‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 66 sur 163 · ARTÉRIOLES ET CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

ARTÉRIOLES ET CAPILLAIRES

dits, on voit que tous les éléments précédents disparaissent : plus de tunique élastique, plus de tunique musculaire; car les tuniques moyenne et externe du vaisseau ont en quelque sorte cessé d'exister. Il ne reste plus pour coustituer le capillaire que la tunique interne de l'artère, membrane formée de minces cellules épithéliak s juxtaposées. Aussi ces petits vaisseaux ont-ils pour propriété essentielle de permettre le contact entre le sang et les éléments anatomiques. C'est pour cela que, par leurs nombreuses anastomoses, ils forment des mailles dans lesiiuelles sont placés ces éléments anatomiques. Nous voyons que, par exemple, dans le foie, chaque maille ne contient que deux ou trois cellules hépatiques; que, dans le muscle, chaque fibi'e musculaire est placée dans une sorte de cage ou treillis formé par des capillaires sanguins anastomosés, etc.

Chose bien remarquable et qui ne doit déjà plus vous surprendre après ce que nous avons vu précédemment, la forme de ces réseaux capillaires varie selon chaque organe, chaque tissu, et présente dans chacun d'eux un aspect caractéristique. On peut, sur une préparation microscopique qui n'a conservé de visible que les mailles des capillaires d'une région, reconnaître si ces mailles entouraient des muscles, des culs-de-sac glandulaires, des papilles dermiques, des cellules pulmonaires, etc. Un aspect aussi caractéristique doit évidemment être en rapport avec les propriétés mêmes des éléments de tissu, et c'est en effet ce que je vous ai déjà fait prévoir dans la série des considérations exposées dans la dernière leçon .

318 APPAREIL CIRCULÂÏOIRE.

Les capillaires des vertébrés contiennent du sang roupie; les lacunes des invertébrés contiennent et donnent passage à du sang blanc.

D'après ces différences du contenu, quelle comparaison, (juelle analogie pouvons-nous chercher à établir entre ces deux systèmes de circulation élémentaire?

Dirons-nous que les lacunes des invertébrés correspondent aux espaces lymphatiques des vertébrés, de sorte que les premiers n'auraient en réalité qu'un système lymphatique et pas de véritable système sanguin ? Considérerons-nous les vertébrés comme possédant seuls des capillaires ou espaces sanguins, quelle qu'en soit, du reste, la nature au point de vue des parois?

Si, comme nous devons le faire, en effet, nous ne nous attachons qu'au contenu de ces vaisseaux ou espaces, nous n'avons pas à nous inquiéter de ces diverses questions ni à établir ces distinctions artificielles. Pour nous, la lymphe et le sang sont une seule et même chose: la lymphe est du sang moins les globules rouges; mais au point de vue de la nutrition, au point de vue du milieu intérieur, nous n'avons à tenir compte que du plasma : le globule rouge n'est lui-même qu'un élément anatomique particulier qui vit dans ce plasma, avec cette seule particularité qu'il s'y meut, qu'il y circule pour remplir des fonctions spéciales. I

Ainsi, puisque le plasma est le véritable milieu intérieur, et que ce plasma circule aussi bien dans les lymphatiques que dans les vaisseaux sanguins, et dans les lacunes des invertébrés aussi bien que dans les capillaires de l'homme, nous n'avons pas à nous demander

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