‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 140 sur 163 · SÉCRÉTION BILIAIRE · texte numérisé non relu

SÉCRÉTION BILIAIRE

qui le remplit assez exactement pour fermer l'orifice latéral; la bile sort alors entièrement de l'économie, et pas une seule goutte n'arrive à l'appareil digestif. Cette méthode offre toutefois un inconvénient sérieux: le tube s'échappe fréquemment du canal quand l'animal se remue et s'agite après l'opération. Aussi avons-nous adopté le procédé suivant : nous plongeons le tube dans la vésicule elle-même, après avoir préalablement lié le conduit commun ; nous ouvrons alors le duodénum et nous y plaçons une canule : les deux fistules sont mises en communication l'une avec l'autre par un tube de caoutchouc.

En somme, toutes ces expériences ne peuvent pas nous permettre de décider si la bile est réellement une excrétion ou une sécrétion; les résultats ne sont pas assez importants pour que nous puissions formuler sur ce point un jugement, comme nous l'avons fait pour les autres glandes. Mais l'une des principales difTérences qui distinguent les sécrétions des excrétions, c'est la formation, dans le produit glandulaire, de substances particulières qui n'existent pas dans le sang. Cette propriété de créer de nouveaux composés chimiques appartient exclusivement aux organes de sécrétion. Or, à ce point de vue, la bile appartient évidemment à la classe des sécrétions : les substances nombreuses qu'elle renferme n'existent pas dans le torrent circulatoire.

L'influence du système nerveux sur la sécrétion biliaire est peu connue jusqu'ici; mais l'apparition de l'ictère à la suite des émotions morales vives semble donner une preuve irrécusable du pouvoir exercé par les nerfs sur le foie comme sur les autres glandes.

Le plan de ce cours, messieurs, n'implique pas une étude complète des propriétés physiologiques des liquides digestifs. Notre but a été de vous montrer les différents procédés opératoires qui permettent au physiologiste de les recueillir. Nous avons maintenant terminé l'histoire de ces diverses substances, au point de vue expérimental du moins; car la sécrétion des glandes de l'intestin n'est pas facile à obtenir et ne donne lieu qu'à peu d'opérations sur le sujet vivant. Dans la prochaine session, nous reprendrons ce cours, et, comme d'habitude, nous pratiquerons toutes nos expériences devant vous. L'appareil digestif ayant été étudié entièrement, nous appellerons votre attention sur les principales propriétés de la moelle épinière et du système nerveux en général.

Page 1