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DU DÉTERMINISME

grâce auxquels les phénomènes Iraduiraienl d'euxmêmes leurs manifestations.

Quelques procédés d'investigation réalisent déjà ce desideratum; nous avons la méthode graphique, miseeri usage aussi bien pour les recherches de physiologie que pour celles de physique; nous avons de même la photographie.

Pour vous montrer combien ces procédés de constatation suppléent avec avantage à la simple observation à l'aide des sens, il me suffira de vous citer l'exemple suivant qui s'est produit lors d'une discussion à l'Académie des sciences sur la constitution des comètes. On avait pris des photographies de comètes, lorsque, quelque temps après, la discussion sur ces astres étant revenue à l'ordre du jour, on fut amené à émettre sur leur constitution des vues nouvelles, lesquelles demandaient, comme vérification, des constatations que l'on n'avait pas songé à faire antérieurement. Mais si l'observateur, dont l'attention n'était pas éveillée sur ces points nouveaux, n'avait pas songé à faire cette constatation, la photographie, qui reproduit indifféremment ce qui est recherché et ce qui n'attire que médiocrement l'attention, la photographie devait avoir reproduit les détails demandés s'ils existaient réellement; on pensa donc à recourir aux photographies prises précédemment, et l'on y constata en effet les aspects dont la nouvelle hypothèse rendait la recherche nécessaire : la photographie, substituée ici à l'observation simple, avait donné à la fois plus et mieux que cette observation.

Aujourd'hui, des procédés semblables ou analogues

ont pris largement place dans la méthode expérimentale. En rectifiant, en fixant ainsi les impressions de nos sens, nous parvenons plus rigoureusement à éviter les nombreuses causes d'erreur dans des observations aussi complexes que celles qui s'adressent aux phénomènes de la vie. Il nous est ainsi possible de constater les faits et leurs conditions et de rattacher les uns aux autres.

Conditions ou causes des phénomènes sont pour nous des expressions à peu près synonymes ; nous savons bien que, comme le disent les philosophes, nous n'arrivons pas réellement à reconnaître les causes premières, absolues, des phénomènes, c'est-à-dire leur essence intime ; nous ne pouvons remonter si haut, et il doit nous suffire d'arriver aux causes immédiates, c'est-à-dire aux conditions matérielles de l'existence des phénomènes : c'est pourquoi nous ne parlons jamais que de ces causes secondes que nous désignons généralement sous le nom de conditions déterminantes.

Même dans la détermination de ces conditions, il s'en faut de beaucoup que la science des organismes vivants soit arrivée aujourd'hui à des acquisitions qui lui permettent de se considérer comme constituée ; mais les progrès qu'elle a accomplis sur quelques points particuliers permettent de préjuger ce qu'elle deviendra dans l'avenir. Comme science, surtout comme science active appelée à connaître les phénomènes, à les arrêter ou à les reproduire volontairement, la physiologie, si elle sait se défendre des vaines spéculations sur les causes premières et concentrer ses efforts sur un déter-

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