ROSÉE
pluies d’ortige, on l’attribue à des phénomènes éleclriqiies; mais on ne se rend pas compte encore d’une manière parfaite de tous les faits auxquels elle donne lieu.
20D. Ruvée. — On donne le nom de rosée à des gouttelettes d’eau que l’on trouve sur la plupart des corps exposés à l’air libre, à la suite des nuits calmes et sereines.
Un grand nombre d’iiypotbèses ont été faites pour expliquer sa formation. I.es alchimistes recueillaient avec soin la rosée, qu’ils regardaient comme une exsudation des astres, dans laquelle ils espéraient trouver de Tor; d’autres ont admis que c’était une pluie très-tine venant des régions élevées de l’atmosphère ; d’autres enfin ont prétendu qu’elle s’élevait de terre, t.es expériences du docteur Wells*, confirmées plus tard par celles de Melloni, sont venues fixer l’opinion des physiciens sur cette question importante.
Wells, rapprochant le phénomène de la rosée du dépôt de vapeur condensée qui se forme A la surface des objets refroidis au milieu d’une atmosphère humide, les carreaux de vitre, par exemple, prétendit que la rosée ne se produisait sur un corps que lorsque celui-ci se refroidissait assez par rayonnement pour abaisser la température de l’air ambiant et l’amener A l’état de saturation ; qu"A partir de cet instant, si l’air continuait à se refroidir, la vapeur d’eau qu’il contenait se condensait en partis A l’état de rosée.
. Wells a commencé par prouver que la rosée ne tombe par comme une pluie. Pour cela, pendant une nuit calme et sereine, deux flocons de laine de poids égaux furent placés l’un sur le sol et à l’air libre, l'autre au fond d’un cylindre de terre cuite. Au bout d’un certain temps le premier pesait plus que l’autre, et • cependant si la rosée était tombée sur eux sous forme de pluie, celui qui, était au fond du cylindre aurait reçu cette pluie en quantité égale à celle qu’aurait reçue l’autre, et l’augmentation de poids eût été la môme dans les deux cas. L’hypothèse de Wells est parfaitement en rapport avec les résultats de l’expérience précédente ; en efl’et, le flocon placé à l’air libre rayonne dans tous les sens et l’atmosphère ne lui rend guère de chaleur, tandis qu’au contraire, le second flocon rayonnarit vers les parois
1 Wells, inédcciu et physicien, né à ( hariestùwu en 1763, mort à Londres en 1S17.
du cylindre, une partie du calorique qu’il rayonne lui est renvoyée par ces parois, et le refroidissement doit être moindre pour lui que pour l’autre. Il en résulte qu’il produit une condensation moindre de la vapeur et par suite l’augmentation de poids qu’il subit est moindre aussi.
Du reste, Wells, pour montrer que les corps situés à la surface du sol se refroidissent par rayonnement beaucoup plus que l’atmosphère, plaça des thermomètres sur l’herbe courte, et d’autres à un mètre au-dessus du sol ; ces derniers marquèrent une température supérieure de 4°, o.® et même 8® à celle qu’indiquaient les autres.
‘ Nous ne décrivons pas toutes les expériencesdu docteur Wells, et nous citerons une expérience fort élégante de Melloni, qui confirme la théorie de Wells et réduit les autres à néant.
11 prit un disque en fer-bîanc DD' (tig. 2^:^) dont la partie centrale CC' était couverte { ! d’une couche épaisse de
1 je vernis, dans une lon-
i> ' Iv gueur égale au tiers du
^13 diamètre. Un autre dis-
que en fer-blanc moins large de 10“"” que le cercle verni était maintenu à une distance de 5"*“ au-dessus de ce dernier par un fil de fer. Cet appareil fut exposé horizontalement à l’air libre, par une nuit calme et sereine. La partie vernie, qui avait un pouvoir émissif plus grand que le métal, se refroidit et se couvrit la première de rosée ; puis, le refroidissement se propageant par conductibilité, le dépôt de rosée se propagea aussi vers la circonférence et jusqu’à une certaine distance du centre. Quant à la face inférieure du disque DD', elle se couvrit de rosée exactement de la même manière que la face supérieure. Le disque supérieur restant sec, il est évident que la rosée ne tombe pas du ciel ; car, dans ce cas, elle le recouvrirait comme le disque DD'. D’autre part, puisque le centre du disque DD' reste sec, même sur sa face inférieure, il est certain que la rosée ne s’élève pas du sol.
300. CirconstMnees qui iitflueut sur le dépôt de rosée. — La théorie précédente permet d’expliquer toutes les circons4anccs qui influent sur le dépôt de rosée.
I® Nature des corps. Tous les corps n’ayant pas le môme pou-