CL. BERNARD. — Plivsiol. opér
les limites, à en rechercher les causes et le mécanisme intime.
Vous voyez ici un certain nombre de grenouilles curarisées et qui, comme celles que je vous montrais précédemment, présentent une énorme réplétion du sac lymphatique sublingual. Ces animaux, conservés dans un lieu humide et frais, resteront dans cet état pendant quatre, cinq et même dix jours; puis, ayant éliminé le curare qui paralysait les extrémités périphériques de leurs nerfs moteurs et leurs cœurs lymphatiques, ils recouvreront leurs mouvements volontaires, et en même temps la dilatation des cavités lymphatiques s'effacera, la lymphe sera résorbée, tout rentrera dans l'état normal.
Voici un lapin qui a été curarisé jusqu'à la limite qui arrête tous les mouvements, moins ceux qui sont essentiels à la vie, c'est-à-dire moins les mouvements respiratoires. Je vous l'ai fait observer déjà bien des fois, quand on connaît bien la susceptibilité de l'organisme, quand on a su préciser, en la dosant exactement, l'action des substances toxiques, on est maître de produire les phénomènes toxiques dans telle limite qu'on s'est proposée d'avance. Nous savons par de nombreux essais qu'en injectant 2 milligrammes de curare par kilogramme d'animal, on paralyse tous les mouvements, moins ceux de la respiration. Ce lapin pèse près de 2 kilogrammes; il a reçu sous la peau 4 milligrammes de curare : au bout de quinze minutes il est tombé, mais il n'est pas mort; la respiration continue à se faire spontanément.