CHEZ LES ANIMAUX ET LES VÉGÉTAUX
par exemple , que primitivement l’embryon de la plante vit avec un blastème, comme l’embryon de l’animal vit avec un blastème analogue; et, plus tard, quand le végétal est formé, il rassemble dans certaines parties de son organisme des principes immédiats dont il se nourrit ensuite, de même que l’animal rassemble dans son sang ou dans ses tissus des principes immédiats dont il se nourrira plus tard. C’est ainsi que la betterave, par exemple, accumule dans sa racine du sucre et des matières albuminoïdes qui disparaissent en montant dans la tige pour aller nourrir la plante au moment de la floraison etde la fructification.
Mais, dira-t-on , si la plante se nourrit avec ces principes immédiats comme l’animal, au moins la plante a-t-elle formé ces principes immédiats, tandis que les animaux empruntent ces principes à d’autres organismes.
Ici on a émis une assertion qui ne repose sur aucune preuve, et qui est donnée pour expliquer comment le végétal peut produire des quantités quelquefois si considérables de certains princi|)es immédiats sans qu’on puisse en trouver la source dans la terre où il est fixé. Mais il est bien clair que, pour prouver que les principes immédiats des plantes sont produits aux dépens de l’eau, de l’ammoniaque ou de l’acide carbonique, toutes substances parvenues à l’état d’indifférence chimique, il faudrait {)rouver qu’un végétal forme ses principes immédiats en vivant uniquement en contact avec les éléments précités; mais il n’en est rien. Dans toutes les expériences
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de ce genre, le végétal a pu se développer en usant les principes immédiats qu’il avait mis en réserve. Mais, est-ce que dans la terre les racines ne puisent pas des matières organiques en voie de décomposition et tout à fait analogues aux éléments puisés dans l’intestin de l’animal? Les engrais n’ont-ils pas pour effet d’activer la végétation , en donnarit à la terre des produits de décomposition. Seulement, il paraît étonnant que ces matières organiques, toujours en petite quantité, puissent suffire à la végétation de la plante, et c’est pour cela qu’on avait pensé que les matériaux gazeux de l’atmosphère fournissaient de leur côté des éléments pour la formation des principes immédiats; maison se rend compte très bien du phénomène par lequel ces matières organiques, puisées dans la terre, peuvent néanmoins fournir à la nutrition, quand on sait, d’après les expériences de Haies, que l’absorption estdix-sept fois plus active dans la plante que dans l’animal.
- Nous pourrions poursuivre cette comparaison plus loin , et prouver qu’il y a beaucoup plus de phénomènes semblables que de dissemblables dans les animaux et les végétaux.
En résumé, nous sommes entré dans tous ces développements pour vous montrer que le problème de la nutrition, tel qu’onl’entend aujourd’hui, ne peut pas être démontré directement par les expériences sur les êtres vivants. Il n’est pas possible, en effet, de prouver qu’il y a une nutrition directe, c’est-àdire un transport des matériaux tout formés du règne