ESQUISSE ANATOMIQUE
A. Section iiagrammatique du corps humain, p:ise verticalement par le plan médian. — CS, système nerveux cérébro-spinal; S, cavité nasale- M, cavité buccale; Al, canal alimentaire représenté comme un simple tube droit; H, coeur; D, diaphragme; Sy, ganglions sympathiques.
B. Section verticale transverse de la tête, parallèle à la ligne ah dans flg. A. Mémos lettres.
C. Section transversale du corps prise à la hauteur de la ligne cd dans lig. A. Mêmes lettres.
minalc ou antérieure. A la tête, la première est très-volumineuse en regard de la seconde (fig. 1, B); au thorax ou à l’abdomen, elle devient très-petite (fig. 1, C).
Les membres ne renferment pas de cavités telles qu’au tronc et à la tète ; si l’on excepte quelques tubes en branches remplis de fluide, et qui sont appelés vaisseaux sanguins et lymphatiques, les membres sont pleins ou demipleins dans toute leur épaisseur.
1 1 . Ayant ainsi tracé le caractère général et la distribution des parties du corps, il serait à propos d’examiner en quelles parties constituantes on peut les diviser sans employer d’autres moyens que l’œil et le scalpel.
D’abord on peut séparer des parties qui sont placées immédiatement au-dessous d’elle cette membrane souple qui enveloppe le corps tout entier, et que l'on appelle la peau ou le tégument externe. En outre, on peut aisément constater que ce tégument se divise en deux portions: une couche superficielle, composée de petites particules de substance cornée et qui s’appelle l’épiderme ; et une portion plus profonde, le derme, qui est dense et fibreux. L’épiderme blessé ne cause aucune douleur et ne saigne point; le derme, au contraire, dans le même cas, est très-sensible et saigne abondamment. Celte distinction pratique est mise en évidence quand on se rase : le rasoir ne doit couper que le tissu épidermique, car en pénétrant le derme si peu que ce soit, on donne lieu à de la douleur et à une perte de sang.
La peau peut être assez aisément détachée de toutes les régions externes, mais à la marge des orifices elle semble s’interrompre, et elle est remplacée par une couche qui est beaucoup plus rouge et plus sensible, qui saigne plus facilement et qui est humectée par un liquide plus ou moins visqueux, le mucus; c’est pourquoi l’on dit
LES TISSUS. tl
qu’au niveau de ces orifices la peau est remplacée par une membrane muqueuse qui tapisse toutes les cavités intérieures, telles que le canal alimentaire auquel aboutissent ces orifices. Toutefois, en réalité, la peau ne s’arrête pas à ces points; elle se prolonge à l’intérieur par la membrane muqueuse qui n’est qu’une peau d’une plus grande délicatesse, il est vrai, mais qui est constituée foncièrement par les deux mêmes couches, l'une qui est profonde, fibreuse, pourvue de vaisseaux sanguins (vasculaire) et de nerfs, l’autre qui est superficielle, cornée, insensible et non vasculaire, et que l’on appelle Y épithélium. Ainsi l’on peut dire que chaque partie du corps est contenue entre les parois d’un double sac formé, d’une part, par l’épiderme qui enveloppe l’extérieur du corps, et d'autre part par l'épithélium, son prolongement, qui tapisse les cavités intérieures.
12. Le derme, ainsi que la couche profonde et vasculaire qui lui correspond dans la membrane muqueuse sont principalement constitués par une substance filamenteuse qui abandonne, par l’ébullition, une quantité abondante de gélatine et sert à tanner les cuirs. On l’appelle tissu aréolaire , fibreux , ou mieux encore tissu connectif ‘. Celte dernière dénomination est la meilleure, parce que ce tissu est réellement le grand moyen à l'aide duquel les différentes parties du corps sont unies entre elles. Il se prolonge du derme à tous les organes, réunis-
1 Toutes les parties constituantes du corps, telles que l’épiderme, les cartilages ou les muscles, prennent le nom de tissu. (H.) I.e tissu dont il est ici question a reçu une foule de dénominations, selon le point de vue des auteurs et des micrograplies. Son nom le plus ancien est celui de tissu cellulaire. M. Charles llobin, le grand anatomiste de l’école française, l'a récemment décrit sous le nom de tissu lamineur, parce qu’il se présente en son état de développement sous la forme de fibres lamineuset minces. (0.)
sant les muscles en faisceaux, recouvrant les os et les car. tilages, et çà et là pénétrant jusque dans les membranes muqueuses; il envahit enfin presque toutes les parties du corps, au point que, si tous les autres tissus pouvaient en être détachés, il constituerait à lui seul un modèle achevé de toutes les formes organiques . Le tissu connectif offre d’ailleurs de nombreuses variétés ; quelquefois il est mou et souple ; quelquefois, au contraire, il offre une grande orce de cohésion et une densité considérable, tel est le cas pour les tendons et les ligaments qui en sont presque entièrement composés.
1 3. Parmi les plus importants des tissus environnés et enveloppés par le tissu connectif, il en est dont la présence et l'action peuvent être aisément déterminées pendant la vie.
Si le bras d’un homme dont l’avant-bras est étendu est saisi et fortement retenu dans l’extension par une autre personne, celte dernière, à mesure que l’homme en question fléchira son bras, sentira la masse assez molle qui est située à la face antérieure du bras se gonfler, proéminer et durcir. Si l’on étend le bras, ce gonflement et cette dureté disparaissent.
Si l’on enlevait la peau, la portion du bras qui change ainsi sa configuration se trouverait être une masse de chair rouge enveloppée dans le tissu connectif; cette enveloppe se termine à chaque extrémité par un tendon à l’aide duquel le muscle s’attache d'un côté à l’os de l’épaule, de l’autre à l’un des os de l’avant-bras. La masse charnue est le muscle qui porte le nom de biceps : les muscles ont la propriété spéciale de modifier leurs dimensions; ils se raccourcissent et s’épaississent à mesure que leur longueur diminue, quand ils sont influencés par la volonté ou par quelqucsHines des causes — dites stimulantes. C’est en
LE SQLELET1 E.
verlu de cette propriété que le lissu musculaire devient le grand agent moteur de l’organisme, car les muscles sont disposés entre des systèmes de levier qui supportent le corps, de telle façon que leur raccourcissement nécessite le mouvement de l’un des leviers sur l’autre.
14. Ces leviers forment une partie du système de tissus durs qui constituent le squelette. Les plus mous d’entre eux sont composés d’une substance blanche, dense et ferme, ordinairement désignée du nom de cartilage. Les plus durs sont les^ os qui sont des masses de cartilages ou de lissu connectif durcies par l’imprégnation de phosphate et de carbonate de chaux. Ce sont des tissus animaux qui se sont en quelque sorte pétrifiés naturellement; lorsqu’on en extrait, ainsi qu’on peut le faire par l’action des acides, tous les sels de chaux, il reste un modelé des os en une substance organique molle et flexible.
/-*■ On distingue plus de deux cents os séparés dans le corps humain; mais ce nombre varie suivant les âges, car plusieurs os qui sont distincts dans l’enfance , se soudent dans le vieil âge. C’est ainsi que l’on compte à l’origine, nous l’avons vu, trente-trois corps de vertèbres séparables dans la colonne vertébrale. Mais il ne reste de distinct pendant toute»la vie que les vingt-quatre vertèbres supérieures. Les neuf autres, ou inférieures, se réunissent en deux os, l’un constitué par cinq vertèbres s’appelle, le sacrum, l’autre formé par la jonction des quatre dernières s'appelle le coccyx. Dans la première partie de l’âge adulte, le crâne contient vingt-deux os qui se séparent naturellement, mais dans la jeunesse le nombre en est beaucoup plus grand, tandis qu’il est beaucoup plus petit chez les vieillards. Vingt-quatre côtes encerclent la poitrine, douze de chaque côté, et la plupart d’entre elles
sont réunies par des cartilages avec l'os antérieur de la poitrine ou sternum.
La ceinture osseuse qui supporte les épaules se compose essentiellement de deux os, l 'omoplate et la clavicule. Le bassin ou pelvis, auquel les jambes sont attachées, consiste en deux os séparés qui portent chez l’adulte le nom d’os pelvis; mais dans la jeunesse chaque os est séparable en trois parties qui prennent les noms de pubis, ischion et iléon. On compte trente-trois os dans chaque bras, et autant dans chaque jambe, y compris la rotule ou os du genou.
Tous les os sont reliés par des ligaments ou par des cartilages, et, quand ils jouent librement l’un sur l’autre, un revêtement cartilagineux forme les surfaces qui doivent être en contact.
Les surfaces libres des cartilages articulaires qui entrent dans la slrulure d’une jointure sont recouvertes d’une membrane synoviale extrêmement One qui sécrète un fluide lubrifiant, — la synovie.
15. Quoique les os du squelette soient tous assez fortement réunis par des ligaments et des cartilages, les articulations jouent si librement, et le centre de gravité du corps dans la situation verticale est si élevé qu’il est impossible qu’un squelette ou un cadavre reste en équilibre sur ses deux pieds. Lorsque ce sont les pieds qui fournissent les surfaces de support, les muscles du mollet (flg. 2, 1) doivent se contracter, ou sinon les jambes et le corps tomberaient en avant. Mais l’action de ces muscles tend à fléchir la jambe; pour contre-balancer celte influence et tenir la jambe droite, les grands muscles de la région antérieure de la cuisse (flg. 2) doivent entrer en activité; mais ceux-ci, parleur fonction propre, produisent la flexion du tronc sur les jambes, et, pour rester droit, le