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MOUVEMENTS COMBINÉS

corps exige l'action antagoniste des muscles des fesses et des reins (fig. 2, 111).

Fig. 2. — Diagramme montrant les insertions fies muscles les plus importants qui maintiennent le corps dans la rectitude.

1, muscles du mollet; il, muscles de la région postérieure de la cuisse; 111, muscles de l'épine qui tendent à retenir le corps en arriére; I, muscles antérieurs de la jambe; 2, muscles antérieurs de l'abdomen; 4, b, muscles antérieurs du cou qui empêchent le corps de tomber en arriére. Les (lèches marquent la direction.de l'action des muscles, le pied étant Osé.

L’attitude verticale que nous prenons si facilement et sans y penser est donc le résultat de l’action combinée et exactement proportionnée d’un grand nombre de muscles. Quel est l'agent qui les fait agir simultanément de la sorte?

16. Supposez qu’une personne dans la position verticale reçoive un violent coup sur la tête; vous savez ce qui en adviendra : subitement cette personne tombera, accablée, comme une masse, les membres relâchés et sans force. Qu'est-il arrivé? Le coup peut avoir été reçu de façon à ne pas loucher un seul muscle; il peut ne pas avoir déterminé la perte d’une seule goutte de sang; et, en réalité, si la commotion, — tel est le nom technique de cet accident, — n’a pas été trop violente, le malade, après quelques moments de perte de connaissance, reviendra à lui et pourra être aussi bien portant que jamais. Il sera donc alors évident qu’aucune blessure permanente n’aura été faite à une partie quelconque du corps aux muscles moins qu’à toute autre; et l’on devra conclure qu’une influence particulière a atteint le quelque chose qui gouverne le système musculaire. Cette influence peut résulter de causes trèsdélicates. Une forte émotion mentale et môme une trèsmauvaise odeur suffisent chez quelques personnes pour produire le même effet qu’un coup.

Ces remarques pourraient mener à cette conclusion, que c’est l’intelligence qui gouverne directement les muscles ; mais si l'on pousse l'enquête plus loin, on reconnaîtra que cela n’est pas : car il y a des cas où des individus ont été poignardés ou blessés par arme à feu dans le dos, de façon que sans d’autres désordres notables la moelle épinière était coupée : ces personnes avaient alors perdu la faculté de se tenir debout, quoique leur entendement fût resté parfaitement clair; et te n’est pas seulement la faculté de la

MOUVEMENTS COMiilNES.

station debout qui fait défaut dans ces cas, c’est aussi la sensibilité et l’aptitude à déterminer dans ces jambes un mouvement quelconque sous l’influence de la volonté.

17. Et cependant, quoique le siège de l’intelligence fut ainsi séparé des membres inférieurs, un pouvoir contrôleur et gouverneur y reste attaché : si l’on chatouille la plante de ces pieds impotents, les jambes seront agitées de mouvements convulsifs de môme que dans l’état normal, bien qu'aucune sensation ne soit perçue par l’organisme. En outre, si l’on dirige une série de chocs électriques du côté de la moelle épinière, les jambes exécutent des mouvements plus violents même que ceux qui seraient

exécutés sous l’influence de la volonté par une personne ;

qui ne serait point blessée de la sorte. Enfin, si la blessure ; ’ ’ , est d’une nature telle que la moelle soit écrasée ou profondément désorganisée, tous ces phénomènes cesseront; le chatouillement de la plante des pieds ou les chocs électriques le long de l’épine ne produiront aucun effet sur les jambes.

Par l’étude poussée même plus loin, d’une série de cas de ce genre, nous arriverons à ce résultat remarquable, que le cerveau est le siège de toutes les sensations et des actions mentales et la source première de toute contraction musculaire volontaire ; tandis que la moelle épinière est apte à recevoir une sensation de l’extérieur et à la convertir, non-seulement en un acte musculaire simple, mais en une combinaison complexe d’actes musculaires.

En résumé, nous pouvons dire en termes généraux que les centres cérébro-spinaux ont le pouvoir, quand ils reçoivent certaines impressions du dehors, de produire des mouvements musculaires simples ou combinés.

18. Remarquez cependant que les impressions du dehors ont des caractères très-différents. Tous les points de la surface extérieure du corps peuvent donner des sensations de contact, de froid ou de chaud ; et tous les corps de la nature peuvent, dans certaines conditions, produire ces sensations. Mais un fort petit nombre de points très-limités sont aptes à être affectés de telle façon qu’ils ressentent les impressions du goût, de l’odorat, de la vue ou de l’ouïe; et un très-petit nombre de substances, ou, si l’on veut, de genres particuliers de vibrations, sont aptes à impressionner ces régions. Ces points, très-limités, qui nous mettent en rapport avec un genre particulier de substances ou de formes de force, sont ce que l’on appelle des organes sensoriels ou de sensibilité spèciale. De ces organes, il en est deux pour la vue, deux pour l’ouïe, deux pour l’odorat, et un ou même deux, — pour parler exactement, — pour le goût.

19. Et maintenant que nous avons pris cette idée générale de la structure du corps, dés organes qui le constituent, de ceux qui le meuvent et de ceux qui le mettent en relations avec le monde extérieur, ou, en d’autres termes, lui permettent de se mouvoir en harmonie avec ces influences, considérons les moyens par lesquels cet admirable mécanisme est maintenu en activité.

Tout travail, nous l’avons vu, implique une dépense. Le travail du système nerveux et celui des muscles supposent donc une consommation ou de leur propre substance ou de quelque autre. Et comme l’organisme ne peut rien créer, il doit posséder les moyens d’obtenir de l’extérieur les substances dont il a besoin, et de rejeter au dehors celles de ces substances qu’il a consommées. Le corps se nourrit et il excrète. Passons maintenant de ce fait brut au mécanisme par lequel il est réalisé.

ALIMENTATION. tü

Les organes qui convertissent les aliments en nourriture ou nutriment sont ceux de l’alimentation. Ceux qui distribuent le nutriment sur tous les points du corps sont ceux de la circulation, et ceux qui le débarrassent des matériaux inutiles sont ceux de l’excrétion.

20. Les organes de l’alimentation sont : la bouche, le pharynx, la gorge, l’estomac et les intestins avec leurs appendices. Leur fonction est d’abord de recevoir et de broyer les aliments. Sur ces aliments broyés, ils agissent ensuite à l’aide d'agents chimiques dont ils ont en réserve une provision qui est renouvelée au fur et à mesure qu’elle est consommée; ainsi est préparée une matière semi-liquide, qui contient des substances nutritives en solution ou en suspension, et des substances non nutritives qui portent le nom de feces et doivent être évacués.

21. Un système de petits tubes dont les parois sont extrêmement fines, les vaisseaux capillaires (de capilliy cheveux), se distribue à travers tous les organes, excepté l’épiderme et ses composés, l’épithélium, les cartilages et la substance des dents. Sur tous les points ces tubes se transforment en d’autres tubes appelés artères et veines, et ceuxci, devenant de plus en plus larges, s’ouvrent à la fin dans le cœur, organe qui, ainsi que nous l’avons vu, est situé dans le thorax. Pendant la vie, les tubes ainsi que les cavités du cœur dans lesquelles ils débouchent sont remplis d’un liquide qui est, pour la plus grande partie, ce fluide rouge que chacun connaît, le sang.

Les parois du cœur sont des muscles qui se contractent avec rhythme ou à des intervalles réguliers. A l’aide de ces contractions, le sang que ses cavités contiennent est lancé en jets dans les artères et de là dans les capillaires, d’où il revient au cœur par les veines.

Telle est, sommairement, la circulation du sang.

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