L’ensemble d’une ligne télégraphique comprend
fo Une pile ;
2® Des fils métalliques mettant en communication les différentes stations;
3® Un appareil destiné à transmettre les signaux et appelée manifjulateur ;
. 4® Un appareil destiné à les recevoir et nommé récepteur.
Les piles ordinairement employées par l’administration des lignes télégraphiques sont des piles de Daniell.
Les fils sont soutenus dans l’intervalle de deux stations par des poteaux plantés en terre; mais, pour éviter que ces poteaux ne fournissentà l’électricité une communication avec la terre, surtout dans les temps humides, on isole le conducteur en attachant aux poteaux de petits supports en porcelaine qui servent à accrocher les fils. La porcelaine étant un corps isolant empêche la déperdition du fluide. La figure 295 représente deux des modèles employés. Quand la ligne change brusquement de direction, on emploie des supports différents (fig. 296).
De kilomètre en kilomètre, on dispose sur la ligne des ap-
pareils destinés à tendre les fils. Ces appareils, appelés tendeurs, sont représentés figure 297.
Fig. 29o.
Câbles sotis-marins, — Lorsque le fil doit relier deux slations séparées par un bras de mer, on le fait descendre au fond de
Fig. 296.
Fig. 297.
l’eau après avoir entouré d’une substance non conductrice, cooqme la gutta percha. Le cAble sous-marin contient en général
plusieurs fils, quatre ordinairement, comme celui qui réunit Douvres et Calais. Ces quatre fils qu*on voit au centre de la figure (fig. 298) sont isolés l’un de l’autre et peuvent se suppléer
Fig. 298.
mutuellement. Pour les protéger contre les chances de rupture, on les entoure de fils de fer galvanisés enroulés en hélice.
439. Téléirraphe de Herse. — Le système télégraphique inventé par M. Morse en Amérique s’est rapidement répandu en Europe. 11 est presque exclusivement employé en France par l’administration des télégraphes.
Manipulateur, — Le manipulateur est d’une très-grande simplicité. Sur un socle en bois est fixée une pièce en cuivre S sur laquelle s’appuie l’axe d’un levier K (fig. 299); le levier est mis en communication avec le fil de ligne par l’intermédiaire de la
TÉLÉGRAFIlliS ÉLECTRIQUES. 337
poupée C à laquelle vient s’attacher ce fil ; une seconde poupée B communique avec le pôle positif de la pile et avec une pièce métallique b.
Un ressort antagoniste maintientle levier horizontal. Dèsqu’on appuie sur la poignée P, le levier s’abaisse, et une pointe métal-
lique /qu’il présente vient toucher la pièce 6, le courant arrive par la poupée B, passe en 6, de là dans la pointe dans le levier K et parla poupée C se trouve lancé dans le fil de ligne. Dès qu’on cesse d’appuyer, le ressort antagoniste relève le levier et le courant cesse de passer. On comprend que, suivant que l’on appuie
plus ou moins longtemps sur la poignée P, il se produira dans le récepteur de la station d’arrivée une aimantation plus ou moins longue.
Récepteur. — Le récepteur du télégraphe de Morse reproduit
exactement les mouvements imprimés au levier du manipulateur de la station qui expédie la dépêche.
I/électro -aimant E (fig. 300) est vertical ; son armature A porte un levier D capable d’osciller autour d’un axe O, et se terminant par une pointe V qui lui est fixée obliquement. Lorsque le courant ne passe pas dans l’électro-aimant, le ressort antagoniste r maintient la pointe Và distance d’une bande de papier YY qui sedéroule d’un mouvement uniforme, sous l’influence d’un appareil d’horlogerie. Dès que le courant passe, l’électro-aimant s’aimante, l’armature A est attirée, le levier bascule autour du point O, et la pointe V s'appuie sur la bande depapier, à la surface de laquelle elle trace en gaufrage une ligne plus ou moins longue, suivant la durée du contact. On comprend que cette ligne sera d’autant plus longue que le courant passera plus longtemps, et cela dépend du tempspendant lequel l’expéditeur de la dépêche appuiera sur la poignée du manipulateur. Pour que les oscillations du levier n’aient pas trop d’amplitude, on les limite à l’aide des vis f et g entre lesquelles vient buter le prolongement du levier.
On est convenu den’employer que deux caractères différents, le point (.), qui correspond à un courant instantané, et le trait ( — ), auquel on donne toujours la même longueur. En combinant ces caractères de différentes manières, on reproduit toutes les lettres de l’alphabet.
Dans le télégraphe de Morse, le courant transmis par le fil de ligne n’a pas en général assez de force pour faire marcher convenablement l’appareil à signaux. I.e récepteur contient un appareil spécial appelé r^/aw, que l’on voit sur la gauche de la figure 301. L’électro-aimant E'de ce relais reçoit le courant delà ligne et ferme ou ouvre, par les mouvements de son armature A'D', le courant d’une pile locale qui est mise en communication avec l’électro-aimant E et fait marcher l’appareil à signaux que nous avions supposé d’abord, pour plus de simplicité, en communication avec le fil de ligne.
4i0. Appareil de Mil. Mlg^ney. — MM. Digney ont remplacé avec avantage le gaufrage, qui est toujours difficile à lire, par des traits tracés par une petite roue ou molettç toujours imprégnée d’encre d’imprimerie.
Cette molette se voit cnn figure 302 ; elle frotte contre un tampon imprégné d’encre et très-mobile autour de son axe. Lorsque
TELEGIIAPUES ELECTIUQUES
Fig. 301
3iO LEÇONS DE PHYSIQUE.
le courant passe, le levier L se relève, sa pointe p soulève la bande de papier et Tappuie contre la molette, qui trace sur elle des
Fig. 30Î.
traits noirs d'une longueur variable avec la durée du contact. On conçoit que, pour mettre cet appareil en mouvement, il faille moins de force que pour produire le gaufrage du système Morse ; aussi MM. Digney ont-ils pu supprimer le relais dont nous avions indiqué la nécessité. Cet avantage, joint à celui d’offrir des caractères plus faciles à lire et moins susceptibles d'ôtre détruits, a fait substituer dansle service des lignes télégraphiques l’appareil de MM. Digney au système Morse.
441 . Téléicraphe de 11. Bré^ruet. — Le télégraphe à cadran de M. Bréguet est maintenant très-employé, en France, par les compagnies de chemins de fer, qui l’ont adopté pour leurs correspondances particulières. L’État l’emploie aussi.
Manipulateur, — I.e manipulateur se compose (fig. 303) d’un levier horizontal AB capable d’osciller autour d’un point a et servant à fermer ou à établir le courant. Pour cela, il touche toujours par le point B un disque horizontal C qui communique avec la pile, dont le courant arrive en N, passe en N', lorsque la poi-
gnée Q est dans la position de la figure, et de là dans le disque C ; ^extrémité A du levier peut dans ses oscillations ou bien ôtre amenée au contact d'une pièce p' en communication avec le fil
Fig. 303.
de ligne L, auquel cas le courant est lancé sur la ligne, ou bien en être éloignée et alors le courant se trouve interrompu.
Pour produire les oscillations du levier, on a imaginé d'adapter à l’extrémité B du levier une saillie qui s’engage dans une rainure sinueuse tracée sur la face supérieure du disque C. Cette rainure présente treize parties concaves et treize parties convexes; et lorsque, à l’aide de la manivelle M qui fait tourner le disque C, on fait faire à celui-ci un tour complet, le levier a parcouru toute la rainure sinueuse. Lorsqu’une partie concave se présente visà-vis de B, AB tourne autour de a, et A va toucher la pièce p\ par laquelle le courant est lancé sur la ligne ; lorsque, au contraire, B touche une partie convexe, AB est ramené et, A s’éloignant de p', le courant se trouve interrompu.
On voit que par ce dispositif ingénieux on pourra interrompre ou établir le courant autant de fois que Ton voudra. Au-dessus du disque Cse trouve un autre disque D fixe, qui porte tracées à sa
surface les vingt-cinq lettres de l’alphabet et une croix qui sert îl indiquer qu’on passe d’un mot à l’autre.
Pour transmettre le mot FRANCK, on transporte la manivelle
Fig. 304.
d’abord en F, puis en R, en A, en N, en C, en E, mais en tournîint toujours dans le môme sens, et en s’arrôtant un instant sur
Fig. 305.
chaque lettre du mot; le disque C tourne en môme temps que la manivelle qui lui est fixée et le nombre des oscillations du levier est représenté par le nombre de lettres au-dessus desquelles on est passé. Ainsi, par exemple, lorsque l’opérateur a amené la
manivelle sur la lettre F, le levier a déjà fait six oscillations, par suite le courant a été établi trois fois et interrompu trois fois.
Récepteur, — Le récepteur se compose d’un cadran dont les divisions sont disposées comme celles du manipulateur et d'un mouvement d’horlogerie placé derrière eUcacliédansla boîte qui enveloppe l’appareil (fig. 304). Une aiguille commandée par le mouvement d'horlogerie serait entraînée par lui, comme les aiguilles d’une montre, si une tige métallique reliée à l’électro-aimant ne venait suspendre sa marche. Pour cela deux roues den-
Fig. 307.
tées R et R' (305 et 306) sont disposées parallèlement l’une à l’autre sur un même axe. Elles portent chacune treize dents, ef les dents de la roue R correspondent aux intervalles des dents de la roue R' et réciproquement. L’armature P (fig. 307 et 308) de l’électro-aimant porte une tige g engagée dans la fourchette F qui est elle-même fixée à l’axe aa. Lorsque ce courant ne passe pas, l’armature est maintenue à distance par un ressort antagoniste r. Supposons qu’alorsune tige G solidaire de l’axe aa soit engagée dans la roue R et par suite suspende la marche du mouvement d’horlogerie qui commande les roues R R' ; dès que le manipulateur lance le courant dans l’électro-aimant, celui-ci s’aimante, attire l’armature P et par suite fait mouvoir la tige G, celle-ci