CONDENSATION DE L’ÉLECTRICITÉ. — BOUTEILLES DE LEYDE
333. Lorsqu’on met un conducteurtnétallique en communication avec une machine électrique en activité, le conducteur se charge d’électricité; mais, dès que la tension de l’électricité se trouve égale sur le conducteur à celle qui existe sur la machine, le conducteur cesse de se charger.
11 est facile de se rendre compte de ce phénomène. Considérons, en effet, une molécule de fluide située au contact de la machine et du conducteur ; cette molécule se trouve repoussée en sens inverses, et par le fluide de la machine, et par celui qui est déjà parvenu sur le conducteur. La répulsion exercée sur lu molécule en question parle fluide de la machine l’emporte sur celle qui est exercée par celui du conducteur, tant que la tension électrique delà machine est supérieure à celle du conducteur, et la molécule considérée est en quelque sorte poussée sur ce dernier. Mais, dès que ces tensions deviennent égales, la molécule, se trouvant également pressée dans les deux sens, reste immobile et la limite de charge du conducteur se trouve al teinte.
On désigne, en physique, sous le nom de condensateurs y des appareils qui permettent de reculer cette limite de charge, et d’accumuler sur eux des quantités considérables de fluides électriques.
L’invention de ces appareils est due à Cunéus et à Musschenbroëck, physiciens hollandais, qui, en 174fi, voulant électriser
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de l’eau, se servirent à cet effet d’une bouteille à moitié remplie de ce liquide, dans laquelle descendait une tige métallique. Cunéus tenait d’une main la bouteille, qui était mise en communication, par sa tige métallique, a\ecla machine électrique. Au bout d’un certain temps, jugeant que la charge était suffisante, il toucha avec l’autre mainl’extrémilé de la lige et reçut alors une violente secousse. Musschenbroëck fit à son tour l’opération, et reçut une commotion si violente qu’il écrivitù un de ses amis de Paris qu’il ne voudrait point renouveler l’expérience pour tout l’or du roijaume de Franco» Cependant les deux savants physiciens continuèrent à étudier le phénomène, substituèrent à l’eau de la bouteille des lames minces de métal, des feuilles de clinquant, et recouvrirent sa surface extérieure d’une feuille d’étain destinée à augmenter la conductibilité (fig. *23 h).
Toutes ces expériences se firent à Leyde, et c’est de U que l’appareil que nous venons de.décrire tire son nom de bouteille de Leyde,
334. Expliquons maintenant sur quoi repose le jeu de cet appareil. Pour cela, donnons au condensateur une autre forme qui nous rendra l’explication plus facile, et qui est, du reste, souvent adoptée.
Supposons un plateau métallique A (fig. 237) porté par un pied isolant ; mettons-le en communication avec le conducteurD d’une machine électrique; d’après ce que nous avons dit plus haut, il atteindra bientôt sa limilede charge.
Celte charge électrique sera la môme sur la face antérieure a et sur la face postérieure a!. Rompons maintenant la communication avec la machine et approchons un autre plateau métallique mis en communication avec le sol par une chaîne métallique c et séparé de A par une lame de verre VV'. Le fluide positif de A décompose par influence, à travers la lame de verre, le fluide
Fig. 237.
neutre de B, repousse dans le sol par la chaîne c le fluide positif et attire le fluide négatif sur la face h. Mais alors la distribution
du fluide sur A ne peut rester la même que tout à l’heure; car, le fluide négatifdela face 6, réagissant à son tour sur le fluideposilif de A, en attire la majeure partie sur la face a, et la tension électrique se trouve parsuite presque annulée sur a'. Elle n’est plus égale à celle delamachine,et si l’on vient àrétablir la communication avec D, une nouvelle quantité de fluidepositifpourra passer sur A ; comme nous pouvons lépéter sur elle le raisonnement précédent, nous voyons que cet appareil produira une condensation d’électricité A sa surface.
33ÎI. Il ne faudrait pas croire cependant que cette condensation puisse être indéfinie, car la face a finit à la longue par acquérir une tension électrique égale à celle de la machine et la limite de charge se trouve détinitivcment atteinte.
33H. Il4^cliar|re» suc*ces«lv<>s. — Il est évident que, lorsque l’appareil est arrivé à cette limite de charge, la face postérieure de B est A l’état neutre et sur la face b se trouve accumulée une grande quantité de fluide négatif. Quant au fluide positif de A, nous pouvons le considérer comme divisé en deux parties, la majeure partie située sur la face antérieure^/, le reste distribué sur a\ avec une tension égale A celle de la machine qui a chargé l’appareil. Mais l’action simnltanfe de ces deux parties est nécessaire pour retenir sur b le fluide négatif qui s’y trouve condensé. Si donc, la communication de B avec le sol étant rompue, nous venons à toucher du doigt la face a, le fluide qui s’y trouve vase répandre dans le sol et elle reviendra A létal neutre. Mais ce fluide agissait, avec celui de «, pour maintenir condensée sur b toute l'électricité négative qui s’y trouvait; dès qu’il a disparu, une certaine quantité defluide négalifquille b et se répand sur 6'. Les rDles sont alors changés: a' est A l’état neutre, et il faut toute