‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 53 sur 163 · CL. BERNARD. — Physiol. opér · texte numérisé non relu

CL. BERNARD. — Physiol. opér

corps simples, par l'oxygène qui entre dans le plus grand nombre des combinaisons, pour étudier ensuite des corps de plus en plus composés, des acides, des bases, des sels. Il semblerait peut-être au premier abord qu'il n'en est pas de même de la physiologie ; que les fonctions de l'organisme s'enchaînent les unes aux autres de façon à former une sorte de cercle qu'il faut artificiellement briser pour commencer l'étude par un point que Ton pourrait croire indifférent. Mais il n'en est pas ainsi, ou du moins il ne peut plus en être ainsi dans l'état actuel de nos connaissances.

Nous avons en effet aujourd'hui la notion non-seulement des organes et des tissus, mais encore celle des éléments anatomiques, et nous savons que, de même que l'organisme entier vit dans un milieu extérieur qui est l'air ou l'eau, de même les éléments anatomiques vivent dans un milieu intérieur qui est le sang. La physiologie, la pathologie, la thérapeutique ellemême sont dominées par cette notion. C'est dans le sang ({ue la médecine moderne cherche et doit chercher l'explication de la plupart des phénomènes qu'elle observe.

C'est donc par le sang que nous commencerons le plus léghimement nos recherches, d'autant plus que cette étude, par ses divisions naturelles, nous présentera comme un type de l'ordre que nous devrons suivre à propos de tous les autres systèmes.

Nous trouverons en effet d'abord dans l'anatomie les données nécessaires pour localiser les phénomènes que nous avons à étudier; puis la physique et la chimie

NOTIONS ANATOMIQIJES. "ritô

nous serviront à expliquer ces phénomènes, tels que les différences de température que présente le sang d'une région à une autre, ou les modiflcations qu'il subit dans sa composition en traversant tel ou tel viscère. Enfin, l'histologie nous amènera à porter ces localisa* tions anatomiques et ces explications physico-chimiques jusque sur certains éléments même du sang, jusqu'aux globules rouges, et nous trouverons dans Thématine qui les compose des propriétés qui nous rendront compte des phénomènes les plus intimes de l'absorption de l'oxygène et du mécanisme de certaines intoxications.

Nous étudierons donc, i)armi les opérations qui se pratiquent sur l'appareil circulatoire, celles qui sont indiquées par les dispositions anatomiques de cet appareil : telles sont les injections intra-veineuses ou inlraartérielles; telles sont les applications de sondes qui nous permettent d'aller puiser le sang à te ou tel niveau, et de déterminer, par un cathétérisme particuliei', la température des diverses régions de l'arbre artériel ou veineux. On peut établir ainsi une sorte de climatologie du milieu dans lequel vivent les éléments anatomiques. Les notions anatomiques nous seront également trèsprécieuses pour arriver, par le cathétérisme, jusqu'à l'organe central de la circulation, jusqu'au cœur.

D'une manière toute spéciale, nous traiterons de la circulation capillaire, des circulations locales^ ce qui nous amènera à nous occuper des expériences relatives à l'absorption en général, car c'est un phénomène qui a son siège dans le réseau capillaire des organes, et parti-

CLilièremeiît dans le tissu cellulaire qui les sépare el les unit en même temps.

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