GALVANOMÈTRE.— AIMANTATION PAR LES COURANTS
428. Les physiciens ont observé depuis longtemps que les aiguilles aimantées peuvent subir l’influence des décharges électriques produites dans leur voisinage; que l’aiguille d’une boussole peut être déviée brusquement par un temps d’orage, que son aimantation peut être détruite ou renversée. Ces faits établissent l’existence de relations intimes entre le magnétisme et l’électricité. Mais la nature de ces relations était encore inconnue, leurs lois ignorées, lorsque OErstedt, professeur de physiqueATUniversité de Copenhague, vint en 1820, par une expérience devenue célébré, jeter un grand jour sur celte question. On rapporte que, pendant une de ses leçons, l’illustre professeur saisit le fil qui réunissait les deux pôles d’une pile, et l’approchant avec vivacité d’une aiguille aimantée, s’écria : «Te ne puis croire que cet appareil soit sans action sur les aimants. » Prédiction bientôt réalisée, car l'aiguille fut immédiatement déviée et se mil en croix avec le courant. OErstedt varia ensuite l’expérience en plaçant le fil dans ditl'érentcs positions par rapport à l’aiguille, tantôt audessus, tantôt au dessous, et les pôles prenaient alors des positions différentes, suivant la situation et le sens du courant.
Plus lard. Ampère i reprit l’étude du phénomène, et, par une conception aussi simple qu’élégante, parvint à en réunir tous les cas dans un seul et même énoncé. 11 personnifie en quelque sorte le courant) en supposant un petit bonhomme couché dans le fil conducteur, recevant le courant par les pieds et le rendant par la tête. Le petit bonhomme doit de plus être placé de manière â regarder l’aiguille; si celle-ci, par exemple, est au-dessous^ du
1 Ampère (André-Marie), savant physicien, nicoibre de l'Académie des sciences, ne en 1775 à Putémieux près de Lyon, mort en 1 837.