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FONCTIONS DES ÉLÉMENTS ANATOMIQUES

gène, comme le démontrent tous les travaux récents sur les gaz de la lymphe.

Bien plus, il semble que lorsqu'on fait arriver l'oxygène jusqu'au niveau des cellules des tissus, en saturant l'organisme de ce gaz, on provoque dans ces cellules des troubles qui sont incompatibles avec la vie : tels sont les résultats des expériences de P. Bert sur la respiration de l'oxygène pur et de l'air comprimés à de hautes tensions. Toutes ces questions sont encore fort obscures au point de vue de la physiologie générale ; en y faisant allusion ici, nous n'avons d'autre but que de vous montrer, je le répète, combien il faut se garder de conclure des conditions d'existence de l'organisme entier aux conditions d'existence de ses éléments anatomiques constituants, et nous devions insister sur ce fait, en apparence paradoxal, que l'oxygène, indispensable à la vie de l'organisme entier, est peut-être moins directement utile, et même, dans certaines circonstances, devient nuisible à la vie des éléments anatomiques.

Nous dirons donc, pour résumer toutes les vues précédentes, nous dirons que la physiologie expérimentale doit porter son investigation jusque dans la profondeur intime, microscopique, de l'organisme, jusqu'aux éléments anatomiques ; que dans cette étude de physiologie générale il faut procéder comme dans celle des fonctions des organes, c'est-à-dire localiser d'abord et expliquer ensuite; et qu'enfin, pour établir ces explications, il ne faut pas se contenter de conclure par analogie des fonctions et propriétés de l'organisme aux

fonctions et propriétés de ses éléments de tissus, mais toujours rechercher directement, c'est-à-dire par le procédé expérimental, quelle est la réalité des phénomènes, et quels sont les processus qui, tout en obéissant aux lois de la physique et de la chimie, sont, quant ta leurs formes, spéciaux aux éléments auatomiques vivants.

Avec un semblable programme tout sentiment d'impatience serait absolument fatal. Quand on a bien compris la complexité et l'étendue des phénomènes à analyser, on est nécessairement pénétré de la nécessité de marcher lentement, mais sûrement, de se contenter du peu qu'on trouve, pourvu que ce peu constitue définitivement une pierre, si petite soit-elle, pour l'édifice scientifique qu'il s'agit d'élever sur des bases solides.

Tel est le but de la physiologie, de la médecine expérimentale. Malheureusement il est difficile au médecin de se pénétrer de ce besoin de patience: il lui faut attendre les lentes conquêtes de la science, et cependant le malade est là, dans un état dont on veut au plus vite se rendre compte et auquel plus vite encore on désire porter remède. Pour répondre à ce double desideratum, la médecine a eu depuis longtemps recours à l'empirisme, et sur bien des points c'est encore à l'empirisme qu'elle devra longtemps encore s'adresser ; mais cet empirisme aura, même au point de vue scientifique, ses résultats incontestables : il fait surgir des questions que l'étude expérimentale aborde et dont elle fournit la solution, remplaçant alors les notions vagues et indéterminées par les données d'un déterminisme exact. Et c'est ainsi que,

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la science expliquant l'empirisme, L'empirisme offrante la science des points de vue nouveaux, médecine et physiologie iront simultanément s'entr'aidant et se Fusionnant de plus en plus en une seule et véritable science, la médecine expérimentale ou physiologie expérimentale, car les phénomènes de l'organisme malade seront expliqués par les phénomènes de l'organisme sain, et la physiologie, dans le sens le plus large, clans le sens vrai du mot, comprendra nécessairement, en une seule et môme étude, les fonctions de l'organisme sous leurs formes diverses dites physiologiques et pathologiques.

Si nous avons confiance dans cet avenir de nos études expérimentales, nous devons, en raison même de la grandeur du but, donner tous nos soins aux moindres détails des efforts qui nous permettront de l'atteindre; nous devons, en un mot, nous préoccuper avant tout d'une bonne discipline expérimentale, et préciser à cet effet les conditions rigoureuses d'une technique etd'une critique expérimentale qui, en fixant les procédés propres à contrôler les résultats déjà obtenus, nous permettent de marcher plus loin dans l'analyse des phénomènes de la vie. Dans une étude de ce genre, aucun détail ne saurait être insignifiant : c'est pourquoi nous commencerons, dans la prochaine leçon, cet exposé de technique expérimentale par l'indication rapide des moyens de préhension, de fixation, d'anesthésie, etc., des animaux mis en expérience.

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