FROID
C'est un excelleiiL procédé, que Ton peut adopter do préférence, toutes les fois qu'il n y a pas inconvénient à introduire dans l'organisme à la ibis du chloroforme, de la morphine et de l'atropine.
L'anesthésie mixte peut être utilisée également pour le cheval. On injecte 80 centigrammes à i gramme de chlorhydrate de morphine dans le tissu sous-cutané, et, cin(| minutes après, on donne le chloroforme, ou bien, à sa place, un lavement de chloral de 80 à 100 grammes, après avoir préalablement vidé l'intestin.
On obtient une demi-anesthésie souvent suffisante, en diminuant les doses.
Chaleur. — On peut anesthésier les grenouilles et d'autres animaux à sang froid, en les immergeant pendant quelques instants dans de l'eau à 35 ou 3^° centigrades, et les réveiller très rapidement en les plongeant dans l'eau froide.
Sections de la moelle et des xerfs sensitifs. — Ces opérations permettent d'obtenir la suppression de la sensi])ilité dans des régions plus ou moins étendues, mais d'une façon complète et définitive.
Froid. — Le froid est utilisé dans le même but, mais principalementpour l'anesthésie locale. Celle-ci peut servir parfois, en supprimant la sensibilité locale consciente» à abolir les mouvements volontaires.
Les reptiles sont presque toujours tués par les inhalations d'éther ou de chloroforme : il y a avantage alors à leur refroidir le cerveau fortement par un jet de chlorure d'éthyle ou d'éther. On peut ainsi manier facilement les vipères.
Au lieu de sectionner ou de détruire la moelle, pour obtenir la contention d'une partie plus ou moins étendue du corps, il est souvent avantageux aussi d'en provoquer
R. Dubois. Physiolog. expériment. ^
50 CONTESTIOX PIirSIOLOGIQUE ET L\SENSiniUSA J/0.\
seLileiiiciit la congélaLioii, (jui n'agit que d'une manière temporaire.
Compression du cerveal. — La compression du cerveau permet de plonger les animaux dans un état comateux profond. Ce procédé a l'avantage d'éviter l'emploi des poisons, ce (|ui est parfois nécessaire. Il faut alors opérer à jeun, pour ne pas proA oquer des vomissements : on applique d'abord sur lavoiitedu crâne, en évitant le sinus longitudinal et en respectant les méninges, une couronne de trépan et, par l'ouverture ainsi obtenue, on introduit une éponge, uji bouchon de caoutchouc ou un corps élastique quelconque, que l'on maintient avec un bandage; en faisant une compression su fil santé, le coma ne tarde pas à se produire.
Anesthésie locale- — Cette méthode est très peu employée en physiologie. Les tubes de chlorure d'éthyle que l'on trouve dans le commerce répondent à tous les besoins. Ce li(|uide agit par le froid que produit son
Vit,, il. — Tiibo à cl\lorure d'éthyle pour l'anesthésie locale.
évaporalion rapide, IVoid f|ui est assez considérable pour amener la congélation des tissus. Pour se servir d'un de ces tubes, après l'avoir ouvert on le prend à pleine main, puis on le dispose horizontalement ou verticalement en le renversant ^lig. 44)i et le liquide s'échappe en mince jet. Celui-ci est dirigé sur la partie à anesthésier, jus- (\ui\ ce qu'elle ait pris une teinte blanche.
La cocaïne n'est utilisée que pour l'anesthésie de la cornée ou des muqueuses, qui se pratique très rarement (i).
(i) Pour ])lus de détails sur l'anesthésie, voit' : R. DuBOiS, Anesthésie physiolos^ujuc. Georges Carré, éditeur. Paris, 1894.
SIXIÈME LEÇOi\
Généralités sur les opérations.
Le vivisecteiir est un chirurgien qui opère sur des animaux sains : à part quelques instruments spérialement usités en physiologie, il est appelé à se servir de la plupart de ceux que l'on emploie en chirurgie humaine ou vétérinaire. Gomme le chirurgien, il doit s'attacher à supprimer ou atténuer la douleur et l'épuisement nerveux par l'anesthésie, à éviter les pertes de temps et de sang, les délabrements superflus et l'infection. Le physiologiste s'appliquera à mettre bien en évidence les parties sur lesquelles il veut opérer, en conservant leurs rapports naturels avec les parties voisines, qu'il doit, autant que possible, éviter de blesser. C'est de cette façon seulement qu'il se placera dans les conditions d'un déterminisme expérimental rigoureux.
La vivisection est le meilleur exercice préparatoire auquel puissent se livrer les futurs chirurgiens : il devrait être obligatoire pour ceux qui n'ont pas encore opéré sur l'homme vivant, afin d'éviter un apprentissage souvent préjudiciable à ce dernier. Les opérations sur le cadavre ne peuvent guère apprendre que les rapports anatomiques des diverses parties.
Instruments. — Les inslriunents tmncJianls sont surtout utiles pour pratiquer des ouvertures dans les téguments et les parois viscérales, sectionner des vaisseaux, des nerfs, des ligaments.