‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 86 sur 163 · VASO-MOTEURS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

VASO-MOTEURS LYMPHATIQUES

Nous pouvons constater chez lui , mais dans des limites beaucoup plus restreintes que chez les grenouilles, que les cavités séreuses, péritonéales, pleurales, contiennent une certaine quantité de sérosité, et que son tissu cellulaire est beaucoup plus humide que celui d'un lapin normal, surtout d'un animal à jeun. En effet, pendant la digestion, on observe que les cavités séreuses sont plus humides qu'à l'état d'inanition. On a beaucoup discuté autrefois sur la présence ou l'absence normale de sérosité, dans la cavité péritonéale, par exemple. Des expériences nombreuses furent faites. Elles amenèrent à des résultats en apparence contradictoires. Les uns trouvaient le péritoine parfaitement sec, les autres parvenaient à y recueillir une certaine quantité de liquide. Ces faits n'étaient opposés qu'à cause des circonstances dans lesquelles ils étaient observés; les uns avaient ouvert des animaux à jeun, les autres des animaux en pleine digestion. Vous voyez donc combien la loi du déterminisme est importante à observer, même dans les plus petites circonstances.

Voici un second lapin auquel nous injectons la même dose de curare que chez le précédent. Tandis que ce second animal est peu à peu envahi par l'action du poison, vous voyez le premier revenir à lui. Le poison a disparu de son milieu intérieur; il n'a pas été détruit par le sang, mais éliminé peu à peu par la sécrétion rénale, et il se trouve en ce moment dans l'urine que contient la vessie; mais comme la surface interne de ce réservoir n'absorbe pas à l'état normal, il en résulte que par le fait même le poison est en dehors

de l'organisme, quoique l'urine n'ait pas encore été excrétée.

Laissons donc ce premier lapin revenir à lui, c'est-àdire éliminer le curare. Vous voyez pendant ce temps le second animal se prendre peu à peu. On observe d'abord chez lui une légère agitation : c'est là le signe du début de l'action toxique, et cette agitation n'a rien de contradictoire avec le fait que le curare est un paralysant; car tout agent qui supprime les fonctions motrices ou autres, tout agent qui, dans le sens physiologique, tue le nerf moteur, commence d'abord par produire sur lui une légère excitation. Puis vous voyez se paralyser successivement les membres antérieurs, la tête, les membres postérieurs ; mais les mouvements respiratoires, qui auraient été atteints en dernier lieu avec une dose plus forte, subsistent encore, parce que l'animal n'a reçu que la quantité de curare nécessaire pour abolir seulement les mouvements des muscles des membres et de la tète.

Chez les grenouilles, nous n'avons pas besoin de prendre ces précautions, de calculer aussi exactement une dose hmite ; peu importe ici, pour la vie de l'animal, que les mouvements respiratoires soient abolis; la respiration cutanée, si la peau est maintenue humide dans un milieu frais, suffit à l'hématose, et l'animal continue à vivre avec toutes les apparences extérieures de la mort. La respiralion cutanée est si bien suffisante, qu'une grenouille continue, dans les conditions que je viens de vous énoncer, à vivre un certain temps, même après qu'on lui a extirpé les deux poumons?

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