DES DIVERS TISSUS ANIMAUX
et le sang ini-mêine, qui, lorsqu’ils sont décomposés, ne donnent pas de coloration ronge avec le clilore, mais seulement avec l'acide azotique. Relativement au sang, j’ai remarqué que le sérum, aussi bien que le caillot, donne lieu à ce phénomène, et j’ai cru voir que le sang veineux est plus apte à donner cette réaction que le sang artériel. Cette propriété, qui n’arrive que lorsque le sang est tout à fait décomposé, paraît ensuite s’y conserver indéfiniment, Du sang de canard, conservé dans un flacon depuis trois ans, fut bouilli avec un peu d’eau et filtré. Le liquide qui passait à la filtration donnait la coloration rouge d’une manière très évidente. .T’ai fait ces expériences sur le foie de beaucoup d’animaux; et le foie des poissons est celui qui présente ces caractères de la manière la. plus énergique.
En résumé, le caractère que nous venons d’examiner, caractère tiré de la propriété que possède le lissu du pancréas de donner une eau de macération susceptible de rougir par le chlore ou l’acide azotique est un caractèrededécomposition de l’organe, puisque, comme nous l’avons vu, cette matière rouge n’apparaît que lorsque le tissu commence à se putréfier. Si cette matière rouge apparaît très vite pour le tissu du pancréas, on pourrait peut-être penser que cela tient à ce que le tissu du pancréas se pnl réfie plus facilement que celui d’aucun autre organe de l’économie. Mais on ne pourrait pas en faire un caractère distinctif, puisque certains autres organes, tels que le foie, la rate, etc., peuvent présenter ce caractère à divers
RÉACTIONS COMPARÉES
degrés. Toutefois, il y a certains organes qui à aucun des degrés de leur décomposition ne présentent ce caractère. Les glandes salivaires sont dans ce cas, et je n’ai jamais trouvé qu’elles donnassent lieu à un liquide susceptible de prendre la coloration rouge dans les circonstances précédentes. Je ne sais pas s’il y aurait possibilité d’établir une distinction entre les organes du corps dont les tissus présentent pendant leur décomposition l’apparition de cetle matière rouge, et ceux qui ne la présentent pas; seulement je veux faire remarquer ici, que, si l’on devait établir une semblable classification, le pancréas, au lieu de se rapprocberdes glandes salivaires, s’en séparerait au contraire et serait plus analogue, sous ce rapport, an foie et à la rate.
Le pancréas bouilli perd la propriété de rougir par le chlore.
Le tissu du pancréas possède encore la propriété de transformer l’amidon en sucre. Cette propriété du tissu du pancréas a d’abord été indiquée par Valentin, en i84o. Plus tard, MM. Boucbardat et Sandras, l’ont signalé, et aujourd’hui, cette transformation de l’amidon en sucre sous l’influence du tissu pancréatique est une propriété que tous les physiologistes ont pu constater. Il suffit, pour cela, de faire hydrater préalablement la fécule, de manière à en faire de l’empois, car si la fécule n’était pas hydratée, l’action n’aurait pas lieu , et d’y ajouter du tissu pancréatique broyé ou coupé en morceaux, et de maintenir le mélange à une douce température ou même à la température ambiante, si elle n’est pas inférieure à H- i o degrés.