le transforme en ce qu’on appelle le chyle.

24. Le chyle diffère du chyme sous deux rapports. En premier lieu, la bile alcaline neutralise l’acide du chyme;

en second lieu, la bile et le suc pancréatique semblent avoir sur les matières grasses, contenues dans le chyme, une influence telle qu’elle facilite la subdivision de ces matières en une infinité de particules. Le chyme qui résulte de la digestion des aliments gras n’est qu’un mélange de fluide aqueux avec des matières huileuses qui sont prêtes à s’en séparer pour s'unir entre elles; d’un autre côté, dans le chyle, ces matières grasses sont suspendues dans ce liquide de la même façon que l’huile peut être disséminée uniformément dans l’eau en la délayant graduellement avec du blanc d’œuf, ce qu’on appelle une émulsion; la graisse (c’est-à-dire le beurre) du lait est naturellement tenue en suspension par le môme procédé dans la base aqueuse du lait.

Le chyle, avec ces particules en suspension, parait blanc et laiteux, pour la même raison que le lait offre le même aspect : la multitude de petites particules grasses en suspension réfléchit une grande somme de lumière.

La conversion de l’amidon en sucre, qui semble être interrompue, en tout ou en partie, aussi longtemps que les aliments restent dans l’estomac, à cause de l’acidité du chyme, est reprise aussitôt que cette acidité est neutralisée; les sucs pancréatiques et intestinaux agissent efficacement en ce sens. <

A mesure que le chyle s’avance le long des petits intestins par l’action propulsive des contractions péristaltiques, les substances en dissolution qu'ils contiennent sont d’ordinaire absorbées par les vaisseaux des villosités. D’un autre côté, les petites particules de matières grasses sont poussées à travers les parties molles de l'épithélium dans celles des villosités, et de la sorte, à la longue, dans les vaisseaux; le mercure, de la môme façon, peut être chassé par la pression à travers les pores d’un sac de cuir lavé.

DIGESTION CŒCALE.

Comme le réseau des capillaires est placé dans chaque villosité à l’extérieur des radicules lactés, il semble que les vaisseaux sanguins enlèvent la plus grande partie du chyle; mais, en réalité, il en entre beaucoup dans les vaisseaux lactés; le chyle les remplit et ne pénètre dans le sang qu’après un circuit à travers les lymphatiques du mésentère et le canal thoracique. (Leçon 11, § 5 et 6.)

25. A mesure que les matières digérées sont poussées le long du petit intestin, elles sont débarrassées graduellement de leur peptone, de leurs graisses et amyloïdes solubles, et sont poussées à travers la valvule ilèo-cœcale dans le cæcum et ensuite dans le gros intestin. Là, elles prennent une réaction acide, une odeur et une couleur fécale caractéristiques qui se marquent de plus en plus à mesure qu’elles approchent du rectum. On a supposé qu’une seconde digestion s’opérait dans la portion supérieure du gros intestin.

LEÇON Vil

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