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RÉACTION

— L'ébullition avec tous les acides miné-

ACTIOy DU SL C l'ASCRÉATlQUE SSl

raiix, sauf l'aride azoti(|iie, (jiii doimc un produit analogue au fuliui-rolon, Iraiisloriiie le glyeogène en glui'ose. La diastase salivaire, le ferment aniylolytique du pancréas, le changent en dextrines et maltose. L'eau iodée colore une solution de glycogène en brun acajou ; cette coloration, comme la coloration bleue d'iodure d'amidon, disparaît par la chaleur, pour reparaître par le refroidissement. L'addition de soude fait aussi disparaître la couleur. Le glycogène ne réduit pas la liqueur de Fehling et ne fermente pas sous l'action de la levure.

Suc pancréatique. — Le suc pancréatique, sécrété par le pancréas et versé dans le duodénum, soit en même temps que la bile, soit assez loin, comme c'est le cas du lapin, est un suc incolore, visqueux, à réaction alcaline, et qui se putréfie avec la plus grande facilité. Les sels sont surtout des chlorures, phosphates et carbonates alcalins ou alcalinoterreux. Il renferme une albumine qui fait qu'il se coagule par la chaleur et présente très nettement les réactions du biuret, de Millon ^et xanthoprotéique. Par la fistule — dont nous vous montrerons tout à l'heure le moment opératoire — on n'obtient que peu de suc, car, sous l'influence du traumatisme, la sécrétion s'altère et devient inactive. Il Aaut mieux pour l'étude préparer un suc pancréatique ai'lificicl.

Pour cela, le pancréas est mis à macérer dans de l'eau, soit à basse température, soit additionné de i pour looo de fluorure de sodium, ])our empêcher la putréfaction.

Sox ACTION. — Le suc naturel ou artificiel possède trois propriétés particulières : il saccharifie l'amidon et le glycogène, saponifie les graisses, peptonise les albuminoïdes. Toutes ces propriétés sont perdues sinudtanément par l'ébuUition : nous admettrons donc qu'elles

.5,9/2 GLYCOGÈSE. SUC PAACIŒA/IQiE . SUC INTESTIXAL

sont dues à un ou plusieurs ferments. Nous devons en admettre trois, car on peut obtenir, en partant du sue pancréatique, des liquides possédant l'action sur une seule sorte des trois ordres de substance. Ainsi, l'eau de macération du pancréas acquiert rapidement le pouvoir amylolytique et très lentement le pouvoir protéolytique. Si on renouvelle plusieurs fois la macération en épuisant le tissu, l'eau n'a plus que le pouvoir protéolytique. En outre, une macération de pancréas dans une solution de carbonate de soude est presque uniquement saponifiante. Ces ferments sont : pour les amylacés, Vainyloj)Sïne; pour les graisses, la siéapsine, et, pour les albuminoides, la Irypsiiie.

L'action de l'amylopsine sur l'amidon est la môme que celle de la ptyaline, c'est-à-dire qu'elle le transforme en dextrine et maltose. Cette action est très rapide. En ajoutant quelques gouttes de suc pancréatique à quel ques centimètres cubes de solution d'amidon cuit et portant à 4o° environ, la liqueur s'éclaircit en quelques secondes. ^EUe ne se colore plus alors par l'eau iodée et réduit nettement la liqueur de Fehling. Le suc pancréatique artificiel est moins fortement amylolytique que le suc naturel.

La stéapsiiie ])roduit à la fois la saponification et l'énudsion des graisses ; nous verrons que l'émub sion d'une partie est favorisée par la saponification de l'autre.

1° Les graisses neutres sont, en effet, dédoublées par ce ferment en leurs acides et en glycérine: comme on est d'ailleurs en milieu alcalin, les acides gras donnent des savons. Le suc pancréatique naturel et les macérations glycériques de pancréas jouissent à un haut degré de ce pouvoir saponifiant, qui s'étend également aux lécithines, lesquelles sont décomposées en acide phosphoglycérique, choline et acides gras.

A C TION D U S L'C PA XCJŒA 17 Q i E :m

a" Les substances visqueuses alcalines et savonneuses favorisent grandement l'émulsion.

Le suc pancréatique a dès l'abord les deux premières qualités et il acquiert rapidement la troisième en saponifiant, comme nous venons de le dire, une partie des graisses : il émulsionne alors très facilement les parties non attaquées.

L'action de la trypsine sur les matières albuminoïdes est de les dissoudre en les transformant par protéolyse. Cette action s'exerce surtout activement dans le voisinage de 4o° et peut s'accomplir en milieu légèrement acide, neutre et surtout alcalin. L'action est d'abord analogue à celle du suc gastrique et- de la pepsine, c'est-àdire qu'on obtient d'abord des protéoses primaires, puis des protéoses secondaires et enfin des peptones. Mais, alors que l'action de la pepsine s'arrête là, la trypsine peut donner naissance à de la tyrosine et à de la leucine, qui sont des acides amidés. Cette leucine et cette tyrosine ne proviennent pas d'ailleurs de la transformation intégrale des peptones, car il s'agit ici plutôt de tryptones, et il reste toujours dans la liqueur des peptones qui sont inattaquables par le suc pancréatique. On admet alors que la tryptone est une amphotryptone composée de : 1° héniitryptone, transformable en leucine et tyrosine ; 2° antitryptone, inattaquable.

Les peptones vraies obtenues par la pepsine sont de même des amphipeptoiies ^ ca-r, sous l'action de la trypsine, on obtient des acides amidés et de l'antipeptone. Nous voyons donc alors que, si le produit ultime de transformation par la pepsine est l'amphipeptone, les derniers produits de transformation par la trypsine sont l'antipeptone et les. acides amidés. La trypsine, comme la pepsine, peut agir aussi sur la gélatine en donnant une gélatine peptone, de la leucine et du glycocolle.

R. DuDOis. Physiolog. expérimcnt. 10

:t:l4 CLYCOGÈNE. SUC PANCRÉATIQUK. SUC INTESTISAL

FisTULK PANCHÉATiQUE. — Celle fislule se réalise surioiil chez le chien et chez le lapin. Chez le chien, le pancréas assez allongé se trouve compris entre les deux l'ciiillels niésenlériques du duodénum. 11 est massif, comme ciiez riiomme, et a aussi deux condiiils, Vww

Fui. 277. — Pancrt'as du lapin : V vésicule biliaire, c.v.h canal cholédoque, G son orifice, •pp pancréas, </ duodénum, cp canal pancréatique, / son orifice.

s'ouvrant à ■>. ou 3 centimètres au-dessous du canal cholédoque, i'aulre allant rejoindre ce dernier et débouchanl sinuiltanément avec lui. Chez le lapin, le pancréas diffus est étalé entre les deux feuillets mésentériques ; il a un seul canal excréteur, qui vient s'ouvrir à 3o' au-dessous du canal cholédoque (fig. 377).

FrSTULE PANCllÉATIQLE CHEZ LE CHIEN. — On clioisit IIU

FlSri lJ-: PAM'RKATiqUE CHEZ LE ClllES ii:',:,

animal vigoureux, de la race berger autant que possijjle, et on le fait manger copieusement quelques heures avant l'opération, pour qu'il soit en pleine digestion. Après l'aA'oir attaché et préparé comme pour la fistule gastrique, on fait une incision sur la ligne blanche, de 7 à 8 centimètres. Quand on arrive sur le péritoine, avant de l'inciser, on arrête toute hémorrhagie. Puis, le duodénum étant attiré sur des linges chauds, humides et stérilisés,

Fui. 278. — Fistule pancréatique chez le chien : 7 pancréas, 6 8 canaux excréteui'S. 3 canule fixée à l'intestin 5 par un point en 4, 2 petit ballon à robinet 1.

du coté droit de l'animal, on cherche sur le bord gauche de l'intestin, à quelques centimètres au-dessus du cholédoque, 2 à 6, suivant les animaux. Le conduit est fréquemment recouvert par de gros vaisseaux allant de l'intestin au pancréas; on les écarte avec les plus grandes précautions, à l'aide d'une sonde cannelée, et l'on finit par apercevoir le conduit, court, nacré, de la grosseur environ d'une plume de corbeau. Après l'avoir incisé, on y fixe une petite canule (fig. 278), analogue à celle employée pour les glandes salivaires, à l'aide d'une ligature préalablement passée sur le canal. On referme alors la plaie, la canule restant en dehors. Cette fistule n'est que temporaire, mais il est inutile de faire des fistules permanentes, le suc s'altérant très rapidement. On

m GU'COGÈNE. SUC PANCRÉATIQUE. SUC INTESTINAL

peut activer la sécrétion et recueilli]- j)liis de suc par rinlrodiiclion d'un peu d'éther dans l'estomac.

Fistule chez le lapin. — Après avoir fait l'incision sur la ligne blanche, on tire le duodénum : le canal, malgré sa petite taille, est assez facile à voir, à cause de sa position spéciale.

Suc intestinal. — Ce suc, sécrété par des glandes microscopiques logées dans la mucpieuse de l'intestin grêle, est obtenu pur par la fistule intestinale ou opération de Tliizy et quelques autres procédés décrits plus loin. On peut se demander si le suc ainsi obtenu est bien normal. Quoi qu'il en soit, c'est alors un liquide clair, incolore, légèrement alcalin et contenant, comme sels des carbonates alcalins, des chlorures et des phosphates. Il renferme encore un peu de mucine et d'albumine.

Le suc intestinal, par son alcalinité, contribue à neutraliser le chyme et exerce sur les matières amylacées une très légère action saccharifiante ; la propriété de dissoudre faiblement les albuminoïdes, qu'on lui a parfois attribuée, est due à des microorganismes. Son action principale s'exerce sur le sucre de canne qu'il intervertit, c'est-à-dire dédouble en deux molécules de glucose par hydratation, une de dextrose, une de lévulose. Cette propriété est due à im ferment, car elle disparaît quand on porté le suc intestinal à l'ébullition : ce ferment a reçu le" nom AHnvertine.

Procédés pour obtejSir le suc intestinal. — Un premier procédé consiste à emprisonner entre deux ligatures une anse intestinale de 20 à 3o centimètres de long. L'abdomen est ouvert, comme il a été indiqué pour les autres fistules, et on attire au dehors l'intestin grêle.

PROCÈDES POL H OIl TEyiH LE SI C I STES J I SA I. .'{37

Après avoir posé une première ligature en haut, c'esl-àclire du côté du duodénum, serrant l'intestin entre les doigls, on chasse devant eux les substances |)()ui'-

FiG. 279. — Compresseur pour isoler une anse intestinale.

raient y être contenues. On fait alors la deuxième ligature et on refoule l'intestin dans la cavité abdominale momentanément refermée avec quelques points de suture. Au bout de quelques heures, on ponctionne le liquide qui s'est accumulé dans l'anse. Au lieu de ligatures, on peut se servir de compresseurs

(fig- '^-79' 280).

Un deuxième procédé, dit opération de Thizy, consiste à faire une fistule perma nente.

Après avoir isolé une anse intestinale, on la sectionne aux cLeux bouts, en gardant la connexion avec les vaisseaux et

les nerfs de son mésentère. On rétablit ensuite la continuité de l'intestin en suturant son bout supérieur à son bout inférieur. Quant à l'anse isolée, une de ses extrémités est fermée en caecum et l'autre est fixée au bout de la plaie abdominale.

Les sutures de l'intestin demandent certaines précautions (fig. 281). Pour raccorder les bouts supérieur et inférieur, on prend une aiguille courbe enfilée et on tra-

FiG. 280. — A.nse intestinale isolée par deux compres- .scurs A B : A fermeture du cul-de-sac, B raccord des deux bouts de l'intestin.

m GLYCOGÈNE. SI C l\iNCRÉATIQLi:. SUC INTESTINAL

verse en séloii (Fabord la limifjiie externe du bout supérieur, jjuis celle du bout inférieur. En tirant sur les bouts du fil, on adosse les séreuses. Il faut ne pas laisser

l'intestin se retourner au dehors, car on adosserait alors les muqueuses, qui ne reprendraient pas. On applique un nombre de fils suffisant pour faire tout le tour de l'intestin et on les noue un à un.

Pour fermer le cul-de-sac,

F on refoule dans l'intestin isolé une partie de ses parois : tout l'ensemble, paroi externe et paroi

Fici. 281. — Sutures de l'intestin dans l'opéra- - n , ^ • tion de la fistule : F fil, 1 bout supérieur de rellechie, CSt traVerSC l'intestin, 1' bout inférieur.

par un iil et on noue. On fait un deuxième point semblable perpendiculaire au premier. Cela suffît pour l'occlusion parfaite.

Dans ces conditions, on peut obtenir pendant assez longtemps du suc intestinal, mais l'anse isolée finit pourtant par s'alrophier.

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