‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 27 sur 111 · ABSORPTION SUR LES SURFACES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

ABSORPTION SUR LES SURFACES MUQUEUSES

l’animal, et l’on constata que la glande sous-maxillaire, dans laquelle on avait injecté du prussiate de potasse quelques instants auparavant, fournissait de la salive qui ne contenait cependant pas de prussiate de potasse. On observa toutefois que cette glande produisait moins de salive que celle du côté opposé dont le conduit avait été mis à nu comparativement. Cette diminution de la sécrétion pourrait s’expliquer par une sorte d’altération que l’injection du prussiate de potasse aurait produite dans le tissu de la glande. En effet, l’animal ayant été sacrifié environ une heure après cette injection, on disséqua la glande, et l’on trouva que le tissu cellulaire interglandulaire avait éprouvé une sorte d’infiltration. Cependant, en cherchant alors le prussiate de potasse dans le tissu de la glande, on ne l’y rencontra pas. Le bassinet des reins necontenait pas non plus de prussiate de potasse, dont il y avait encore des traces dans l’urine, ce qui semblerait indiquer qu’une heure avait suffi pour la complète élimination hors du sang de la quantité de cette substance qui avait été injectée.

Sur un autre chien, après avoir découvert le conduit parotidien, et avoir déterminé la sécrétion salivaire avec du vinaigre introduit dans la gueule, on injecta dans la glande, au moment où la sécrétion s’effectuait, et par conséquent en sens contraire de son courant, environ 4 centimètres cubes de liquide contenant une dissolution de 5 centigrammes de strychnine (dissous dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique, puis saturée avec le carbonate de soude). Ou lia aussitôt le

DES GLANDES SALIVAIRES

conduit, et on laissa l’animal en repos sans continuer à exciter la sécrétion par Finlroduction de nouvelles quantités de vinaigre dans la gueule. Au bout de dix minutes environ, l’animal commença à éprouver des convulsions qui, en peu d’instants, amenèrent la mort.

Sur un autre chien de même taille, on découvrit également le conduit parotidien d’où il ne s’écoulait pas de salive, car on n’avait pas provoqué la sécrétion salivaire. On injecta dans ce conduit, la sécrétion étant en repos, 4 centimètres cubesde lamême dissolution de strychnine, et l’on lia ensuite le conduit.

A peine l’injection était-elle terminée, c[ue les convulsions se manifestèrent et la mort survint.

En examinant à l’autopsie les glandes des deux animaux, on vit une infiltration du tissu cellulaire interglandulaire.

D’après cette expérience on voit que l’absorption est extrêmement rapide à la surface des glandes salivaires ; qu’elle y est plus rapide qu’à la surface des séreuses même et dans le tissu cellulaire. Nous voyons en outre que cette absorption a été beaucoup plus rapide dans la glande en repos que dans la glande en sécrétion,puisque chez l’animal où l’injection aété faite pendant la sécrétion, les convulsions ne sont arrivées qu’au bout de 1 2 minutes ; elles auraientpeut-être encore été retardées si l’on eût continué, par l’injection de vinaigre sur la langue, à exciter l’activité sécrétoire.

Messieurs, puisque nous en sommes sur les injections de substances dans les glandes salivaires, je vous dirai encore qu’il y a des substances injectées qui ne s’absor- 2' SEM. 1855. 8

Mh DESTRUCTION DES GLANDES SALIVAIRES

bent pas et produisent la mortification de la glande : telle est la graisse, par exemple.

Voici une expérience par nous faite à cepropos :

Sur un chien, on injecta une petite quantité d’huile dans la glande parotide, après quoi on lia le conduit salivaire. Nous voulions voir si l’injection d’huile serait suivie, dans les glandes salivaires, des mêmes effets que dans le pancréas. A l’autopsie, treize jours < après, on examina la glande et on la trouva transformée en une espece de poche remplie d’iin liquide rougeâtre qui, vu au microscope, contenait entre autres éléments, une grande quantité de cellules glandulaires dissociées. Une partie de ce liquide remplissait le conduit parotidien et s’écoulait par l’ouverture qui avait succédé à la chute du fil à ligature. La partie supérieure de la glande avait échappé à cette destruction et présentait encore son aspect normal.

La figure 1 6 représente, vu au microscope, le liquide sanguinolent qui s’écoulait par le conduit de la glande sur le chien encore vivant.

Nous avons vu par des expériences rapportées plus haut que ni le prussiate de potasse ni le sucre injectés dans le sang ne se rencontrent dans les salives, tandis qu’ils passent avec la plus grande facilité dans l’urine. Cette propriété des glandes de laisser passer certaines substances et d’en retenir d’autres est- elle absolue? Il me paraîtrait que lorsqu’il y a des quantités énormes de la substance, il pourrait finir par en passer, mais alors la composition du sang en est réellement modifiée et la quantité de la substance est susceptible de pro-

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