‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 143 sur 200 · Planches ^ 1 ^^^ des plus utiles applications · texte numérisé non relu

Planches ^ 1 ^^^ des plus utiles applications

de la galvanoplastie est celle que l’on en fait à la fabrication de clichés destinés à l’impression des figures dont oh enrichit maintenant un si grand nombre d’ouvrages scientifiques ou autres. Autrefois le dessinateur faisait d’abord la figure sur un morceau de bois bien poli, puis le graveur, avec des outils en acier,entaillait cl creusait le bois sur tous les blancs du dessin, qui apparaissait alors en relief à la surface du morceau de bois. C’était alors celle planche en bois qui servait à l'impression : pour cela on passait à sa surface un rouleau imprégné d’encre d’imprimerie, et les parties saillantes prenant seules l’encre, le dessin se trouvait facilement reproduit sur une feuille de papier que l’on appliquait avec soin sur la planche. On comprend facilement que la pression exercée devait bientôt altérer le dessin, dont elle écrasait les reliefs délicats : aussi la planche était hors de service avant d’avoir pu servir à faire un nombre d’épreuves considérable. Aujourd’hui on prend un moule en gutta-percha du dessin gravé sur bois et on reproduit ce dessin autant de fois que l’on veut par la galvanoplastie. Par ce moyen un seul exemplaire du bois gravé peut servir, par l’intermédiaire de clichés, à faire un grand nombre d’épreuvesX’est ce moyen qui permet à la librairie de livrer û des prix modiques des ouvrages illustrés qui autrefois coûtaient beaucoup plus cher.

425. Arf^enture et dorure galvaniques. — Les procédés galvaniques sont aussi employés maintenantpour recouvrir d’une couche d’or et d’argent soit des objets d’art, soit des objets devant servir à l’économie domestique, tels que cuillers, four-

chetteB. MM. Elkington et Ruolz sont les premiers qui soient entrés dans celle voie vers i840. M. Christofle, orfèvre de Paris, acheta fort cher leurs brevets et sut, par son talent et sa persévérance, amener à un haul degré de perfection cette industrie dont il peut être regardé comme le véritable fondateur.

Le dépôt d’argent ou d’or doitôtre précédé d’une opération qui s’appelle décapage. Elle a pour eflet d’enlever les particules d’oxydes ou de corps gras recouvrant le métal et sur lesquelles l’or et l’argent n’adhéreraient pas. 11 y a deux sortes de décapages, le décapage chimique et le décapage mécanique.

Le premier s’applique au bronze ou au laiton. On commence par faire recuire la pièce, sous un feu de mottes, qui brûle les matières organiques déposées sur l’objet pendant la fabrication, et redresse en quelque sorte les molécules métalliques de la surface aplaties et comprimées par le choc du marteau. On plonge ensuite la pièce dans un bain d’acide sulfurique étendu d’eau ; ce bain est chauffé, quand il doit servir pour de petits objets, qui n’y sont laissés que fort peu de temps ; il est employé à la température ordinaire pour les grandes pièces dont l’immersion doit durer plusieurs heures. La pièce est ensuite plongée dans des bains assez faibles d’acide nitrique, d’acide sulfurique, puis lavée é grande eau et replongée dans un bain concentré d’acide nitrique, chlorhydrique et sulfurique. Sortie de ce dernier bain, elle est mise à sécher dans de la sciure de bois à 40°. ,

Les objets en laiton ne sont point passés au feu ; ils sont seulement plongés dans les bains acides, lavés avec une solution do potasse et séchés dans la sciure de bois.

Quant aux objets en maillechort, qui contiennent du nickel, métal trop attaquable par les acides, iis sontdécapés mécaniquement, c'est-à-dire avec une brosse sur laquelle se trouve de la pierre ponce pulvérisée.

Après le décapage, les pièces sont mises au bain.

426. Bain d’argenture. — On emploie ordinairement pour l'argenture un cyanure double d’argent et de potassium. Voici comment on peut le préparer. On dissout 20 giammes d’argent dans 60 grammes d’acide nitrique, et on évapore jusqu’à fusion du nitrate d’argent formé. On chasse ainsi l’excès d’acide, et on transforme en oxyde de cuivre insoluble le nitrate de cuivre provenant de l’action de l’acide sur le cuivre que contient toujours

GALVANOHLASTIK.

l’argent du commerce ; puis on dissout le nitrate dans 250 gram mes d’eau, et on filtre pour séparer l’oxyde de cuivre.

On a fait d’ailleurs dissoudre 20 grammes de cyanure de po* tassium dans t03 grammes d’eau, et on ajoute petit à petit cette solution à la solution de nitrate d’argent ; il se forme alors un précipité de cyanure d’argent ; on décante, on lave le précipité, on décante de nouveau, et après plusieurs lavages et décantations qui ont eu pour effet d’éliminer le nitrate de potasse formé, on dissout le cyanure d’argent dans 20 grammes de cyanure de potassium, et on ajoute de l’eau de manière à former un litre de bain.

Le liquide est ensuite mis dans des cuves en verre ou en bois garni intérieurement de gu Ita-percha; deux tringles métalliques reposent sur les bords de la cuve; à l’une d’elles, correspondant avec le pô’e négatif d’une pile, sont attachés les objets à argenter qui plongent dans le liquide; A l’autre, communiquant avec le pôle positif, sont suspendues des lames d’argent qui se dissolvent à mesure que le dépôt de métal se forme au pôle négatif. Au sortir du bain, la pièce est recouverte d’une couche d’argent mat qui doit être brunie, avant d’être livrée au Commerce. Le brunissage s’etfectue en frottant la pièce avec des outils en acierparfaitement polis.

427. Bain de dorure. —.Le bain de dorure peut s’obtenir en dissolvant tO grammes d’or dans l’eau régale, et évaporant jusqu’à consistance sirupeuse.

On reprend par l’eau tiède, et on ajoute peu à peu 60 grammes de cyanure de potassium dans l’eau; on étend d^eau la liqueur jusqu’à un litre.

Ce bain s’emploie ordinairement à une température de 70° et de la même manière que le bain d’argenture ; il est évident qu’on devra remplacer les lames d’argent du pôle positif par des lames d’or. A la sortie du bain d’or, la pièce est ordinairement d’une couleur terne. Pour lui donner le ton et le poli désirables, on la frotte avec une brosse en fils de laiton, au milieu d’une décoction de réglisse, puis on la met en couleur en la plongeant dans un bain bouillant composé de 30 parties d’alun, 30 de salpêtre, 30 ‘d’ocre rouge, 8 de sulfate de zinc, t de sel marin et 1 de sulfate de fer. A la sortie de ce bain, la pièce subit l’opération du brunissage.

LKÇONS DK DHYSIQUK.

Page 1