CAPILLAIRES ET LACUNES INÏERORGAXIQUES. -SU
si les iuvei'lébrés ne possèdent qu'un système lyuiphatique. A ce compte, il faudrait, d'autre part, dire que toute une classe nombreuse de vertébrés possède à peine un système lymphatique, puisque, chez les oiseaux, les vaisseaux de ce genre sont extrêmement rares ou ne sont représentés que par des canaux très-courts et difficiles à constater.
Le plasma et les globules blancs qu'il renferme, auss bien le plasma sanguin que le plasma lymphatique, traversent très-facilement, comme l'ont démontré les recherches récentes, les parois des capillaires pour se répandre dans les interstices des éléments organiques. Nous voyons donc combien il serait artificiel, au point de vue physiologique, de vouloir chercher une distinction absolue entre le contenu des capillaires sanguins et celui des capillaires lymphatiques, aussi bien qu'entre les divers capillaires des vertébrés et les lacunes des invertébrés.
Ce sont les espaces organiques situés entre les éléments anatomiques qui, ainsi imbibés par le plasma, sont le siège des phénomènes de la nutrition : c'est dans ces espaces que le système lymphatique vient puiser son contenu, ainsi que Font démontré les recherches de M. Ranvier sur le tissu conjonctif et l'origine des lymphatiques. Ces rapports restent les mêmes, quelles que soient les dimensions de ces espaces lacunaires, qu'ils soient représentés par ôes gaines lymphatiques^ par les mailles du tissu conjonctif ou par les grandes cavités séreuses. En effet, les recherches récentes ont démontré à la fois, et la communication directe des capillaires
:>i>0 APPAREIL CIRCULATOIRE.
lymphatiques avec les cavités, telles que celles du péiitoine, de la plèvre, et le fail que ces cavités, en raison même de leur mode de production, n'étaient, en somme, que de vastes mailles du tissu conjonclif très-dilatées et fusionnées. J'ai montré et nous verrons, en effet, qu'en injectant un gaz peu soluble (azote, hydrogène) dans le tissu cellulaire sous-cutané, chez un lapin par exemple, nous déterminons dans ce tissu la formation d'une vaste cavité qui présente bientôt tous les caractères d'une véritable séreuse.
Après avoir étaljli ces rapports intimes entre les capillaires et les lacunes interorganiques, revenons aux capillaires sanguins proprement dits. En les examinant au fur et à mesure de leur formation, nous voyons que cet appareil se constitue successivement dans les régions on son rôle devient indispensable, \u l'activité des échanges nutritifs qui se produisent en ces régions. Ainsi, si l'on observe un embryon de poisson, dont le corps est assez transparent pour se prêter à toutes les études de ce genre, on voit que les capillaires sanguins se développent d'abord sur la vésicule ombilicale, dont le contenu doit être résorbé pour fournir les matériaux de nutrition à l'embryon. Dans le corps, il n'y a en ce moment aucune formation de circulation capillaire. Plus tard, lorsque les échanges respiratoires vont se localiser, au niveau des branchies, on voit les vaisseaux branchiaux se modifier : ils représentaient d'abord des troncs sanguins relativement volumineux, conduisant directement le sang, venu du cœur, jusque dans Taorte, où la pulsation cardiaque se transmettait visiblement.
capillaires; lllk ioumatiox. .-^"21
Mais lorsque va commencer la fonction branchiale, on voit des capillaires se développer sur le trajet des vaisseaux branchiaux, se substituer à eux, de telle sorte que le saniï, parti du cœur, traversant, avant d'arriver dans les artères à sang rouge, un réseau capillaire, ne présente plus dans l'aorte les pulsations que l'on pouvait observer chez l'embryon.
Les capillaires se forment donc là où leur |)résence est devenue nécessaire pour les échanges nutritifs ou respiratoires, et leur présence amène les plus grands changements dans les conditions purement mécanicpies de la circulation ccénérale.
Quant au mode même de formation des vaisseaux capillaires, il a été mis en lumière, notamment par des recherches de M. Kanvier ; ces recherches ont appris que les capillaires, dont nous venons de faire ressortir l'indépendance relative au point de vue fonctionnel, se forment également d'une manière tout à fait indépendante. Chaque organe forme sa circulation capillaire, car cette circulation doit lui être [iropre. doit être constituée d'après un type qui n'appartient qu'à lui. Observant, en effet, le développement des capillaires dans le grand épiploon du jeune lapin. M. Ranvier a remarqué, sur les points qui vont se vasculariser. u'.i aspect qui leur a fait donner le nom de taches laiteuses. Ces taches renferment des cellules particulières nommées cellules vaso- formatrices, qui présentent des ramiûcations anastomosées et canaliculées, dont l'ensemble représente parfaitement un réseau capillaire.