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CILS VIBRATILES

Toutefois, ce tourbillon humain offre cette particularité que les molécules de matière qui y pénètrent offrent une composition beaucoup plus conqilexe que celles qui en sortent. Et pour employer une métaphore qui n’est pas sans quelque réalité, les atomes qui entrent dans l’organisme sont pour la plupart façonnés en grosses masses et se brisent en petites masses avant de les quitter. La force qui est mise en liberté dans cette fragmentation est la source des puissances actives de l’organisme.

2. Ces puissances actives se manifestent surtout sous forme de mouvement , mouvement d’une portion du corps ou mouvement de son ensemble. Ce dernier prend le nom de locomotion.

Les organes qui effectuent le mouvement partiel ou total du corps ou des liquides qu’il contient sont de deux genres : les cils vibratiles et les muscles.

3. Les cils vibratiles sont des filaments extrêmement fins attachés par leurs base aux surfaces libres des cellules épithéliales d’où elles naissent (voy. leç. XII). Ils se meuvent incessamment d'un mouvement vibratile continu, aussi longtemps qu’ils sont en vie; et ce mouvement persiste même pendant un certain temps après que la cellule épithéliale, avec laquelle elle était en rapport, a été séparée du corps ; ce mouvement du cil est, non-seulement indépendant des mouvements du reste du corps, mais il n’est pas sous la dépendance du système nerveux. La cause prochaine de ce mouvement semble consister dans la contraction et le relâchement successifs des côtés opposés de sa base ; mais on ignore pourquoi ce double phénomène se produit.

Quoique aucune autre partie de l’organisme n’ait d’influence sur les cils vibratiles et qu’ils n’aient entre eux, que nous sachions, aucune communication directe, leur acti-

vite est cependant dirigée vers une fin commune ; les cils qui recouvrent ces surfaces étendues agissent toutes de façon à chasser dans une seule et môme direction tout ce qui se trouve sur cette surface. Ainsi les cils qui sont développés sur les cellules épithéliales (qui tapissent la plus grande partie des cavités nasales et la trachée avec ses ramifications) tendent à pousser à l’extérieur les mucosités sur lesquelles elles agissent.

En dehors des conduits de l’air, on trouve des cils dans les ventricules du cerveau et dans deux ou trois autres régions; mais le rôle qu’ils jouent chez l’homme est insignifiant auprès de celui qu’ils jouent chez les animaux inférieurs ; chez plusieurs d’entre eux ils sont les organes principaux de la locomotion.

A. Les muscles sont des condensations de fibres (1, g 13) qui ont la propriété, dans certaines conditions, de se raccourcir tandis que leurs autres dimensions augmentent, de sorte que le volume absolu de chaque fibre ne change point. Cette propriété s'appelle la contractilité musculaire; et toutes les fois qu’en vertu de celte contractilité les fibres musculaires se conlractcnt, elles tendent à rapprocher ses extrémités avec tout ce qui peut leur être attaché.

La circonstance qui détermine à l’ordinaire la contraction d’une fibre musculaire est un changement d’état dans les fibres nerveuses qui sont en connexion étroite avec les fibres musculaires. De là la fibre nerveuse est appelée motrice, parce que par son influence sur un muscle elle devient un moyen indirect de produire un mouvement.

Le muscle est une substance très-élastique. 11 renferme une grande quantité d’eau [à peu près autant que le sang (III, P 16)] et pendant la vie il parait clair et demi-transparent.

MÜSCLBK.

Quand on comprime un muscle à fibres slriécs, après avoir pris toutes les précautions voulues pour en chasser tout le sang qu’il contient, on en fait sortir un liquide qui se coagule 4 la température ordinaire. Tôt ou tard après la mort, cette coagulation s’opère dans les muscles euxmèmes. lis deviennent plus ou moins opaques, et perdant . leur élasticité antérieure, ils se transforment en masses dures et rigides, qui conservent la forme qu’elles avaient quand la coagulation commence. Les membres se raidissent dans la position où la mort les a trouvés, et le corps passe à l’état de rigidité cadavérique, rigor mortis. Après un certain laps de temps, les matières coagulées se liquéfient et les muscles entrent dans un état de relâchement et de flaccidité qui marque le début de la putréfaction.

On a remarqué que la rigidité cadavérique dure d’autant moins de temps qu’elle est survenue plus tôt, et que plus elle met de temps à s’établir plus elle dure. Enfin, plus la fatigue musculaire et l’épuisement consécutif sont considérables avant la mort, plus la rigidité s’établit de bonne heure.

Les muscles peuvent être commodément divisés en deux groupes selon la manière dont les extrémités de leurs fibres sont attachées : i u muscles qui ne s’insèrent pas à des leviers solides et 2° muscles qui s’insèrent à des leviers solides.

5. Muscles qui ne s'insèrent pas à (les leviers solides. Sous ce litre viennent d’abord les muscles larges qui enclosent une cavité ou enveloppent un espace et dont la . contraction amoindrit la capacité de cette cavité ou diminue l’étendue de cet espace.

•Les fibres musculaires du cœur, des vaisseaux sanguins, des vaisseaux lymphatiques, du canal alimentaire,

J80 leçons de physiologie. — Vil.

tles canaux glandulaires, de l’iris de l’œil sont organisés de façon à former des muscles larges.

Dans le cœur les fibres musculaires sont striées et leur disposition est extrêmement complexe. Les cavités qu’elles entourent sont celles des oreillettes et des ventricules, et ainsi que nous l’avons vu quand leurs fibres se contractent elles le font soudainement et simultanément. •

L’iris de l’œil est comme un écran au milieu duquel il existe un trou rond ; ses fibres musculaires sont du genre fisse, c’est-à-dire sans stries, et elles sont arrangées de deux façons : les unes en cercles concentriques à l'ouverture, les autres s’irradient des bords de l’ouverture à la circonférence de l’écran. Les fibres musculaires se contractent soudainement et avec ensemble, les fibres rayonnantes agrandissent nécessairement l’orifice, les fibres musculaires le rétrécissent.

Dans le canal alimentaire les fibres musculaires sont également sans stries et sont disposées en deux couches ; les unes sont parallèles à la longueur des intestins, les autres sont disposées circulairement ou à angle droit avec les premières.

Ainsi qu’on l’a vu plus haut (VI, §22), la contraction de ces fibres musculaires est successive, c’est-à-dire que sur une longueur donnée des intestins toutes les fibres musculaires ne se contractent pas simultanément; mais celles d’une extrémité commencent et les autres les suivent jusqu’à ce que toute la série se soit contractée ; quant à l’ordre des contractions, il est naturellement toujours le même • de l’extrémité supérieure à l’inférieure. L'effet de cette contraction péristaltique est, nous l’avons vu, de chasser toute matière contenue dans le canal alimentaire de l'extrémité supérieure à l’inférieure. Les muscles des parois des canaux des glandes ont une organisation semblable.

LEVIEIIS OS'SEDX.

0. Muscles qui s'insèrent à des leviers solides. La grande majorité des muscles s’insèrent à des leviers fixes formés

par les os dont la structure intime est expliquée, §11, leçon XII. Dans les os qui sont ordinaiiemenl employés

LEÇONS 1)K PHYSIOLOGIE. - Vil.

comme leviers, le tissu osseux prend la forme d'un tuyau (fig.40,i>) formé d’une substance osseuse, dense et compacte contenant souvent une grande cavité centrale (b) remplie d’un tissu très-délicat et fibreux pénétré d’une graisse que l’on appelle vulgairement la moelle : vers les deux extrémités de l’os, le tissu compacte se raréfie et se transforme en une masse beaucoup plus volumineuse, tuais beaucoup moins dense, semblable aux aréoles de l’éponge et que l’on nomme tissu spongieux. Toutefois la surface de cette portion de l’os reste recouverte d’une enveloppe mince de tissu compacte.

Une extrémité au moins de chacun de ces leviers osseux se façonne en une surface articulaire lisse recouverte de cartilages, qui permet à l’extrémité relativement fixe de l’os de jouer sur la surface correspondante de quelque autre os avec lequel il s’articule; ou, au contraire, met celui-ci en état de se mouvoir sur le premier.

C’est l’une ou l’autre de ces extrémités qui joue le rôle de point d’appui quand l’os fonctionne comme levier.

Ainsi dans la figure ci-contre (fig. il), de l’os du membre supérieur avec l’insertion du muscle biceps à l’omoplate et à l’un des deux os de l’avant-bras appelé le radius, P indique le point d’appui de la puissance (le muscle qui se contracte) sur le radius.

Mais, pour comprendre nettement l’action de ces os comme leviers, il faut connaître les différents genres de leviers et pouvoir rapporter les différentes combinaisons qu’en offrent les os à leurs genres de leviers appropriés.

Un levier est Une tige rigide dont une portion est absolument ou relativement fixe tandis que le reste est mobile. L’un des points de la partie mobile de la lige est mis en mouvement par une force, en vue de communiquer plus ou moins de et mouvement à un autie point de lu partie

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