‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 92 sur 163 · ETUDE DU SANG · texte numérisé non relu

ETUDE DU SANG

foncti(3n de cet élément anatomique et les autres éléments au contact desquels il est naturellement amené dans l'organisme complet. Ici la section, en tant que vivisection, ne se contente pas de séparer les éléments à étudier; elle les isole et. par suite, détruit les rapports dont la connaissance nous est précisément la plus précieuse.

Il nous faut donc ici une nouvelle méthode d'expérimentation, gTÙce à laquelle, comme dans une vivisection ordinaire, nous supprimons le rcMe de tel ou tel élément anatomique, mais en conservant l'ensemble des autres éléments, de façon à pouvoir observer les troubles produits par la suppression que nous avons artificiellement provoquée, dont nous sommes maîtres, que nous pouvons volontairement faire cesser ou reproduire alternativement.

Dans les leçons précédentes, nous avons eu pour objet principal l'étude des phénomènes circulatoires; ce sont ces phénomènes que nous devons continuer à analyser : c'est en eux précisément que nous allons trouver des éléments propres à bien faire comprendre les principes généraux que je viens de vous énoncer, et la nécessité de la nouvelle méthode dont je viens, d'une manière générale, de vous montrer le besoin.

La vivisection dans les mains de divers expérimenlateurs, et surtout de Harvey, nous a fait découvrir les grands phénomènes de la circulation ; mais vous avez vu que l'étude des grands phénomènes de la circulation, rôle du cœur, rôle des artères, rôle des veines, ne nous fournissait aucune notion suffisante sur les actes

intimes que le cours du sang vient effectuer au niveau des éléments anatomiques. Or, ces derniers phénomènes sont les plus importants, les plus difflciles à connaître et en même temps les moins connus : par le caractère môme attaché à l'enseignement de cette chaire de médecine au Collège de France, ce sont ces phénomènes que nous devons chercher à élucider. Nous devons, je vous le disais dans la dernière séance, laissant de côté les grands mécanismes de la circulation générale, nous attacher à l'étude des circulations locales.

Ces circulations locales, sur lesquelles nous avons des premiers attiré l'attention des physiologistes, nous les étudierons à l'état de repos et à l'état de fonction des organes correspondants. A cet effet, les vivisections portées sur les nerfs nous seront et nous ont déjà été d'un grand secours; mais la section d'un nerf à l'aide d'un bistouri ne saurait être suffisante ; c'est ici que vous allez senlir les avantages de la méthode à laquelle je faisais précédemment allusion, et aux apphcations de laquelle j'ai dès longtemps consacré de nombreuses recherches : je veux parler de Xusage des poisons, que j'ai considérés comme de véritables réactifs de la vie, et dont l'emploi pouvait constituer une méthode nouvelle d'investigation physiologique.

Les poisons ont été étudiés au point de vue de leur action générale, ou pour mieux dire de leur effet final sur l'organisme. On a décrit la rapidité de leur action et les symptômes généraux de l'intoxication qu'ils produisent. La médecine légale en a tiré de précieux renseignements ; mais la physiologie peut y trouver une

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