DES TISSUS ANIMAUX
vaires des chiens, qui n’ont pas la propriété de transformer l’amidon en sucre, acquiert cette propriété immédiatement par le fait de leur macération dans l’alcool. Ainsi, j’ai pris des glandules salivaires sur un chien, immédiatement après la mort; on les a coupées et plongées dans l’alcool ordinaire où on les a laissées macérer pendant quelques jours. Puis, ayant séché le tissu de la glande entre deux feuilles de papier brouillard, on Ta remis clans l’eau, et la transformation de l’amidon en sucre a bientôt pu être constatée par les réactifs appropriés.
Nous avons dit ailleurs que le tissu des glandes salivaires sous-maxillaire et sublinguale, quand elles sont fraîches , donne un liquide de macération filant, ce qui les distingue de la parotide qui n’est pas dans le même cas. Lorsque ces glandes ont macéré dans l’alcool et qu’on les remet dans l’eau, elles ne donnent plus de liquide filant; ce qui prouve que la substance qui transforme l’amidon en sucre est d’une autre nature que la ptyaline (matière filante de la salive). Mais ces expériences démontrent aussi que la matière qui acidifie la graisse dans le pancréas est différente de celle qui transforme l’amidon en sucre; puisqu’en effet nous voyons que les glandes salivaires qui se rapprochent du pancréas par cette propriété de transformer l’amidon en sucre, s’en distinguent cependant totalement par l’autre propriété d’acidifier la graisse qui n’appartient qu’au pancréas.
Quand on a mis les tissus dans l’alcool, il n’est donc plus possible, même chez le chien, de penser à vou-
RÉACTIONS COMPARÉES
loir distinguer le pancréas des glandes salivaires par cette propriété, comme nous l’avons fait pour les deux qui précèdent. Il y a plus : c’est que cette propriété de transformer l’amidon en sucre ne peut plus même servir à caractériser le pancréas et les glandes salivaires; et tous les tissus muqueux, particulièrement, peuvent l’acquérir lorsqu’on les a fait macérer dans l’alcool. C’est ainsi que j’ai fait macérer dans de l’alcool la membrane muqueuse de la bouche, de l’estomac, de l’intestin grêle, du gros intestin, de la vessie, de la trachée, etc., puis, toutes ces membraue.s étant desséchées entre du papier brouillard et remises dans de l’eau avec de l’empois , ont transformé l’amidon en sucre, aussi rapidement que le tissu du pancréas et des glandes salivaires. Toutes ces expériences prouvent donc que la transformation de l’amidon en sucre n’a rien de spécial et que la diastase animale ou salivaire ne caractérise aucun tissu. De sorte qu’il ne nous est pas possible d’utiliser celte propriété pour en faire un caractère distinctif du tissu du pancréas.
En résumé, des trois propriétés que nous avons examinées successivement dans le tissu du pancréas, une seule lui appartient exclusivement : c’est celle d’acidifier les graisses. La propriété de donner de la matière rouge par sa décomposition, si elle ne lui est pas exclusive, le sépare cependant très nettement des glandes salivaires, et le rapproche du foie et de la rate. La troisième propriété, d’agir sur l’amidon, lui est commune avec beaucoup d’autres organes. D’après