‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 98 sur 111 · CHEZ LES ANIMAUX ET LES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

CHEZ LES ANIMAUX ET LES VÉGÉTAUX

végétal clans le règne animal. Il n’est pas possible de prouver non plus que les plantes peuvent vivre exclusivement avec des substances inorganiques élémentaires à l’état d’indifférence chimique; car il se trouve toujours dans la terre où ces plantes sont fixées, et même dans l’air qui les environne, des matières organiques en voie de décomposition. Il semble, en un mot, que les êtres vivants, aussi bien dans le règne animal que dans le règne végétal, de même qu’ils se développent dans un milieu neutre qu’on appelle le blastème, ne peuvent ensuite se nourrir qu’au moyen de substances parvenues à cet état par suite de leur décomposition Le blastème, tel qu’il est décrit et tel qu’il existe dans les organismes embryonnaires animaux, est une matière liquide, légèrement blanchâtre, composée d’une matière azotée protéiforme, sans caractère fixe déterminé, unie à très peu de matière grasse et sucrée, et il y a dans les végétaux des matières tout à fait analogues. C’est dans ce milieu que se développent les cellules primitives de l’organisation. La digestion, plus tard, chez l’animal adulte, ne fournit en réalité que les matériaux d’un blastème perpétuel, c’est-à-dire que, pour devenir aptes à la nutrition, ces matières, qui se sont dissoutes dans l’intestin et ont pu entrer dans le sang en conservant encore quelques-uns de leurs caractères, les perdent complètement et deviennent des matières indifférentes, analogues au blastème primitif, qui vont baigner les tissus pour servir au développement incessant des cellules dont le renouvellement perpétuel

NÜTKITIQN GOMPAKEE.

entretient par une sorte de génération continuelle la composition des organes.

C’est pendant ces imitations incessantes que passent les phénomènes chimiques de l’organisme, auxquels concourt l’oxygène. Mais la nature de ces phénomènes nous est elle-même très peu connue; et si nous connaissons exactement les deux extrêmes, c’est-à-dire si nous constatons qu’il entre de l’oxygène dans l’organisme, et qu’il en sort (le l’acide carbonique, nous ne pouvons pas juger par là des phénomènes intermédiaires, pas plus, ainsi que l’a dit un célèbre chimiste, qu’on ne pourrait savoir exactement ce qui se passe dans une maison par la connaissance de ce qui y entre et de ce qui en sort. Tous les phénomènes intermédiaires nous sont par conséquent inconnus, et ne sont que des hypothèses dans lesquelles il faut aujourd’hui introduire l’expérience physiologique.

En définitive, vous voyez, messieurs, que, malgré tous les efforts et tous les travaux dont ces questions ont été l’objet , il nous reste beaucoup à apprendre , et que les sujets de recherches ne manquent pas à ceux d’entre vous qui voudront explorer cet ordre de phénomènes.

FIN DU TOME SECOiSD.

TABLE DES MATIÈRES

Avakt-Phopos V

PREMIÈItE LEÇON. — De ce qn’on appelle la déduction anatomique, — Elle est impossible. — Rôle de l’anatomie dans les recbercbes sur l’être vivant — De l’induction anatomique. — Elle ne peut pas se

séparer de l’expériinenlation. — Du point de vue anatomique. — Du point de vue plivsiolofjique l

DEUXIÈME LEÇON. — Sujet du cours. — De la distinction dans l’appareil digestif de deux ordres d’organes, les uns agissant physiquement ou mécaniquement, les autres chimiquement. — Cette division est en rapport avec les propriétés physiques et chimiques des aliments.

— Les instincts des animaux se rapportent seulement aux propriétés

physiques des aliments. — Distinction établie par les anatomistes dans les glandes salivaires. — Considérations sur la structure comparée des glandes salivaires chezlhommeet les animaux. ... 22

TROISIÈME LEÇON, — Classifications anatomiques des glandes salivaires. — Classification des mêmes glandes au point de vue physiologique. — Du rôle des diverses salives. — Etude de la salive parotidienne aux points de vue physique, chimique et physiologique. — Influence de la salive parotidienne sur la mastication; — sur la soif

— Expériences comparatives, tableaux. — Manuel opératoire pour pratiquer des fistules parotidiennes chez divers animaux. — Caractères physiques de l.i salive parotidienne. — Sa composition chimique-

— Influence du système nerveux sur la sécrétion parotidienne. 44 QUATRIÈME LEÇON. — De la salive sous-maxillaire. — Procédé d’extraction. — Propriétés physiques. — Composition chimique. — Rôl® physiologique de la salive sous-maxillaire en rapport avec le phénomène de la gustation. — Influence des nerfs sur cette sécrétion. —

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Expériences sur l’écoulement de cette salive sous l’influence de diverses excitations gustatives. — De l’affection connue sous le nom de g fenouil lette yi

CINQUIÈME LEÇON. — Salive sublinguale, se.s caractères distinctifs.

— Glandules buccales. — Salive buccale. — Composition chimique.

— Des substances qui peuvent se trouver accidentellement dans la

salive. — Propriétés physiques des salives caractéristiques des tissus glandulaires. — Salives artificielles. — Considérations sur le mécanisme de la sécrétion salivaire. — De l’absorption par les surfaces glandulaires. — Des quantités de salive sécrétées 89

SIXIÈME LEÇON. — Salive mixte : ses propriétés physiques. — Procédés pour la recueillir chez l'homme, le chien, le cheval. — Sa composition chimique : matières 01 ganiques, inorganiques; delà présence dans la salive mixte du sulfocyannre de potassium. — Usage des salives. — La salive n’a aucune action sur les matières albuminoïdes ni sur les matières grasses. — Son rôle sur les matières féculentes. — Rôle purement mécanique des salives 118

SEPTIÈME LEÇON. — Rapprochement du pancréas avec les glandes salivaires. — Historique des travaux sur le pancréas, dans lesquels se retrouve cette confusion du pancréas et des glandes salivaires. — Etat des connaissances sur les fonctions du pancréas avant nos recherches.

— Du suc pancréatique, des procédés employés pour l’obtenir: pro-

cédés de de Craaf,de Magendie, de Tiedemann et Cmelin, de Leuret et Lassaigne. — Par quelles circonstances nous avons été amené à faire des expériences sur le pancréas 170

HUITIEME LEÇO.N. — On place sur un chien un tube dans le conduit pancréatique. — La sécrétion pancréatique est intermittente. — Aspect du pancréas dans les diverses conditions. — Conditions qui influent sur la sécrétion du suc pancréatique. — Expériences à ce sujet 190

NEUVIÉ.ME LEÇON. — Suc pancréatique normal. — Suc pancréatique anormal. — Conditions particulières des expériences physiologiques.

— Fistules pancréatiques permanentes impossibles. — Influence de l’extirpation de la rate sur la sécrétion pancréatique. — Circonstances particulières de l’expérience sur le chien de berger. — .A ce [tropos, considérations sur la sécrétion du suc pancréatique; elle commence avec la digestion stomacale et dure après la digestion. — Influence de

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l’élher sur cette sécrétion. — Influence des nerfs. — Des vomissements, etc. — Propriétés chimiques du suc pancréatique. . . 209

DIXIEME LEÇOIV. — Composition chimique du suc pancréatique. — Des matières salines et albuminoïdes. — Principe actif ; ses réactions. — La solution aqueuse du tissu pancréatique a les propriétés du suc pancréatique. — Réaction du chlore caractéristique du suc et du tissu pancréatiques. — Action du chlore sur le tissu et sur le suc : 1° à l’état frais, 2° lorsqu’ils ont subi un commencement d’altération, 3” lorsqu’ils sont complètement altérés 280

ONZIEME LEÇOIV. — Action [diysiologique du suc pancréatique : le suc pancréatique émulsionne, puis acidifie les matières grasses neutres. — De l’acidification des graisses. — Expériences à ce sujet. — Preuves de l’action physiologique du suc pancréatique : i" par l’anatomie, 2° par la suppression de l’action physiologique. — Expériences

de Brunner ; elles sont sans valeur. — Procédé qui consiste h détruire le pancréas sur place 253

DOUZIÈME LEÇOIV. — Théories de l’absorption des matières grasses. — Hypothèses anatomiques, chimiques et physiologiques. — De l’ab-

sorption des matières grasses dans les quatre classes de vertébrés. — Du rôle de l’appareil chylifère dans l’absorption des substances alimentaires. — Absorption du sucre, des matières albuminoïdes, des graisses. — Action du suc pancréatique sur les matières féculentes. 3o4

TREIZIÈME LEÇOIV. — Exposé des travaux qui ont été faits après nous sur le pancréas. — Frerichs. — Len/. , Bidder et Schmidt. —

Colin et Lassaigne. — Herbst. — M. Blondlot, etc 335

QUATORZIÈME LEÇON. — Le tissu pancréatique se comporte vis-à-vis des matières grasses comme son produit de sécrétion. — Cette propriété le caractérise. — Réactif fondé sur cette circonstance et propre à faire reconnaitre le tissu pancréatique partout où il existe. . 35o

QUINZIEME LEÇON. — Succession des actes digestifs. — Acte salivaire. — Acte stomacal. — Du suc gastrique. — Moyens de se le procurer. — Composition chimique du suc gastrique. — Son action sur les divers aliments. — Sur les matières grasses, les féculents et

sur la chair musculaire, etc 378

SEIZIÈME LEÇON. — Pourquoi le suc gastrique ne digère pas les parois de l'estomac. — Grenouilles et anguilles digérées vivantes. — De

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l’action combinée de la salive et du suc gastrique. — De la rapidité de l’acte stomacal. — Action réciproque des aliments. — Qualités différentes du suc gastrique chez des animaux différents. — Comparaison de l’acte stomacal avec la cuisson dans l'eau 4°^

DIX-SEPTIÈHE leçon. — De l action combinée de la bile et du suc gastrique. — Réaction du glycose sur le réactif cupro-potassique en présence de l’albuminose. — Sécrétion biliaire. — Action de la bile sur les matières azotées. — Influence du système nerveux sur les phénomènes digestifs 4 ‘9

DIX-UU1ÏIÈ.\1E LEÇON. — Digestion intestinale : bol alimentaire après l’imprégnation biliaire. — Action du suc pancréatique et de la bile réunis. — Identité du suc intestinal mixte chez les différentes espèces animales. — Ses propriétés physiologiques. — Développement des villosités intestinales en rapport avec l’app.irition des différents liquides digestifs. — Troubles de la circulation hépatique au moment de la suppression de la circulation placentaire — Résumé des phénomènes digestifs 44°

DIX-NEU VIErJIE LEÇON. — Du pancréas considéré dans la série animale : chez les oiseaux, chez les reptiles et les poissons. — Du pancréas chez les invertébrés. — Physiologie comparée du pancréas. ^62

VINGTIÈME LEÇON. — Du but lii.al de la digestion. — îvécessité de l’existence d’une fonction intermédiaire entre l’absorption et l’assimilation, ou nutrition. Quelques considérations sur le parallèle entre les phénomènes de nutrition chez les animaux et les végétaux. 494

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