PLUIE
peut atteindre des couches d’air parfaitement transparentes ; et, si l’on jette alors les yeux au-dessous de soi, on aperçoit les brouillards, que l’on vient de traverser, courir sous forme de nuages le long des flancs de la montagne.
Les physiciens ont beaucoup discuté pour connaître les causes de la suspension des nuages. Deluc admettait la formation de vésicules enfermant dans leur sein des gaz d’une densité moindre que l’air. Mais on a démontré que cette explication est erronée. Des observations plus précises ont prouvé que si un nuage paraît suspendu au milieu de l’atmosphère, il n’en est pas moins animé d’un mouvement descendant. C’est ce que l’on constate en se plaçant sur une montagne, à la hauteur môme des nuages qui flottent au-dessus d’une plaine. Si, dans sa course descendante, le nuage rencontre une couche d’air plus chaude que celle au milieu de laquelle il a pris naissance, l'eau en partie condensée qu’il renferme repasse à l’état de vapeur invisible, et il se dissipe à sa partie inférieure, tandis qu’il se reforme à sa partie supérieure. Si l’on ajoute à celte circoEistancc qu’il peut aussi rencontrer des couches d’air animées d’un mouvement ascendant, on comprendra facilement pourquoi les nuages nous paraissent souvent suspendus à une hauteur constante. C’est pour cette raison qu’à midi, heure à laquelle le courant d’air ascendant est plus fort, les nuages sont plus élevés que dans la matinée. Vers le soir, au contraire, quand ce courant devient plus faible, ils s’abaissent et disparaissent souvent en arrivant dans les régions chaudes de l’atmosphère.
La hauteur des nuages est très-variable; la région moyenne est comprise entre 500 et 1500 mètres; mais il en est qui sont quelquefois à une hauteur de plus de 7000 mètres.
On appelle cumulus les gros et magnifiques nuages blancs à contours arrondis, qui s’entassent sur l’horizon pendant les chaleurs de l’été. Leur apparition présage l’orage. On les voit en R (fig. 211).
On nomme cirrus des nuages qui ont tantôt l’aspect de légers flocons, tantôt celui de filaments déliés et qui donnent au ciel l’aspect 'pommelé. On les voit en A. Dans nos contrées, ils apparaissent quand le vent du midi commence à souffler, après une période de beau temps. L’apparition des cirrus précède le plus souvent unchangement de temps. En été ils annoncent la pluie : en
hiver, la gelée ou le dégel. Lescirrus sont les nuages les plus élevés.
Les stratus, que Ton a représentés en C, sont des nuages dispersés en bandes horizontales, qui se forment au coucher du soleil et disparaissent à son lever. Les stratus rouges du soir annoncent en général le beau temps.
Enfin on appelle nim6w« des nuages qui, comme D, sont tellement confondus ensemble qu’il est impossible de les distinguer rim de l’autre, tisse résolvent ordinairement en pluie.
293. Pluie. — Quand la température d’un nuage s'abaisse,' la condensation de la vapeur .s’y produit et les vésicules se transforment en véritables gouttes d’eau qui tombent vers la terre et constituent la pluie. Lorsque dans leurchuteces gouttes d’eau rencontrent des couches parfaitement sèches, elles se vaporisent àleursurface, etla vaporisation peut être assez complète pour que la pluie n’arrive pas jusqu’au sol, ou n’y arrive qu’à l’état de pluie fine. Si, au contraire, les couches inférieures de l’atmosphère sont à peu près saturées, les gouttes d’eau qui les traversent se trouvant plus froides qu’elles condensent à leur surface une portion de la vapeur, et les gouttes de pluie grossissent à mesure qu’elles approchent du sol.
. On appelle udornétres ou pluviomètres des appareils qui servent à mesurer la quantité de pluie qui tombe dans un lieu déterminé. Un udomètre est tout simplement un vase en fer-blanc ouvert à sa partie supérieure. Pour éviter que l’eau tombée dans le vase ne s’évapore, depuis l’instant où elle y arrive jusqu’à celui où l’on observera l’épaisseur de la couche qu’elle y forme, on recouvre l’udomètre avec un entonnoir. L’entonnoir reçoit la pluie, la laisse pénétrer dans le vase par un trou étroit et l’empêche, une fois entrée, de se dissiper en vapeur. C’est ainsi qu’on a reconnu, que, si l’eau ne s’infiltrait pas dans le sol, la pluie pourrait constituer au bout d’un an une couche épaisse, à Paris, de 60 cent., à Bordeaux, de 89 cent., à Rouen, de 99 cent., à Toulouse, de 64 cent., à Nantes, de 135 cent.
294. tiiereiii. — En été, dans la vallée, il tombe quelquefois après le coucher du soleil, sans qu’il y« ait db nuages au ciel, une petite pluie extrêmement fine, qu’on appelle sei'ein. Cette pluie résulte du refroidissement que’^ la disparition du soleil provoque dans l’air de la vallée et de la condensation partielle de la vapeur d’eau atmosphérique.
2!)5, Vérifiai, — Pendant Thiver, il arrive quelquefois qu’à de longues gelées succède brusquement un temps pluvieux. Si la pluie vient à loucher le sol, alors que la température de celui-ci est encore au-dessous de zéro, elle se gèle et forme sur la terre une couche mince de glace que l’on appelle verglas.
206. IVcljfe. — La neige provient de la solidification de la vapeur d’eau dans les régions élevées de l’atmosphère; chaque flocon est formé par la réunion de pelils cristaux, dont la figure 212 représente les formes variées. La neige n’arrive pas
Fi". 21Î.
toujours jusqu’à nous; si elle rencontre dans sa chute des couches d’air moins froides que celles où elle a pris naissance, elle peut se liquéfier et nous arriver à l’étal de pluie. Dans ce cas il neige sur les montagnes élevées et il pleut dans la plaine. Mais, dans riiiver, les régions inférieures de l’atmosphère peuvent être assez froides pour que la neige les traverse sans se liquéfier et arriv e à l’état solide, à la surface du sol, où elle forme une couche qui, par sa mauvaise conductibilité, protège les végétaux de gelées funestes.
297. C^rèsil. — I.e grésil est formé de petites pelotes beaucoup plus compactes que la neige, et paraît dû à une congélation brusque de la vapeur vésiculaire se mélangeant avec un vent très-froid et animé d’une grande vitesse.