‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 37 sur 163 · HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

HUITIÈME LEÇON

Sommaire : Contention physiologique des animaux. — Emploi des alcaloïdes de l'opium. — Comment il fnut tenir compte, dans l'interprétation des expériences, des effets propres aux agents de contention. — Emploi de l'éther et du chloroforme. — Du chloral. — Muselières pour l'anesthésie du chien. — Éthérisation du lapin, du chat. — Bocal pour l'éthérisation des animaux de petite taille. — Anesthésie par l'eau chaude. — Combinaison du chloroforme et de la morphine. — Emploi du curare. — Avantages de l'emploi du curare. — Anesthésie par compression du cerveau. — Appréciation générale des moyens de contention.

Messieurs,

Nous donnons le nom de moyens contentifs physiolofjiques aux substances anesthésiques ou stupéfiantes que l'on emploie pour éteindre la sensibilité ou le mouvement chez les animaux que Ton soumet aux vivisections.

Aujourd'hui les moyens de contention physiologique que nous possédons et que nous allons passer en revue sont au nombre de trois principaux. (]e sont ; 1° V opium; '^"Xéther ou le chloroforme^ ou le chloral ; 3'- le curare. Nous y ajouterons la contention par la compression cérébrale, laquelle, quoique usitée dans un petit nombre de cas seulement, peut cependant rendre encore de réels services.

i° De ï opium. — Nous avons fait ailleurs l'histoire de l'opium et de ses alcaloïdes (1) ; nous ne devons exa-

(1) Voy. Leçons sur les anesthésiques et l'aspltijxie. Paris, 1875.

miner ici ces composés qu'au point de vue de leur emploi comme moyens de contention ; à ce point de vue il faut renoncera se servir de l'opium brut, car il renferme six alcalokks, dont les effets ne sont pas du même ordre et amèneraient même en parlie des résultats opposés. Nous avons montré en effet que de ces six alcaloïdes trois seulement sont hypnotiques ou anesthésiques, et par suite contentifs : ce sont la morphine, la narcéiae et la codéine. Les trois autres (narcotine, papavérine, thébaïne) ne sont pas narcotiques; ils ont même, et surtout la thébaïne, une action excitante, convulsi vante très-toxique. C'est pour cette raison que l'opium luimême, quirenferme cettesubstance, estplus toxique que la morphine pure, qui cependant est plus active comme hypnotique.

Nous ferons usage de la morphine pour nos expériences. Cette préférence nous est dictée parce que la morphine estplus abondante et plus facile à se procurer que tous les autres alcaloïdes de l'opium ; elle est moins chère, et on la trouve dans le commerce à l'état de pureté. La narcéine, qui nous a donné d'excellents résultats, est au contraire rare et même introuvable aujourd'hui, et il nous a été impossible de nous en procurer de bien véritable après celle qui nous avait servi pour nos premières recherches sur l'opium. La codéine n'a aucun avantage, en physiologie, sur la morphine; au contraire, elle agit moins énergiquement.

Quand nous emploierons la morphine, c'est toujours de la morphine à l'état de sel le plus usuel, c'est-à-dire du cblorliydrale. Nous employons ce sel ta l'état de

solution dans l'eau distillée; exemple : une solution renfermant 5 centigrammes de chlorhydrate de morphine pour 1 centimètre cube d'eau. Voici la formule dont nous faisons usage : nous dissolvons un gramme de chlorhydrate de morphine dans 20 centimètres cubes d'eau. On injecte au moins! centimètre cube de la solution : en général de i à 5 selon la taille et selon l'âge du chien; plus l'animal est jeune, plus il est sensible; les chiennes sont aussi peut-être plus sensibles que les chiens. Nous sommes dès lors en possession d'un excellent moyen de contention, dont nous allons étudiei' les effets, les indications, ainsi que les moyens de s'en servir.

Mais ici se présente une question générale que nous ne pouvons pas tarder plus longtemps à nous poser. Les animaux soumis à ces moyens de contention sont-ils dans un état physiologique? Les résultats que nous obtiendrons dans ces circonstances sont-ils légitimes et peuvent-ils être considérés comme des résultats normaux ?

Sans doute l'action de l'agent, quel qu'il soit, dont nous avons fait usage, cette action, quelle qu'elle soit, s'est portée sur certains éléments anatomiques; elle a modifié momentanément leurspropriétés, et l'on peut dire, à ce point de vue, que l'animal en question n'est pas dans un état normal. Mais qu'est-ce que l'état normal? Où trouver un animal qu'on puisse considérer comme présentant un état normal typique, idéal? Quand l'animal n'est soumis à l'action d'aucun agent, peut-on dire qu'il est à l'état normal? Non, sans doute. Si l'on a aflaire à un animal à jeun ou à un animal en pleine

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digestion, les conditions ne sont plus les mêmes et les résultats seront complètement différents. Si, par exemple, l'expérience a pour but d'extraire du sang de cet animal, d'en examiner la composition ou môme simplement la quantité, lequel de ces deux animaux (à jeun ou en digestion) était à l'état normal ? Ni l'un ni l'autre, ou si l'on veut tous les deux. C'est que ce que l'on appelle l'état normal est une pure conception de l'esprit, une forme typique idéiUe arlificiellement dégagée des mille divergences entre lesquelles flotte incessamment l'orofanisme au milieu de ses fondions allernatives et intermittentes. Il serait donc absurde de se perdre dans la recberche d'un état qui n'existe pas, cpii ne saurait exister. Celse avait déjà fait remarquer qu'un animal sur lequel on opère n'est jamais a l'état nortnal. Si on ne le soumet à aucun agent, mais si seulement il se débat, s'agite, il n'est pas plus à l'état normal que s'il est soumis à un agent de contention. Celse se servait de cet argument pour chercber à démontrer que les vivisections n'ont aucune rigueur, et par suite aucune valeur scientifique. Cuvier lui- môme, pénétré de ce desideratum d'un état normal imaginaire et impossible à réaliser, Cuvier repoussa les expériences au début de sa carrière, et voulait qu'on étudiât la physiologie par l'anatomie comparée, qu'on arrivât à déduire la fonction de l'organe de l'étude de son développement et de sa prépondérance dans la série animale.

Nous sommes loin, on le sait, de partager cette opinion. Nous pensons que l'expérimentation, malgré des difficultés sans nombre, peut être ramenée à des condi-

tions fixes et exemptes de causes d'erreur. Pour nous, tout animal est atout instant dans des conditions particulières qui l'écarlent, dans un sens ou dans un autre, du prétendu état normal; le tout est de déterminer exactement ces conditions, de tenir compte des circonstances. A l'époque où nous étudiions le sang veineux des glandes et où nous faisions remarquer que le sang veineux qui revient du rein est rouge comme du sang artériel, nous entreprîmes de nombreuses analyses pour déterminer la quantité d'oxygène contenu dans ce sang des veines rénales Or, nous arrivâmes parfois à ce résultat absurde, que le sang qui sort du rein contiendrait plus d'oxygène que le sang artériel qui y arrive. Cependant ce résultat était positif; il ne pouvait être absurde en lui-même , il s'agissait d'en saisir les circonstances. Une analyse attentive de nos expériences nous en rendit bientôtcompte. Nous prenions d'abord le sang de la veine, nous l'analysions, et nous laissions par suite écouler un certain temps avant d'aller puiser du sang dans l'artère. Or, pendant cet intervalle, et par suite même de la première saignée, l'animal s'était épuisé, son sang artériel était devenu, d'une manière générale, plus pauvre en oxygène; il ne pouvait plus à ce moment' être comparé à un sang veineux pris antérieurement sur l'animal plein de vigueur. Il fallait donc faire simplement que les circonstances fussent identiques et pour la saignée veineuse et pour la saignée artérielle.

Si nous sommes obligés de tenir compte de circonstances aussi délicates sur un animal qui n'a subi Taction d'aucun agent, nos expériences seront tout aussi

légitimes sur un aninial auquel on aura administré un anesthésique, pourvu que nous sachions tenir compte des circonstances nouvelles créées par l'action de celuici. Par suite de ces circonstances, chacun des moyens de contention physiologique aura ses indications spéciales que, disons-le dès maintenant, nous aurons soin de signaler exactement. Par suite encore, aucun de ces moyens ne sera à recommander d'une manière générale et absolue; chacun aura ses inconvénients et ses avantages dans tel ou tel cas et pour telles ou telles raisons que nous saurons spécifler. C'est ainsi que l'opium, arrêtant les sécrétions, ne pourra être mis en usage lorsqu'il s'agira d'étudier les fonctions des glandes; le curare, agissant sur le système nerveux, nous voilerait un trop grand nombre des pi'opriétés de ce système s'il était mis en usage comme moyen de contention lorsque nos expériences portent sur les centres ou sur les parties nerveuses périphériques. Nous donnerons donc, pour chacun des agents en question, ce qu'on appelle en thérapeutique ses indications et ses contre-indications.

Emploi de F opium (morphine). — Le chlorhydrate de morphine s'administre le plus souvent sous forme d'injection ; celle-ci peut se faire dans le tissu cellulaire sous-cutané, ou dans la plèvre, ou mêhie clans le poumon. Nous rejetons l'injection dans les veines, parce que dans ce cas on produit toujours un peu d'agitation, on amène des évacuations alvines souvent sanguinolentes, ce qui prouve qu'on produit dans ce cas une excitation qui est tout à fait étrangère à la stupéfaction

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que l'on cherche à obtenir. D'autre part, lorsque i'injection se fait dans les veines, l'eftetcontentif dure moins que lorsque la pénétration a lieu par une autre voie ; c'est que l'éhmination du poison est alors plus rapide. La plèvre est un excellent lieu d'injection ; c'est là que Magendie faisait toujours pénétrer de préférence les agents dont il voulait étudier l'aclion ; on n'a pour cela qu'à perforer un espace intercostal avec le trocart de la seringue. L'injection dans le poumon nous a aussi donné d'excellents résultats ; l'agent passe ainsi immédiatement dans le système artériel et va tout de suite impressionner les éléments analomiques sur lesquels il porte spécialement son action.

La dose que nous employons d'ordinaire est de 5 centigrammes, mais on peut donner au chien, sans aucun danger, une dose plus forte et même double de morphine, pourvu que ce sel soit bien pur. L'animal reste encore sensible: en touchant la cornée on provoque l'occlusion des paupières ; mais il est très-calme et se prête sans réaction aux opérations les plus délicates. Placé à terre, le chien peut encore se mouvoir, marcher, aller se cacher; placé dans la gouttière à vivisection, il y demeure immobile et stupéfié ; jamais il ne cherche à mordre, quelque opération qu'on, lui fasse subir; il sent la douleur, mais il a pour ainsi dire perdu l'idée de la défense. Aussi ce moyen de contention est-il excellent pour les opérations que l'on doit faire dans la cavité buccale.

Le chien est l'animal le plus facile à stupéfier par la morphine, et comme c'est sur lui que le physiologiste

expérimente le plus souvent, nous avons donc dans le principe de l'opium un des plus précieux moyens de contention.

Après les avantages, il nous faut énumérer les inconvénients de l'opium.

Jl faut d'abord savoir que l'animal s'habitue singulièrement à cet auvent et arrive à une tolérance trèsgrande, et qui, du reste, n'a rien qui nous étonne après les exemples semblables et bien connus que nous présente l'histoire des mangeurs d'opium. Le lendemain du jour où un chien a été soumis à l'action de la morphine, il faut presque une dose double j^our amener les mômes effets que la veille. Cette accoutumance persiste longtemps, alors même qu'on interrompt quelques jours l'administration de l'opium ; il faut purger les animaux pour les sousti'aire à l'influence de la morphine absorbée antérieurement et leur rendre leur sensibilité primitive à cet agent.

Il faut encore ne pas oublier que la morphine arrête les sécrétions, que par suite elle arrête la digestion ; ce moyen de contention n'est donc pas à reconmiander pour l'étude des fonctions digestives-

Au milieu de la stupeur produite par la morphine, les animaux sont encore très-excitables par certaines impressions: ils tressaillent vivement quand on produit un bruit subit, un choc. C'est une excitabilité particulière qu'on remarque non -seulement chez le chien, mais encore sur une grenouille : en frappant vivement du pied le sol du laboratoire, en faisant vibrer par un choc brusque la planche ou la table sur laquelle repose l'ani-

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mal, on le voit SLibiteiiiciit sursauter, pour retomber aussitôt dans son calme habituel.

La morphiiK) peut être employée à peu près avec les mômes avantages sur les différents mammifères; elle réussit également sur les oiseaux ; mais c'est sur le chien, nous l'avons dit, qu'elle réussit le mieux, et c'est pour cet animal qu'elle est surtout indispensable.

De fêther et du chloroforme (soit seuls, soit associés à l'opium). — L'anesthésie par l'éther ou le chloroforme était inconnue des anciens expérimentateurs comme des anciens chirurgiens. Nous avons fait ailleurs l'historique de la découverte de ces anesthésiques; rappelons seulement que ce n'est qu'à partir de 18/t8 que l'anesthésie par l'éiher est devenue pratique et d'un usage assez répandu (d'abord en Amérique, Jackson et le dentiste Morton) ; puis est venu l'usage du chloroforme (Simpson d'Edimbourg), sans que toutefois ce dernier aneslhésique remplaçât partout le premier : ainsi les chirurgiens de Lyon sont restés fidèles à l'éther, dont ils considèrent l'usage comme plus sûr que celui du chloroforme.

Nous avons commencé nos travaux de physiologie à une époque où l'on n'employait pas les anesthésiques; puis est venu l'éther, puis le chloroforme. Nous avons donc pu comparer successivement, au point de vue des vivisections, les inconvénients elles avantages qui résultent de ces diverses manières d'expérimenter. Enfin uous avons combiné le chloroforme avec l'opium, et nous croyons avoir réalisé ainsi le plus complet des procédés d'aneslhésie physiologique.

Le chlorofonii(3 est un agent plus actif que l'éther, mais en même temps plus dangereux; il anesthésie plus vite; mais, chez certains animaux délicats, il amène plus facilement des accidents et la mort par syncope ou par asphyxie (1). Les vétérinaires préfèrent généralement l'usage de l'éther. En physiologie expérimentale, ces deux agents doivent être conservés, mais employés l'un de préférence à l'autre selon la taille des animaux, selon leur susceptibilité, et selon les conditions particulières que nous préciserons en temps et lieu. Mais, d'une manière générale, on peut dire que l'éther convient pour les oiseaux, pour les lapins et pour les petits animaux, tels que les souris, les rats. Le chloroforme, au contraire, convient pour les chiens, les chats, pour les chevaux, etc., etc. En effet, l'éther agit trop lentement sur ces derniers animaux, et il ne donne que rarement des effets assez complets. Par contre, le lapin, et en général les rongeurs utilisés en physiologie, est très-sensible au chloroforme, et il est très-facile de dépasser la dose que supportent ces animaux.

On a beaucoup parlé dans ces derniers temps de l'emploi du chloral en chirurgie ; on a attribué l'action de cet anesthésique, pris à l'intérieur, à ce qu'il se décomposerait dans l'organisme et donnerait naissance à du chloroforme. Le chloral agirait donc, en dernière analyse, par le chloroforme qui se produit grâce au dédoublement qui a lieu en présence des milieux alcalins. S'il en est ainsi, il est probable que le chloral combiné avec la morphine devrait produire des effets

(1) Leçons sur les anesthésiques. Paris, 1875. — Physiologie générale.

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identiques à ceux que nous étudierons bientôt. Nous avons fait de nombreuses expériences dans ce sens et jamais nous n'avons obtenu ce résultat : ainsi Texcitabilité particulière au choc, au bruit subit qui caractérise la stupeur produite par la morphine, cette excitabilité n'a jamais disparu par l'administration du chloral. Ce résultat est donc contraire à l'hypothèse que le chloral agit en donnant naissance à du chloroforme, car ce dernier agent, quand on le combine à la morphine, produit toujours les effets indiqués, de quelque manière qu'on l'administre à l'animal, aussi bien quand on l'injecte sous la peau que quand on le fait absorber par la voie pulmonaire.

Ainsi le chloral ne nous sera d'aucune utilité au point de vue des vivisections.

Nous ne saurions nous occuper ici de la théorie des anesthésiques : cette question a été longuement traitée dans nos leçons sur les anesthésiques. Le point de vue pratique auquel nous nous plaçons ici demande que nous examinions plus particulièrement les manœuvres employées pour produire l'anesthésie, c'est-à-dire pour administrer les agents anesthésiques.

Pour administrer ces anesthésiques et particulièrement le chloroforme, nous nous servons, pour le chien, d'une muselière en forme de cône tronqué (fig. 33); l'extrémité de cette muselière reçoit une petite boîte grillée (a), dans laquelle on place une éponge (fig. 33, n-' 1 , 2) imbibée de chloroforme. Il est donc très-facile, en introduisant ou en enlevant cette petite boîte, de commencer et d'interrompre à volonté l'administration de

'|()0 CONTENTION DKS AMMAUX.

ranesthésiquc. Au déhut du raiiostliésic, on voitrani-

TiG. 33. — Muselière pour l'aiicstliésie du chien : n" i, la muselière est appliquée à runimal ; n' 2, son exlrémité est vue en coupe.

b, corps lie la muselière; il, prolon<^omciit porlnut le lien qui sert à la fixer; a, lioîte <losiiiioe à recevoir l'éponge inibibéo de clilDroforuie. (Le détail de cette partie, ligurt! à part, montre que cette boîte se compose de deux parties, l'une («') qui fait corps avec la muselière, l'autre (a) mobile et qui peut être enlevée à volonté

mal s'agiter assez vivement, plus vivement et plus long-

FiG. 34. — Autres formes de muselière pour l'ancsthésie du tliion.

4, parties en cuir ou drap épais embrassant exactement la forme du museau ; - et ?>, parties

métalliques, avec boite (3) comme ci-dessus.

temps qu'il ne le fait quand il a déjà été soumis à l'action de la morphine (voy. plus loin).

Il arrive souvent, si l'on donn(3 tout d'abord une trop grande quantité de chloroforme, que l'animal soit

FiG. 35. — AppHcation du cette muselière, et dotails de la construction de la boîte

à chlorofornio.

comme sidéré par la trop grande abondance des vapeurs qu'il respire. On peut alors, si le cœur bat encore, et souvent il bat d'une façon imperceptible, rappeler l'animal à la vie en l'excitant énergiquement, par exemple en lui injectant, à l'aide d'une seringue, de l'eau dans le nez avec une certaine violence. On rétablit ainsi les mouvements respiratoires arrêtés. L'application de l'électricité peut aussi rendre alors de grands services; c'est un moyen auquel les chirurgiens ont recours en pareil cas et dont les expériences de Jobert de Lamballe ont démontré l'efficacité.

Pour chloroformer les grands animaux, ou se sert d'appareils analogues à celui que nous venons d'indiquer pour le chien. Ainsi les vétérinaires appliquent sur le museau du cheval un sac qui rappelle tout à fait la muselière précédente et dont Gourdon nous, donne le dessin dans sa Chirurgie vétérinaire.

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