MOUVEMENTS DU CŒUR ISOLÉ
oreillettes par une ligature, prenons un tracé avec le cardiographe simple de Marey, puis excitons les oreillettes par un courant faradique : nous verrons, sous l'influence de ce courant tétanisant, se produire l'arrêt diastolique des oreillettes (fig. 235).
si mmmmmmmmmmmimmmmiif.
Fig. 235. — Arrêt diastoliquo des oreillottos par l'oxcitation do ces dernières par un courant tétanisant : O tracé do l'oreillette, SE tracé du signal, ab durée de l'excitation, 1 cessation des systoles, 2 reprise.
On démontre de la même façon l'action excitomotrice des ganglions de Bidder.
Si on isole le ventricule muni de ces ganglions, il bat quelque temps et ne tarde pas à s'arrêter. Alors, en l'excitant par un courant faradique, on le voit reprendre ses mouvements rythmiques (fig. 236).
Fig. 236. — Excitation dos ganglions de Bidder : 2 excitation isolée provoquant une contraction unique, ab courant tétanisant produisant des battements rythmiques, V tracé du cœur, SE signal électrique.
Excitations du cœur isolé. — Prenons un cœur qui a cessé de battre spontanément et excitons-le par un choc induit, nous provoquerons une systole absolument semblable à la systole normale.
On peut enregistrer, en même temps que cette systole, le choc induit qui la provoque, en intercalant un signal de Depretz dans le courant primaire de la bobine et mesurer ainsi le temps perdu du myocarde qui, comme tous les muscles, a une période latente (fig. 237). Ce temps perdu est toujours plus long que celui d'un muscle ordinaire.
Si, au lieu d'exciter le cœur par un choc, on lance
EXCITATIOiyS DU CŒUR ISOLÉ 253
une série d'induits, on produit non pas une télanisation, comme on pouvait s'y attendre, mais des battements rythmiques.
Pour obtenir ces battements, il n'est pas nécessaire que le cœur soit muni de son système ganglionnaire. En effet, après avoir coupé le cœur en deux, de manière que la pointe ventriculaire soit dépourvue de
FiG. 237. — Temps perdu du myocarde : TV tracé du cœur, SE signal électrique,
e excitation, c contraction.
ganglions, si nous l'excitons par un courant faradique, nous voyons encore se produire des battements rythmiques. Il s'agit donc là d'une propriété particulière au [myocarde. Celui-ci présente d'ailleurs d'autres différences avec les muscles ordinaires. Nous avons montré que, lorsque l'on excite un muscle avec des courants croissants, la contraction va en augmentant d'amplitude : pour le cœur, une excitation suffisante donne tout de suite la contraction maxima. . On peut montrer expérimentalement que la cause qui fait battre le cœur rythmiquement, sous l'influence de courants faradiques, au lieu' de le tétaniser, est due a des périodes d'inexcitabilité de cet organe. Pendant toute la phase systolique, le cœur est inexcitable et toute excitation portée sur lui à ce moment est sans effet : ce n'est que pendant la phase diastolique que l'excitation est efîicace (fig. a38).
Gela n'est vrai d'ailleurs que pour des excitations relativement faibles ; quand elles sont assez intenses, la phase d'inexcitabilité systolique disparaît et l'on peut
Qb.'i MOi VEMENTS DU CŒUR ISOLÉ
alors obtenir le tétanos du cœur, comme celui d'un muscle ordinaire (fig. a^g).
Fie 238. — Effet variable de l'excitation du myocarde suivant qu'elle tombe pendant la systole ou pendant la diastole : C tracé du cœur, Sli) sigual.
Il est encore possible de provoquer des contractions du cœur isolé chez la grenouille ou la tortue par des augmentations de pression.
EXCirA TIOi\S DU CŒUR ISOLÉ 555
Lions sur Taorte crime tortue, en oblitérant par des ligatures les autres vaisseaux, un tube que nous reni-
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FiG. 230. — Tétaiiisatiou du myocarde par un courant suffisamment fort : C tracé du cœur, SE signal, a excitatio'n isolée produisant un battement a, b excitations très rapprochées produisant le tétanos b'c.
plirons jusqu'à une certaine hauteur de sérum artificiel ou de sang défibriné : nous verrons, sous l'influence de cette pression continue, le cœur se mettre à battre rythmiquement.
Plus la pression est forte, plus le rythme est précipité. On fait facilement Avarier la pression à l'aide du dispositif de la figure 240-
La chaleur et le froid exercent aussi une action très marquée sur les mouvements du cœur séparé de l'organisme.
Pour s'en rendre compte, il 7. i>Witif pour étu-
1 ' dier 1 action do la pression sur
snfllt dp nlono-pr 1p rrPin' dnriQ le myocarde : c cœur, e enton- SUIUL ue piongei le CœUl aanS noir plein de sérum qu'on peut
du sérum artificiel à différentes ^'^^^'^'^ • températures. Le cœur bat d'autant plus vite que la 'température est plus élevée.
VINGT-TROISIÈME LEÇON Sang.
C^hez les vertébrés, le sang est le liquide roiigeàtre qui circule clans les artères, les capillaires et les veines.
Pour s'en procurer une notable quantité, il sullil de sectionner un tronc veineux, ou mieux artériel. Mais il est préférable, pour juieux guider le jet et régler le débit,