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PRÉHENSION ET CONTENTION DES GRAM)S ANIMAUX

A l'aide de l'appareil à vivisection que j'ai précédemment décrit dans toutes ses positions, on peut maintenir dans toutes les attitudes les animaux sur lesquels on veut opérer, en réduisant considérablement le besoin d'aides. Mais on conçoit qu'on ne puisse plus maintenir les animaux dont la taille excède les dimensions de l'appareil.

Ainsi j'ai souvent contenu avec cet appareil des jeunes moutons ou des chevreaux, peut-être mêmedse porcs, tandis qu'on ne peut plus s'en servir pour les très-^ros moutons. D'ailleurs, quand les animaux sont grands, la force de leurs membres ne peut plus être maîtrisée par l'homme, et il faut alors en venir à des moyens d'une autre nature que nous allons examiner.

Les physiologistes n'ont généralement à leur disposition, pour expérimenter, que des chevaux épuisés et usés qui sont livrés k l'équarrisseur pour être abattus. Dans ces conditions, ces animaux sont ordinairement plus faciles à maintenir et endurent plus patiemment les expériences qu'on pratique sur eux. Les vétérinaires, au contraire, ayant affaire à des chevaux fringants et vigoureux, sont plus exposés aux blessures causées par les emportements de l'animal. Le cheval, par exemple, peut blesser par des morsures ou par la ])rojection en avant des membres antérieurs, soit isolément , soit simultanément, (juand l'animal se cabre. Nous emprunterons donc aux vétérinaires les appareils nécessaires

ta maintenir et à maîtriser les grands animaux. Du reste, nous n'indiquerons ici que les dispositions les plus simples, renvoyant pour plus de détails aux ouvrages spéciaux de chirurgie vétérinaire (1).

Un premier moyen d'assujettir l'animal consiste à produire ce qu'on appelle une dérivation de la douleur, c'est-à-dire à produire en un point très- sensible une douleur vive et qui impressionne l'animal au point de lui faire oublier la douleur de l'opération qu'il subit. L'appareil le plus simple employé à cet effet est le tordnez (ou improprement torche-nez) : ce n'est autre chose qu'une anse de corde fixée au bout d'un bâton et dans laquelle on saisit le bout du nez et la lèvre supérieure du cheval (voy. fig. 29). En tournant alors le bâton sur lui-même, on étreint ces parties très-sensibles, et on les serre jusqu'au degré qu'on juge convenable.

On se sert encore de moraiiks. On désisjne sous ce nom une sorte de pince en fer, formant un compas dont les deux branches serrées l'une contre l'autre peuvent produire une compression plus ou moins violente sur une partie du corps saisie entre elles (fig. 28). Pour que cet appareil soit maintenu solidement iserré, l'une des branches est pourvue à son extrémité d'une crémaillière sur laquelle vient se fixer un anneau ovale porté par l'extrémité de l'autre branche. La figure 28 fait comprendre cette disposition.

Fig. 28.

iloraillos.

(1) Voyez notamment J. Gourdon, Eléments de chirurgie vétérinaire Paris, 1855.

Ces deux exemples sLiifisent pour nous faire comprendre ce que sonl les autres appareils du même genre, désignés, par exemple, sous les noms de serre-oreilles, serre-côtes, etc., et dont on trouvera la description dans les ouvrages spéciaux.

Une seconde série de moyens consiste à mettre le cheval dans l'impossibilité de ruer : à cet effet il suffit de fixer Tun des pieds levé au-dessus de terre. Un aide vigoureux, embrassant d'une main le paturon du cheval, peut soulever le pied en s'attacliant de l'autre

FiG. 29. — Cheval aiii|ucl on a appliqué le tord-nez (p. 143) et la bricole.

main à la crinière ou en prenant point d'appui sur la hanche de Tanimal. Mais il est bien plus simple, et plus prudent a la fois, d'avoir recours à un système de cordages que les vétérinaires désignent sous les noms de plate-longe, d'entraves, de bricole. La figure 29 donne parfaitement Tidée d'un appareil de ce genre, réduit à

Sfi plus simple expression. On voit qu'il se compose simplement d'une corde (d) portant à son extrémité une ganse qui saisit le paturon du cheval (au pied postérieur gauche); l'extrémité libre de la corde va d'abord passer entre les deux avant-bras, puis remonte le long de la hase de l'encolure, du côté opposé au pied entravé, et, après avoir croisé sur le garrot, descend le long de l'épaule pour venir croiser sur elle-même. La main de l'aide tire alors et soulève ainsi le membre jusqu'à ce qu'il ait perdu toute possibilité d'appui siir le sol.

Cette même figure rei)résente l'application du tordnez {a); elle montre aussi le procédé mis en pratique par les vétérinaires pour attacher solidement ta la racine de la queue f^') une foi'te corde dont l'extrémité libre peut servir à attacher et à lever un des pieds postérieurs.

Si ces moyens ne suffisent pas, il faut alors abattre l'animal pour le fixer et lui faire prendre la position la plus commode à l'opération. Il n'est pas facile de renverser un cheval, et il faut absolument pour cela

avoir recours à l'un des appareils mis en usage par les vétérinaires; le plus simple est celui qui porte le nom à^ entravons. Use conqiose(fig. 30) de fortes courroies de cuir souple (pie Ion peut boucler à chaque paturon du

FiG. 30. — Entravons pour ahattre le cheval.

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