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QUATORZIÈME LEÇON

Sommaire : Élude expérimentale de l'appareil circulatoire. — Un appareil circulatoire n'est qu'un appareil de perfectionnement. — Apparition de cet appareil chez l'embryon. — Sa forme chez les animaux supérieurs. — Différentes parties dont H se compose chez les animaux supérieurs. — Importance des vaisseaux capillaires. — Diverses expériences pour montrer que tous les phénomènes essentiels de la nutrition se passent au niveau des capillaires.

Étude du système capillaire. — Système lacunaire des animaux inférieurs. — Sphincters prélacunaires de quelques articulés ; leur analogie avec l'ensemble formé par les parois musculaires des artérioles des animaux supérieurs. — Capillaires sanguins et capillaires lymphatiques. — Développement et disposition des réseaux capillaires; ils sont indépendants du reste de rappareil circulatoire, aussi Lien au point de vue de leur genèse qu'au point de vue de leurs fonctions.

Messieurs,

La vie réside exclusivement dans les éléments organiques du corps; tout le reste n'est que mécanisme. Les organes réunis ne sont que des appareils construits en vue de la conservation des propriétés vitales élémentaires.

Avant d'aborder l'étude de l'appareil de la circulation, nous devons donc nous demander quels sont les rapports généraux des divers appareils de l'organisme avec les éléments des tissus, avec les cellules organiques. Ces ensembles d'organes, qu'on appelle des appareils anatomiques, sont indispensables au jeu de l'organisme, mais non à la vie elle-même. Ils ne représentent que

de simples niécanisnies de perfectionnement, rendus nécessaires par la complication des amas considérables d'éléments analomi(|ues ([ui constituent un organisme plus ou moins supérieur.

Ces appareils d'organes, disons-nous, sont utiles, mais non indispensables à la vie des cellules. En effet, on conçoit et l'on observe des cellules vivant isolément dans le milieu extérieur, par exemple les animaux monocellulaires. La cellule reçoit ainsi directement les excitations cosmiques, qui la font agir, car cette cellule, inerte elle-môme en tant que matière, ne jouit d'aucune spontanéité et ne manifeste ses propriétés que sous l'influence d'une excitation extérieure. Cette nécessité pour l'élément anatomique de recevoir du milieu dans lequel il vit les excitations qui mettent en jeu ses propriétés, cette nécessité est un fait fondauiental en physiologie et en pathologie.

Mais dès que d'une simple cellule, comme celle (|ui compose à elle seule le corps d'une amibe, d'un infusoire, nous passons à un organisme composé d'une réunion d'innombrables cellules ou éléments anatomiques, nous comprenons qu'un système circulatoire, un système nerveux, etc., devieiment nécessaires; car comment les éléments placés dans la profondeur, loin du milieu extérieur, pourraient-ils en recevoir les excitations? il faut des appareils qui se chargent de recueillir ces excitations et de les leur transmettre.

C'est ainsi que l'appareil circulatoire devient nécessaire, et c'est lui, c'est-à-dire le sang, qui, se chargeant des principes nutritifs ou respiratoires, va les porter vers

SON PERFECTIONNEMiiNT DANS L ÉCHELLE ANIMALE. 305

les éléments anatoiirques, pour lesquels il devient, je le répète , le véritable milieu intérieur. Pour constater celte apparition graduelle des divers systèmes, et notamment du système circulatoire, à mesure que l'organisme se complique et représente un agrégat plus considérable de cellules, nous n'avons pas besoin de parcourir l'échelle animale; il nous suffit de nous adresser à un même individu, mais en le considérant dès les premières périodes, au début de son développement. Si nous observons ce qui se passe lors de la formation du blastoderme du poulet, par exemple, nous voyons que dès que cette membrane, cet amas formé de cellules primitivement identiques, a atteint un développement assez considérable pour que les éléments situés loin de la surface ue puissent plus que difficilement se mettre en rapport avec les milieux nutritifs, nous voyons qu'aussitôt se forme un système d'irrigation destiné à rendre ces échanges possibles.

Aussi l'appareil circulatoire, qui en somme n'est qu'un système d'irrigation, présente-t-il , chez les diverses classes du règne animal, tous les degrés de perfectionnement les plus variés, correspondant aux déférés de complication de ces organismes dans l'échelle zoologique.

Chez quelques animaux inférieurs, par exemple chez les acalèphes, l'appareil digestif et l'appareil circulatoire ne sendjlent former qu'un seul et même système gastrovasculaire. Chez les sertulariens, une cavité cylindrique occupe toute la longueur du corps et conmiunique librement au dehors par la bouche : l'eau de mer pénètre

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