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CINQUIÈME LEÇON

Contention physiologique et insensibilisation.

Curarisation et Anesthésie. — Les moyens physiologic[ues de conLention les plus usités cousislenl à priver l'aiiinial cle la faculté de se mouvoir en le paralysant par des poisons. Il en est qui suppriment le mouvement, mais non la sensibilité consciente, comme le curare. D'autres, les anesthésiques, suspendent à la fois les deux, et c'est à eux qu'il convient de s'adresser toutes les fois qu'il n'y à pas de contre-indication expérimentale absolue. En employant de préférence les anesthésiques, l'expérimentateur évite des accidents pouvant résulter de la douleur elle-même; il montre, en outre, qu'il a souci d'épargner des souffrances inutiles, par cela même barbares, et que, s'il se résigne à se servir parfois tle procédés douloureux pour les animaux, c'est que les intérêts supérieurs de la science l'exigent impérieusejnent. En tous cas, s'il ne peut toujours supprimer complètement la douleur, l'expérimentateur doit s'appliquer toujours à l'atténuer.

Les anestliésiques généraux : alcool, éther, chloroforme, chloral, etc., abolissent à la fois hi sensibilité et hi motilité chez tous les organismes animaux et végétaux, d'où le nom qu'on leur a donné. Ils exercent, en outre, leur action sui- toutes les parties composîiiil l'organisme.

La chaleur, dans certains cas, et surtout le froid, peu-

36 CONTE^TIOy lUlYSIOLOGlQl'E ET ISSESSIBIUSA T10.\

veut conduire au iiiôiue l'ésultat et par un mécanisme physiologique analogue (i).

Sans être des anesthésiques, les narcotiques, et particulièrement certains alcaloïdes comme la morphine, produisent l'engourdissement total de l'individu, mais leur action s'exerce à peu près exclusivement sur les centres nerveux.

La méthode des anesthésies mixtes est basée sur l'emploi simultané des narcotiques et des anesthésiques généraux.

h' anesthés ie locale ne supprime la sensibilité que dans un point déterminé : le froid, la cocaïne sont des anesthésiques locaux. L'atropine, qui maintient la pupille dilatée, et l'ésérine, retirée de la fève de Calabar, qui la contracte, sont des contentifs physiologiques d'un ordre particulier.

On peut encore supprimer la sensibilité et la niotililé dans des régions plus ou moins étendues par section des nerfs, de la moelle, par suppression du cerveau, etc. Examinons ces divers procédés.

Curavisaiion. — Nous aurons bientôt l'occasion de montrer, par des expériences, comment on prouve que l'action du curare s'exerce sur les terminaisons motrices des nerfs. Contentons-nous, pour le moment, d'indiquer la manière de pratiquer la curarisation.

Le curare est le suc épaissi et sec d'une liane strychnée, dont les Indiens se servent pour empoisonner leurs flèches. Son apparence est celle du jus de réglisse solide. On l'administre délayé dans l'eau et, sans filtration préalable, par injection hypodermique. Celle-ci se fait de préférence dans le tissu cellulaire sous-cutané du pli de l'aine,

(i) Voir : Leçons de pht/siologie générale et comparée de R. DcBOis, p. u37 el suiv. 1898. Georges Carré et C. Naud, éditeurs, Paris.

CURARISAlIOy S7

chez les mammifères, si Ton veut une action rapide, ou bien à la patte, dans le cas contraire. On pince la peau entre le pouce et l'index de la main gauche et, à la base de ce pli, au-dessous du point pincé, on introduit la canule aiguillée de la seringue de Pravaz. On presse sur le piston, et, quand la quantité voulue de solution curarique est introduite, on retire la canule aiguillée en pressant la peau sur elle pour fermer Torifice d'entrée et empêcher le liquide de refluer vers la blessure. Le parallélisme de la peau et du tissu cellulaire est détruit en faisant rouler entre les doigts la partie pincée.

Le curare s'élimine assez rapidement par les urines, c'est pourquoi il n'empoisonne pas quand on l'administre par la bouche, la rapidité de l'absorption étant moindre que celle de l'élimination. L'action d'une injection isolée est, par suite, peu durable, et il faut en faire plusieurs successivement, si l'on veut un eff'et persistant. Pourtant, on peut s'y prendre autrement : on injecte d'un coup une forte dose de poison et on pose une ligature avec un tube de caoutchouc au-dessus de l'injection. En serrant médiocrement la ligature, l'absorption se fait progressivement, lentement : mais il est préférable de la serrer fortement quand l'effet voulu est produit, et de la desserrer lorsque la motilité reparaît.

L'activité du curare est très variable suivant la provenance, aussi est-il difficile de fixer d'avance la dose à employer.

La paralysie curarique n'atteint pas simultanément tous les groupes musculaires et l'on peut, avec 2 milligrammes de bon curare par kilogramme d'animal, paralyser tous les muscles, sauf ceux du cœur et de la respiration. Ces derniers, néanmoins, sont généralement atteints, et il faut alors éviter l'asphyxie par la respiration artificielle, dont il sera question dans une prochaine leçon.

3S CONTESTION PinslOLOGIQL K ET L\SEi\SIJiIUS.I T/().\

Anesthésiques généraux. — Les aneslhésiqiics géiiôraux sont très nombreux, mais on n'en utilise guère que trois en physiologie : Véther, le chloroforme et le chlornl.

Le chloral agit par sa transformation lente clans l'économie en chloroforme. C'est un corps solide, très soluble dans Teau. Il s'administre en solution aqueuse, soit par voie stomacale, soit par injection intraveineuse. Dans le premier cas, la dose est de 3 à 4 grammes pour un chien de moyenne taille; dans le second, i à a grammes suflisent. L'injection intraveineuse de chloral, à la dose de I gramme pour lo centimètres cubes d'eau et pour 8 kilogrammes d'animal, rend aussi des services pour le lapin. Elle se pratique par une veine superficielle d'un membre, préalablement mise à nu. On fait gonfler

'cette veine au moyen d'une ligature placée au-dessus du point d'élection et on y introduit la canule aiguillée

■ d'une seringue graduée qui, pour éviter les blessures pouvant résidter des mouvements de l'animal ou de l'opérateur, est réunie à la seringue par un tube de caout-

"chouc. Après avoir enlevé la ligature, on pousse très lentement l'injection, afin d'éviter une action trop brusque sur l'endocarde, (|ni pourrait amener la mort par syncope réflexe.

Pour la voie stomacale, il v a avanlao-c chez le chien à se servir d'une sonde œsophagienne surmontée d'un petit entonnoir. L'opérateur étant assis et la tête du chien saisie entre les cuisses, on abaisse la mâchoire inférieure de l'animal et la sonde est facilement introduite. On y verse la solution. Pour ouvrir la gueule d'un chien, il y a toujours avantage à exercer une pression vers les dernières molaires, sur les joues, de façon à faire pénétrer la face interne de celles-ci entre les mâchoires pour préserver les doigts de l'opérateur. Le chien, pour ne pas se mordre lui-même, reste la gueule ouverte.

.1 y ES TllÉSiq CES GKSERA l x

En faisant ingérer cinq à six centimètres cubes (Falcool élhylique aux lapins, on arrive à les anesthésier facilement. L'alcool est, comme vous le savez, un anesthésique général.

La peau est utilisée comme voie (Labsorption seulement chez la grenouille que l'on anesthésie très facilement en la faisant baigner dans une solution aqueuse saturée de chloroforme ou d'éther et étendue de son volume d'eau.

L'immersion, soit dans ce liquide, soit dans des solutions narcotiques ou anesthésiques de chloral, de cocaïne, de tabac, peut servir à la contention d'une foule d'animaux aquatiques.

Les anesthésiques volatils, éther et chloroforme, s'administrent par inhalation à peu près de la même manière.

L'action de Téther est moins brusque, moins rapide et, par cela même, moins dangereuse pour les animaux délicats : oiseaux, rats, lapins; mais elle esl, en général, moins parfaite que celle du chloroforme.

Le procédé le plus simple pour les sujets de petite taille consiste à les introduire dans un récipient de verre proportionné à leur volume, assez grand pour qu'ils ne soient pas asphyxiés, et dont le couvercle, fermant bien, porte à sa face inférieure une éponge imbibée d'éther ou de chloroforme.

Dès que le sujet est endormi, on le retire et l'anesthésie est

continuée au moyen d'une COm- Fm. 36. — Anesthésie du chat. L a-

nimal est dans un bocal dont lo

presse sur laquelle on verse de '^Z^li^.^r^,^^: f temps à autre une goutte de

liquide anesthésique. C'est le meilleur moyen à employer pour les chats, qu'on ne peut guère attacher, sans

40 COSTEM'IOy PinSIOLOGiqUE ET INSENSIBILISATION

dangers, qu'en les endormant préalablement (fig. 36).

On doit toujours se servir de chloroforme ou d'éther destinés spécialement à Tanesthésie. Le meilleur chloroforme est celui qui est retiré du chloral : l'éther doit être pur et aussi anhydre que possible.

La manière la plus simple d'administrer les vapeurs d'éther ou de chloroforme à un animal est de lui coiffer le museau avec une muselière dans laquelle on

FiG. 37. — Muselière pour l'anesthésio du chien : A bout métallique enfoncé fortement dans le manchon B et fermé en avant par le grillage g • C ci d manchon de cuir et caoutchouc «'adaptant sur le museau ; d grille empêchant le coton imbibé d'anesthésique do toucher les narines de l'animal ; c coton ou éponge.

introduit une éponge imbibée de liquide anesthésique. Cette muselière, de forme particulière (fig. 87), consiste en un manchon de cuir rendu élastique par l'interposition de parties en caoutchouc et qui doit être assez long pour remonter en arrière des commissures des lèvres : on le fixe avec des cordons que l'on noue derrière la tète. Au manchon de cuir fait suite un manchon métallique fermé en arrière par un petit grillage ; un couvercle également grillagé peut fermer la partie antérieure du manchon dans lequel on a placé l'éponge. Celle-ci se trouve ainsi maintenue entre deux toiles métalliques à larges mailles. Le but de ce dispositif est, d'une part, de laisser passer l'air qui doit se mélanger aux vapeurs anesthé-

ANESTNÉSIQUES GÉNÉRAUX 41

siques, el, craiitre part, (rempôcher le liquide aneslhésique, qui est très caustique, d'arriver au contact du nez de l'animal.

Par cette méthode, l'anesthésie est rapide, mais elle n'est pas exempte de dangers.

L'animal peut mourir d'un réflexe dont le point de départ est dans les premières voies respiratoires et qui amène l'arrêt du cœur, ou bien d'intoxication vraie, par une syncope respiratoire, ce qui est le cas de beaucoup le plus ordinaire.

On peut remédier à ce dernier accident par la respiration artificielle et les tractions méthodiques rythmées de la langue, dont il sera question dans une prochaine leçon.

Mais il est toujours préférable d'éviter les accidents que d'avoir à v remédier.

La syncope cardiaque réflexe, aussi bien que la syncope respiratoire du début, résultent toujours de l'arrivée dans les voies respiratoires d'un air trop chargé de vapeurs anesthésiques. Le chloroforme surtout est difficile à manier, à cause de sa forte tension de vapeur.

Il importe donc de diluer l'anesthésique dans une quantité d'air connue, assez grande pour éviter l'action toxique brusque, tout en conservant au mélange la valeur insensibilisatrice. C'est sur ce principe que repose la méthode des mélanges titrés de Paul Bert.

Pour faire les mélanges titrés, on peut se servir dans les laboratoires de deux gazomètres de Dulong conjugués (fîg. 38), d'une contenance de i5o litres environ. Ils sont équilibrés très exactement par des contrepoids, pour que l'animal n'ait aucun effort à faire en aspirant dans leur intérieur : deux tubes à robinet débouchent dans ces gazomètres, l'un sert à les charger du mélange anesthésique, l'autre à les mettre en communication avec l'animal. Pour que le chloroforme ne soit pas dissout trop facilement par l'eau, la surface de celle-ci est réduite au

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minimum, car c'est dans un espace annulaire que descendent les cloches (fio-. iU), schéma).

Quand on veul charger un gazomètre, on ferme Tun

FiG. 38. — Gazomètres do Diilong conjugués fappareil de Saint-Martin) : I, 2, 3, 4, ro

binets; L, barooteur; F, contrepoids.

des deux tubes, Tautre est mis en relation avec un barboteur contenant la proportion voulue de chloroforme (lo gr. pour 100 litres d'air), et, en augmentant le contrepoids, on amène l'air à se précipiter dans le gazomètre en passant à travers le barboteur.

FiG. 39. — Schéma du gazomètre : les flèches indiquent la direction du courant gazeux.

ANF.sriiÉsiqi i:s a/c.x/jnjrx

Qiiaïul le gazomètre est plein, ou ré(|iiili])i'e exaetemeiit ot, lormant le robinet du lul)e (rarrivée de Tair, on met Tautre en eommunication avec Tanimal. Cette eommuniration se fait; à l'aide d'un tube de caoutchouc que l'on assujettit à Tune des branches transversales d'un tube en T à double soupape :

la ])ranche verticale du T s'enfonce à travers un bouchon qui ferme Textrémité d'une nuiselière adaptée exactement sur le museau de l'animal. Les soupapes sont disposées de telle manière que, à l'inspiration, c'est celle qui établit la communication avec le gazomètre qui s'ouvre et, à l'expiration, celle qui communique avec l'air libre. La ligure 4o représente le tube à soupapes que l'on emploie. On peut aussi se servir des soupapes de Millier (fîg. 40-

Dans la pratique, les deux tubes des FiG. 40. - Tube à sou- o;azomètres servant à mettre l'animal

papes . o

en rapport avec les gaz qu'ils contiennent sont réunis, par un tube transversal, à une troisième tubulure perpendiculaire, et c'est à celle-ci qu'est raccordée la muselière. Cela permet ^r, de ne pas interrompre l'anesthésie et j f" de mettre alternativement, par un t' ^ ^ simple jeu de robinets, l'animal en rapport avec l'un ou^l'autre des gazo-

mètres ; de cette façon, on peut recharger l'un des gazomètres quand ^^^NiimU' fu7,re^n 'eiï

Il • I • 1 Ht VI ,tion avec la muselière;

1 animal respire dans 1 autre : s il a r tube d'entrée du gaz ;

-, . t ,1 , „. /" tubo de sortie.

ete endormi avec le mélange a lo %,

on continue l'anesthésie avec un mélange plus faible à

8 % et même ix 6 % .

44 COyTENTION PIirSIOLOGIQiK ET I.\SENSJniUS.\TIOy

Dans ces conditions, l'aneslliésie avec le chloroforme peut être continuée sans dangers pendant deux heures, mais il faut bien savoir que, malgré toutes les pi-écautions, rintoxication cldoroformique est toujours progressive et que la mort arrive fatalement au bout d'un certain tem])s. Elle a toujours lieu alors par un arrêt respiratoire. Un animal peut périr en respirant assez longtemps un mélange à 4 % incapable pourtant de Fanesthésier, mais le sommeil provoqué par cette méthode est remar(|uablement régulier et tranquille.

Les lapins sont très facilement tués par le chloroforme, à moins qu'il ne soit inhalé sous forme de mélanges titrés à 4 ou 5 %.

Avec la machine à anesthésier de R. Dubois (fig. 4-'-)> on fait aussi respirer des mélanges titrés d'air et de chloroforme, mais ils sont fabriqués au fur et à mesure au lieu d'être préparés d'avance. Les gazomètres ont le grand inconvénient de n'être pas portatifs, étant très lourds, et d'être fort encombrants. Ce sont des appareils de laboratoire servant, d'ailleurs, à d'autres usages. La machine à anesthésier est moins volumineuse {[u'un tambour d'infanterie. Elle se compose essentiellement d'un corps de pompe dans lequel se meut un piston : par suite d'un dispositif spécial, celui-ci, aspirant et foulant, amène toujours l'air par un même tube aspirateur en relation avec le corps de pompe et le refoule également toujours dans un même tube expirateur. Sur le trajet de l'air aspiré se trouve un petit vase dans lequel coule une quantité déterminée de chloroforme à chaque course du piston ; ce petit vase est chauffé et le chloroforme volatilisé est entraîné par le courant d'air dans le corps de pompe. Le mélange anesthésique, qui ressort par le tube expirateur, est injecté dans un masque sans soupapes

MACniAK A AM'JSTI/lisiER DE lî. DU II OIS 45

enfermant inconiplèlenient le museau de l'animal, de manière à ne jamais gêner l'expiration ou l'inspiration:

¥iG. 42. — Machine à anesthésier du professeur Dubois: A piston plongeur qui, en s'enfont^ant dans le vase B de quantités réglées par la pièce D, en l'ait sortir plus ou moins de chloroforme ; C lampe servant à vaporiser rapidement le chloroforme ; E, F. G, masque et pièces destinées à l'anesthésie par la bouche ou les narines.

l'animal respire, en définitive, dans un courant d'air anesihésique.

L'écoulement du chloroforme dans le vase évaporatoire est commandé par un plongeur qu], à chacpie course du

4G COSTEMION PHYSIOLOGIQUE ET LWSENSIIIILISATION

|)istoii, s'enfonce d'une c|uantité déterminée dans un i-écipient à hec.

Le jeu du piston et (;elui du plongeur sont eoniinandés siniultaiiénient par une manivelle que Ton tourne toujours dans le Jiième sens.

On obtient à volonté, ])ar î<-y^==;= le réglage de la machine, du mélange à lo, 8 et 6 %.

F,G. 43. - Schéma de la machine à anes- Quand le titre eSt flxé, pCU

thésier : m masque ; K robinet réplant au- . , . ,

tomatiqucment la marche do l'air ; P pis- importe la VlteSSe ClB rota-

tou ; V vase où tombe le chloroforme. . • ii i i

tu:)n de la manivelle: le débit seul varie, mais non le titre.

Au besoin, on remplace le masque par des ajutages de métal permettant d'injecter Tair anesthésique dans les fosses nasales, l'arrière-bouche et la trachée. Ces ajutages peuvent en même temps servir d'abaisse-langue et d'écarteurs des mâchoires, mais, comme la machine à anesthésier elle-même, ils sonl pbitôt destijiés à Taneslliésie humaine.

Symptômes princip.vux de l'.vnesthésie, — Au début de l'inhalation, Tanimal s'agite, grogne ou crie, se plaint, salive plus ou moins. A cette première période d'agitation, toujours moins marquée avec les mélanges titrés, succède une deuxième période, celle de calme, pendant laquelle les mouvements de la respiration, d'abord accélérés, se ralentissent : la sensibilité disparait, mais la tonicité musculaire persiste encore. La troisième période est celle de la résolution musculaire : si on soulève un membre, il retombe flasque sur la table d'opération. Au début de Tanesthésie, la pupille est légèrement dilatée, mais elle reste contractée pendant toute la durée de l'anesthésie confirmée.

siMrjuMKs DE i:am:siih:sii-:

Si elle se dilate alors, il pcul se pi-ésenter deux ras :

1° La dilatation est relativement lente et il v a une contraction de Firis à Tapproehe d'une bougie [réflexe ocitlo-pupillaire ou rélînien): (^'est un signe de réveil;

li" La dilatation est brusque, sans eontraction irienne possible, et c'est un symptôme de mort imminente ])ar saturation des (^entres nerveux.

On constate que l'animal est insensible en toucliant la cornée, les paupières étant ouvertes. Si celles-ci ne se referment pas brusquement par réflexe oculo-palpébral, il est très probable que la sensibilité est abolie. On peut chercher à provoquer d'autres réflexes ou des mouvements volontaires par le pincement des pattes, de la face palmaire principalement. Le dernier réflexe de la vie de relation qui persiste, chez le chien, consiste en un mouvement de la lèvre inférieure quand on excite légèrement la gencive supérieure au niveau des incisives.

L'anesthésie du cheval exige quelques précautions j)avticulières. Il est nécessaire, pour anesthésier convenablement cet animal, de le coucher; cela fait, on débarrasse la tète de ses moyens d'attache, et on la dispose en contrehaut, de façon à placer aisément au-dessous des naseaux le récipient contenant l'anesthésique.

Il est préférable d'employer le chloroforme qui agit très rapidement, est peu dangereux et permet, quand il esl pur, de prolonger Tanesthésie aulani qu'il est nécessaire. L'éther doit être rejeté, car il en l'aut une quantité considérable pour obtenir un résultat, et la |)ériode d'agitation, (|ui est très longue, se manifeste par des mouvements désordonnés, excessivement violents, qui épuisent le sujel.

Pour faire inhaler le chloroforme, on en indjibe une éponge de la grosseur du poing et on la dépose dans un récipient quelconque, d'une (contenance de quatre à cincj décilitres. Un aide l'approche à environ o"',o5 de l'orifice des naseaux et un peu au-dessous, pendant que l'on

48 CONTEATIOX l'IIVSIOLOGlQl K ET /\SE\S/BIUSATJOA

recouvre rextréniité iiil'érieiire de la tôle d'un linge destiné à diriger les vapeurs du côté des orifices respiratoires et à éviter la déperdition des vapeurs. Le linge ne doit pas être appliqué très étroitement sur le récipient, mais, au contraire, inaintenu à distance, pour faciliter le mélange des vapeurs avec Fair.

En général, avec 3o ou 4o grammes de chloroforme, on obtient l'anesthésie au bout de cinq à sept minutes. On cesse alors l'inhalation et on la reprend de temps à autre, quand reparaît le réflexe palpébral, si l'opération doit être prolongée. Le réveil est toujours long et il faut attendre au moins une demi-heure avant de relever le cheval.

Anesthésie mixte. — Dans cette méthode, on donne simultanément, ou à peu près, un narcotique et un anesthésique. Le meilleur procédé est celui de Dastre et Morat.

Il consiste à administrer à l'animal, dix minutes avant de l'anesthésier, une injection sous-cutanée du liquide suivant :

Eau I ccnlimèU'c cube.

Chlorhydrate de morphiue. . 2 centigrammes. Sulfate d'atropine i milligrammes.

La dose est d'un demi-centimètre cidje par kilogramme d'animal. Dans ces conditions, on peitt alors réduire la proportion de chloroforme dans de telles limites, que deux ou trois grammes suffisent pour une anesthésie parfaite de deux heures. On ne court plus aucun risque en combinant la méthode mixte à celle des mélanges titrés. Avec la muselière, on diminue considérablement les dangers de la syncope cardiaque par suite de la paralysie, par l'atropine, des fibres modératrices du pneumogastrique. L'atropine a encore l'avantage d'empêcher les vomissements, la sputation, les râles qui se montrent souvent avec la morphine seide, pendant la période d'agitation, et de diminuer la déshydratation du biprotéon, qui résulte de l'action de l'agent anesthésique.

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