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L’électroscope le plus ordinairement employé est celui

que nous allons décrire. Il est doué d’une sensibilité beaucoup plus grande que celui de Dufay.

Une cloche tubulée C (fig. 228) repose sur un plateau métallique B. La tubulure reçoit un bouchon enduit de gomme laque traversé par une tige conductrice portant à sa partie supérieure une sphère métallique A, à sa partie inférieure, soit deux fils de métal terminées par des balles de sureau y et /i, soit des lames d’or, soit des brins de paille. En a, è, c, d sont collées, contre la cloche et à Tintérieur, des lames minces d’étain qui touchent le plateau métallique B. Toute la partie supérieure de la cloche est recouverte en e, e' d’un vernis isolant à la gomme laque, et la cloche est

Fig. 228.

ÉLECTROSCOPES. 241)

maintenue dans un état de siccité parfaite par de la chaux vive qu’on y laisse en permanence.

Voicimaintenantcomment on se sert de cet appareil. Si la boule A està l’état neutre, et qu’on approche lentement d’elle un corps électrisé, le fluide neutre de la boule et de la tige est décomposé, le fluide de nom contraire àcelui ducorps est attiré dans lapartie supérieure, le fluide de même nom repoussé dans les balles de sureau. Mais celles-ci qui, lorsqu’elles étaient à Tétât neutre, devaient rester en contact, se repoussent aussitôt qu’elles reçoiven t le même lluide,elon constate une divergence ; celte expérience peulseulement servirà reconnaître si uncorpsestélectriséounon.

Quand on veut savoir de quelle électricité un corpsest chargé, on commence par donner à Télectroscope une électrici lé connue, et on a recours pour cela à Téleclrisalion par influence. Voici comment on opère:

On approche un bûton de verre élect risé ; il attire le fluide négatif dans la boule A et repousse le fluide positif dans les balles qui s’écartent Tune de l’autre ; pendant l’influence, on touche avec le doigt la boule A. D’après les principes que nous avons développésdans la théorie de l’électrisation par influence, le fluide positif s’écoule dans le sol, les balles se ràpprochent et il ne reste que l’électricité négalivesur la boule A. On enlève ensuite le doigt et le bâton de verre, et l’électricité négative accumulée sur A peut alors se répandre dans les balles qui divergent de nouveau. I/appareil reste chargé de fluide négatif.

Pour reconnaître maintenant de quel genre d’électricité un corps est chargé, on l’approche de la boule. S’il est chargé négativement, il repoussera Je fluide négatif de Télectroscope dans les lames et il y aura augmentation de divergence; s’il est chargé positivement, il attirera le fluide de Tappareil dans la boule A et les balles se rapprocheront.

Nous devons toutefois faire observer que de ces deux effets lin seul est concluant : c’est l’augmentation de divergence des balles; car le rapprochement peut avoir lieu sans que le corps approché soit électrisé. Approchons eu effet delà boule A un corps conducteur à l’état neutre, la main, par exemple; elle s’électrise positivement sousTinfluence du fluide négatif de Télectroscope, réagit alors sur ce fluide pour l’attirer vers elle dans la boule, par suite la divergence des balles diminue.

Il faut aussi observer que le rapprocliemont des balles, produit par un corps éleclriséposilivemenl, peut aussi se changer en une divergence. En effet, un bAton de verre frotté présenté à l’appareil produit une diminution de divergence des balles ; mais si on l’approche ensuite suffisamment, il les amènera d’abord au contact, puis opérera une décomposition nouvelle du fluide neutre de l’appareil, repoussera le fluide positif dans les balles, et la nouvelle divergence pourra être plus grande que la première; de telle sorte que si, dans l’expérience, on n’a pas besoin d’approcher lentement le corps électrisé, les deux effets que nous venons de signaler se produiront nécessairement à un intervalle assez rapproché pour que le premier échappe à l’observateur qui, ne constatant alors qu’une augmentation de divergence, conclurait à tort que le bâton de verre était chargé d’électricité négative. Pour ces motifs, il sera toujours préférable de faire deux épreuves en chargeant l’éleclroscope d’abord positivement, puis négativement.

Enfin nous remarquerons qu’il arrive souvent, dans les expériences, que les balles vont toucher le verre de la cloche et y adhèrent assez longtemps pour gêner l’expérimentation, et que, lorsqu’elles s’en détachent, elles laissent A la surface de la cloche un fluide qui peut nuire A l’exactitude des observations. C’est pour remédier A cet inconvénient qu’on a soin de coller contre les parois intérieures de la cloche des petites bandes d’étain, rt,6,c,o?, qui communiquent avec le plateau métallique et qui font écouler dans lesol le fluide que les balles apportent dans leurs écarts extrêmes. Les feuilles d’étain sont souvent remplacées maintenant par de petites liges métalliques fixées verticalement sur le plateau A une petite distance de la cloche.

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