CL.. BERNARD. — Pliysiol. opér
^f^^f) Al'PARlilLS d'un usage GÉNÉRAL.
on conliniie à rapprocher les branches du souftiet, la soupape s'ouvre et l'élasticité des poumons déplace l'air, qui s'échiippe ; l'expiration se produit.
Pour que les mouvements du soufflet se produisent d'une manière rhythmique, il y a tout avantage à remplacer la main d'un aide par une machine représentant une source régulière et suffisante de force et par suite de travail mécanique. On peut utiliser à cet etfet la force d'un poids qui par sa chute met en mouvement un mécanisme analogue à celui d'une horloge ou d'un tourne-broche : telle est la machine de Schwann (fig. 64).
L'appareil de Schwann (fig. 64) est formé par un appareil d'horlogerie mis en mouvement par un ressort. La figure 64 (n"' i et 5) donne tous les détails de sa construction ; quoique un peu compliqué, cet appareil peut être décrit connue type.
i" L'appareil moteur se compose d'une caisse A (fig. 64, n" i) renfermant le mécanisme d'horlogerie; cette caisse est en laiton ; elle a un diamètre de ^6,2 centimètres sur 17,5 de profondeur. La coupe horizontale (fig. 64, n" 5) donne les détails de son contenu (voyez l'explication de la figure).
^'^ Le soufflet B est fixé sur la planche qui supporte tout l'appareil et communique, par un excentrique, avec l'axe ,y ; mais on peut le placer aussi sur l'axe /, si l'on veut avoir un mouvement trois fois plus lent. Il suffit, du reste, en général, de régler la vitesse par le volant // — (voyez l'explication de la figure). On règle la profondeur de la respiration par l'excentrique de l'axe 'y.
FiG. 64. ■— Appareil de Sclnvami pour la respiration arlilîcielle.
1, vue géne'rale de l'appareil ; 2, coupe horizontale de la caisse A, montrant les détails du mccanisnie moteur : — a, liarillet du ressort ; l'axe du ressort travi'rs(^ d'un côté le fond de la boîte (eu m) et de l'autre côté inic plaque en laiton formant la moitié d'un diaphrag-nie (c), au milieu de la caisse. Ce res ort asfit an moyen d'une chaîne articulée en acier ((/), sur la fus^'e (b) ; celle-ci commuuiipu^ le mouvement à son axe (e), et successivement, par des rouages engrenés, aux antres axes f, g, h, i; — k est un petit levier servant à arrêter le mouvement ; l est un apiKireil pour monter le ressort par la fusée; m sert à lui donnrr la li>nsion. — Un volant (», hg. i) est appliqué sur le dernier mobile (i).
2*28 APFARlilLS d'un USAGE GÉNÉKAL.
Un tube en T (C, fig. 64, n° i) renferme les deux soupapes d'enti-ée et de sortie. L'air entre par le robinet F. Celui-ci a trois ouvertures : une antérieure qui s'ouvre librement à l'extérieur, une postérieure garnie d'un flacon tubulé pour recevoir du chloroforme sur de l'étoupe, et une troisième traversant l'axe du cône du robinet, ouverture qui conduit l'air, par un tuyau en gomme élasti([ue, dans le tube C. Le cône du robinet est traversé d'avant en arrière, de manière qu'on peut aspirer l'air libre ou l'air chloroformé.
D est un tube en argent destiné à être lié, par son bout antérieur ou droit, dans la trachée de l'animal ; il en faut donc de divers calibres ; les deux extrémités postérieures ou gauches (dans la tigure) communiquent par de longs tubes en caoutchouc, entre lesquels se trouve la tête de l'animal, avec le tube C et le robinet E ; la quatrième ouverture (la verticale) du tube multiple D sert à permettre la respiration naturelle de l'animal avant le jeu du soufflet. Le robinet E sert pour la sortie de l'air expiré. On l'ouvre assez pour que l'air vicié soit sorti des poumons quand le nouvel air arrive.
Cet appareil fonctionne avec régularité pendant environ un quart d'heure.
Nous nous sommes servis, pendant quelque temps, au laboratoire du Collège de France, d'un appareil analogue : le ressort était remplacé Jpar un poids; la chaîne et la fusée étaient donc superflues, mais il fallait une table-support toute particulière et une installation gênante pour donner une course suftisante au poids moteur.
L'insuffisance de sa force molricc et le peu de durée de son mouvement nous l'ont fait l)ienlôt abandonner. Nous préférons faire usage de la pression très considérable de l'eau fournie par le robinet du laboratoire ; cette pression vient agir, comme la force d'expansion de la vapeur d'eau, sur une petite macbine qui fonctionne exactement comme une macbine à vapeur. Nous avons ainsi un mouvement de force suffisante et d'une durée indéfinie, de telle sorte que nous ne sommes plus interrompus dans une expérience par la nécessité de remonter l'appareil.
Les laboratoires d'Allemagne ont en général à leur disposition une macbine à vapeur ([ui leur fournit la force motrice nécessaire pour une foule de travaux, et entre autres pour opérer une ou plusieurs respirations artificielles à la fois.
Appareils divers. — Nous terminerons en citant seulement quebjues appareils et quelques réactifs qui sont d'un usage trop général pour que le physiologiste ne les ait pas toujours tout prêts sous la main.
Telle est la balance qui servira à peser les animaux mis en expérience. A une époque où les recherches tendent à se faire avec tant de précision, oi!i l'on expérimente avec des doses exactes de poisons ou de médicaments, où l'on rapporte même nombre de données, par exemple le résidu solide de certaines excrétions, à l'unité de poids de l'animal, il est important de trouver immédiatement dans l'exposé d'une expérience des renseignements précis sur la force, la taille, les conditions particulières de l'animal ; de tous ces rensei-
^30 APPAREILS d'un USAGE GÉNÉRAL.
gnemenls, celui qui se rapporte au poids est le plus précieux. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il faut noter également si l'animal est à jeun ou en digestion. En un mot, avant tout, après avoir fait tous ses efforts pour obtenir une grande précision dans la dose des agents chimiques, dans la force des agents mécaniques, etc., que Ton applique au sujet en expérience, i! faut s'attacher à déterminer avec une égale précision toutes les conditions que présente ce sujet.
Est-il besoin d'insister sur la nécessité d'avoir toujours sous la main les rcacîifs chimiques les plus utiles en jihysiologie? N'a-t-on pas à chaque instant à rechercher la réaction acide ou alcaline d'un liquide ou d'un tissu (muscle, par exemple)? Les réactifs qui nous décèlent la présence du sucre ne sont pas moins indispensables, car on sait de quelle importance est la recherche de ce pi'incipe dans le sang ou dans l'urine.
Enfin, le microscope doit toujours être sous la main du physiologiste, et, aujourd'hui que nous portons si attentivement nos recherches sur les phénomènes que présentent les éléments anatomiques eux-mêmes, il ne suffit pas du microscope, mais il faut y joindre les appareils qui nous permettent d'étudier avec lui les éléments anatomiques dans leur état de vie, c'est-à-dire le plus souvent dans leur état de mouvement (cils vibratiles, etc.) ; nous voulons parler des chambres chaudes (è\ chambres humides (fig. 65).
Une lame de verre un peu grande et polie [d] porte l'objet à la manière ordinaire. Un anneau en verre également poli entoure, à une certaine distance, l'objet,
POMPE A MERCllRt:. 'îlSi
et son bord inférieur {a) repose sur la lame qui supporte la préparation. Ou attache aussi solidement que possible une espèce de bourse [ô) en caoutchouc trèsmince à la partie supérieure de l'anneau. L'ouverture de cette bourse (c), entourée d'un petit cordon en
FiG. 05. — Chambre liiiiuiile.
caoutchouc, contient l'anneau ou le tube du microscope. Pour maintenir saturé d'humidité l'intérieur de cette chambre ainsi isolée, on place en dedans de l'anneau en verre deux bandelettes de moelle de sureau ou de papier buvard imprégnées d'eau; on enveloppe, en outre, exlérieurement le bord inférieur de l'anneau avec des bourrelets de papier buvard préalablement mouillés. Pompe Cl mercure. — ha pompe ou machme pneumaiique à mercure est un appareil d'un usage général pour l'extraction des gaz ; elle est indispensable pour toutes les recherches sur les gaz du sang. Cette machine est construite d'après le môme principe que le baromètre. Elle se compose en effet d'un tube de verre (fig. 66) d'environ 1 mètre de hauteur, placé verticalement contre une planche ou support; le tube se continue à sa partie inférieure avec un fort tube de caoutchouc (I, fig. ^^^)^ lequel aboutit d'autre part au
232 APPAREILS d'un usage général.
fond d'une cuvelte (B) de forme sphérique qui s'ouvre à l'air libre. Cette cuvetle peut être élevée ou abaissée îi différents niveaux le long de la planche qui supporte le tube barométrique. L'autre exlrîmilé de ce tube (l'extrémité supérieure) présente un renflement (A) qui forme une chambre barométrique assez considérable. Enfin le sommet de cette chambre barométrique est muni d'un l'obinet à trois voies (D), qui permet d'établir en ce point une fermeture complète, ou de faire communiquer la chambre barométrique avec un tube horizontal ou avec un tube vertical. Ce dernier tube est entouré d'un entonnoir de verre. Celte partie de l'appareil porte une petite cuve cà mercure (R) qui sert à recueillir les gaz dégagés par le vide qu'on a produit. A la partie inférieure du tube barométrique on a fixé un long tube de caoutchouc (I) à parois épaisse?, qui s'attache d'autre part à la partie inférieure de la cuvette B pleine de mercure. Ce tube de caoutchouc rend la cuvette mobile et permet de l'élever jusqu'au niveau de la cuve R.
Cette courte description, que complète la figure 66, suffit pour nous faire comprendre la manœuvre de cet appareil. Supposons la cuvette placée à un niveau inférieur et remplie de mercure. Si on élève cette cuvette, le mercure monte dans le tube barométrique, et si le robinet est tourné de façon à permettre à l'air de s'échapper par le tube vertical, le mercure monte jusqu'au niveau oii a été élevée la cuvette, en vertu du principe des vases communicants ; on peut ainsi chasser tout l'air, et si alors ou ferme le robinet à trois voies, on se
PGMrE A MERCURE.
trouve en présence d'un véritable baromètre, c'està-dire qu'en abaissant la cuvelte on produit le vide
FiG. GO -- Pompe à mercure
barométrique dans la cbambre supérieure du tube. Si alors on met, par le jeu du robinet à trois voies et pai*
^34 APPAREILS d'un USAGE GÉNlllRAL.
le tube horizontal, la chambre baroinétrique en communication avec un ballon contenant le liquide dont on veut extraire les gaz, il est évident que ces gaz seront aspirés avec une grande force dans la chambre barométrique. On fermera alors le robinet à trois voies, et, en remontant la cuvette, on comprimera fortement dans cette chambre les gaz qui y ont été introduits; mais en tournant le robinet de manière à laisser passer ces gaz par le tube vertical (E), il sera facile de les recueillir dans une éprouvelte pleine de mercure et renversée sur l'extrémité de ce tul)e, dans l'entonnoir (R) également rempli de mercure. En renouvelant un certain nombre de fois cette série de manœuvres, on arrivera bientôt à extraire tous les gaz dissous dans le liquide en question et à les recueillir dans l'éprouvetle disposée à cet effet.
Appareil enrecjistreur . — L'appareil enregistreur (fig. G7) se compose en principe d'une surface enduite de noir de fumée et mue d'un mouvement uniforme. Un léger levier ou style écrivant^ qui est mis en mouvement par l'acte mécanique que l'on veut étudier (contraction d'un muscle, pulsation d'une artère, etc.), vient par son extrémité effilée frôler contre cette surface el y laisser un sillon dont les élévations et les abaissements marquent les différentes phases du phénomène enregistré.
Marey, qui a répandu et porté à un si haut degré de perfection l'usage de la méthode graphique, a tracé l'histoire des premiers essais suivis dans cette voie. On s'est successivement servi de disques tournants ou d'une plaque de verre qu'un petit chariot faisait cheminer sur