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POUVOIR CONDUCTEUR DE LA MOELLE

Répétons les mômes explorations sur les cordons postérieurs.

L'excitation du bout central produit une vive douleur; celle du bout périphérique, rien. La section n'abolit pas la sensibilité des régions placées au-dessous, sauf la sensibilité tactile, mais celle-ci disparaît après la section de la colonne de substance grise, laquelle est inexcitable par ellemême, au moins à l'aide des agents artificiels, aussi bien dans le bout central que dans le bout périphérique. La section des cordons antéro-latéraux ne donne rien au point de vue de la sensibilité; mais, cette section faite, si l'on coupe la substance grise, même en respectant les cordons postérieurs, la sensibilité disparaît au-dessous de la section, à l'exception cependant des impressions tactiles.

Comme conclusion de tous ces faits, il ressort: i° que les cordons antérieurs et latéraux sont exclusivement moteurs et à conduction centrifuge, sauf les faisceaux de Gowers et cérébelleux direct déjà signalés; 2° que la voie normale de la conduction sensitive, sauf pour le tact, est l'axe gris de la moelle; 3° que les cordons postérieurs constituent une voie de conduction sensitive pour les

FiG, 101. — Ilémisection de la moollo : FiG. lO'i. — Doux hémisoctions alternes ot 1 section partielle, 2, 3 racines rachi- superposées. S, S section, a substance

diennos. blanche, p substance grise.

excitations artificielles, laquelle est centripète : c'est la voie de conduction normale pour les sensations tactiles.

lOG CENTRES NER VEUX

Pratiquons maintenant, non plus des sections totales, mais des hémisections divisant la moelle jusqu'aux sillons antérieur et postérieur (fig. loi).

Dans ces conditions, ni la sensibilité ni la motricité ne seront coinplèlement détruites dans les membres

Fio. 103. — Voie motrice directe. E cèr., écorco cérébrale ; C G., couche optique ; c. st., corps strié; F p. c, faisceau pyramidal croisé; F p. d., faisceau pyramidal direct; ra, racine antérieure.

situés au-dessous de la section, du côté de cette section; d'où résulte la preuve que la conduction est partiellement croisée. La conduction directe est due au faisceau pyramidal croisé, la conduction croisée au faisceau pyramidal direct, pour les voies motrices : pour les voies sensitives, la conduction directe est due au faisceau de Gowers et la conduction croisée aux faisceaux de GoU et de Burdach (fig. io3 et io4)-

POUVOIR CONDUCTEUR DE LA MOELLE m

Deux (lemi-sertions (fig. io4) pratiquées à des hauteurs dilterentes, Tune à droite, l'autre à gauche, aholissent complètement la sensibilité dans les régions placées plus bas; mais il faut que les hémisections soient complètes,

^c. cérèb.

Fio. 104. — Voie sensitive directe. E cérébr., écorce cérébrale; C 0 , couche optique; C st., corps strié; N G et B, noyau de GoU et de Burdach ; F G et B, faisceau de Go'il et de Burdach ; F Goiv., faisceau do Gowers ; rp, racine postérieure.

un pont, même étroit, de substance grise suffisant à la conduction. Quant à la motricité, elle n'est pas complètement abolie, car il peut se faire encore un peu de conduction croisée.

Il est à noter cependant que les excitations sensitives suivent plutôt la voie croisée et les excitations motrices la voie directe.

Pouvoir réflexe de la moelle. — Après avoir sectionné la moelle d'une grenouille et laissé cette dernière se reposer quelque temps de l'excitation due au traumatisme, on constate que l'animal reste immobile si on ne l'excite pas, mais qu'il répond à chaque excitation par

FiG. 105. — Gronouillo disposée pour l'étude des réflexes.

des mouvements appropriés. Ces mouvements, qui ne sont pas produits par un acte volontaire succédant à une perception consciente, sont appelés mouvements réflexes^ ou plus simplement réflexes.

Voici le dispositif le plus commode pour étudier ces réflexes.

On prend une grenouille et, avec de forts ciseaux, on coupe la colonne vertébrale à la hauteur d'une ligne tan-

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