‹ Leðcons de physiologie opâeratoireChapitre 124 sur 184 · GLANDES SALIVAIRES · texte numérisé non relu

GLANDES SALIVAIRES

lassium; cette dernière substance apparaît presque instantanément dans la salive de l'animal, alorsqu'aucun

des réactifs habituels ne décèle la plus petite trace de ferre-cyanure. Dans l'urine au contraire, nous allons le trouver en quantité considérable; ce qui démontre surabondamment la pénétration de cette substance dans l'économie, bien que les glandes salivaires se refusent à l'éliminer.

Il est nécessaire, avant d'employer les réactifs habituels, de neutraliser, par l'addition de quelques gouttes d'acide acétique, la réaction alcaline normale de la salive; autrement, les résultats pourraient être empêchés.

Vous voyez donc, messieurs, que l'iode et ses composés passent rapidement dans la salive, tandis que les principaux sels de fer ne s'y retrouvent pas dans les circonstances ordinaires. Nous possédons pourtant divers moyens de triompher, pour ainsi dire, de cette résistance des glandes salivaires. Tout d'abord, si nous combinons une de ces substances réfractaires avec une autre qui jouit de la propriété de passer dans la salive, la difficulté est vaincue : l'iodure de fer, par exemple, se retrouve rapidement dans la salive à cause de l'iode qu'il renferme.

En second lieu, si nous avons recours à une injection directe, les glandes salivaires pourront être, pour ainsi dire, forcées d'éliminer la substance étrangère. Nous pouvons, par exemple, introduire de grandes quantités de prussiate de potasse dans les veines d'un animal, sans que les réactifs les plus sensibles nous montrent

cl. Bernard. — Physiol. opér. 33

le moindre vestige de sa présence dans la salive. Mais si, au moyen d'une injection dans la carotide primitive, nous créons une sorte de pléthore locale dans l'atmosphère des glandes salivaires, nous parvenons au résultat désiré, ce qui, dans d'autres circonstances, ne serait jamais arrivé.

Il reste donc établi que ce qu'on a appelé Yaffinifé des glandes pour certains corps exprime seulement la facilité plus grande avec laquelle ces corps pénètrent dans le liquide sécrété. Toutes les substances peuvent passer par les sécrétions, à la condition qu'elles aient été introduites en quantité suffisante dans le sang qui fournit les éléments de ces diverses sécrétions.

L'affinité des glandes salivaires en particulier est toutefois le point de départ d'un grand nombre de phénomènes singuliers. Si l'on administre, par exemple, de l'iodure de potassium à un chien, on en retrouvera des traces dans la salive pendant des semaines entières. L'iode se meut ici en effet comme dans un cercle : il passe clans la salive en vertu de l'affinité élective des glandes; mais ranimai, continuant à avaler sa salive imprégnée qu'elle est de ce corps, en absorbe de nouvelles quantités. Cela pourrait durer indéfiniment; mais qu'on purge fortement l'animal, et alors l'iode sera évacué en bloc par l'intestin et disparaîtra de la salive.

Il nous reste maintenant à faire l'expérience inverse. La surface interne des glandes est douée d'un pouvoir absorbant considérable, à la condition que les substances injectées dans leur cavité appartiennent à une classe de

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corps pour lesquels elles ont nue certaine affinité élective. Mais quand la sécrétion est en pleine activité, l'absorption est presque entièrement suspendue. Si, par exemple, ainsi que nous vous l'avons déjà dit, on injecte

une forte solution de strychnine dans le canal parotidien d'un chien, l'animal est empoisonné presque instantanément quand la glande est au repos : mais si la sécrétion a été préalablement mise en jeu, le chien résiste pendant assez longtemps..

Pour vous convaincre de la rapidité avec laquelle l'absorption a lieu dans les glandes, nous allons injecter dans le conduit parotidien du cheval qui vient de nous servir dans l'expérience précédente, une solution au centième d'iodure de potassium. Nous pratiquerons la ligature du conduit au-dessus de la canule, et nous découvrirons presque immédiatement l'iode dans la sécrétion de la parotide du côté opposé. Gela prouve qu'après avoir traversé toute l'étendue du système circulatoire, la substance injectée a été éliminée de nouveau par les glandes dans un espace de temps incroyablement court.

Nous venons de faire cette injection; nous recueillons une série d'échantillons de salive de la glande opposée : vous voyez que la réaction de l'iode apparaît bien nettement quelques secondes après l'injection.

Vous voyez cependant que, bien que rapide, l'élimination n'a pas été absolument instantanée. Cela tient à ce que chez le cheval la circulation est particulièrement lente. En injectant du prussiate de potasse dans la veine jugulaire, et en examinant du sang tiré d'un autre pi lint,

Hering a démontré que chez cet animal le sang n'accomplit *pas"son circuit complet en moins de vingt-cinq secondes. Cela nous rend suffisamment compte de la lenteur relative de l'élimination. Chez le chien, les résultats s'obtiendraient beaucoup plus rapidement.

Il nous reste maintenant à examiner la part qui revient au système nerveux dans le mécanisme de la sécrétion parotidienne : tel sera le principal objet de notre prochaine leçon de physiologie opératoire.

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