U LEÇONS DE PHYSIQUE
quitte la roue R et Tappareil d’horlogerie met en mouvement les roues K et R' et par suite l’aiguille sur le cadran. Ces roues sont
Fig. 302.
bientôt arrêtées par la tige G qui va s’engager dans les dents de la roue R’; et comme, par suite de la disposition que nous avons
TÉLÉGIUPHES ÉLECTRIQUES. 343
décrite, les dents des roues ne sont qu'ù de circonférence Tune de Tau tre, l’aiguille ne peut tourner que de de circonférence.
Lorsque le manipulateur interrompra le courant, le ressort antagoniste ramènera l’armature de l’électro-aimant à sa position et par conséquent la tige G viendra de nouveau s’engager dans les dents de la roue R. Mais, pendant le temps qu’elle met à aller de la roue R’ à la roue R, le système et, par suite, l’aiguille tournent encore de ^ de circonférence. On comprend maintenant que les mouvementsdela manivelle du manipulateur soient exactement reproduits par l’aiguille du récepteur, que chaque fois que la manivelle sera arrêtée sur une lettre à transmettre, l’aiguille s’arrêtera devantla même lettre du récepteur, à condition qu’au début la manivelle et l’aiguille soient parties delà croix, signe d’arrêt.
442. L’administration des télégraphes emploie maintenant assez souvent le télégraphe Hughes et quelquefois l’appareil Caselli. Le premier transmet la dépêche et l’imprime en caractères d’imprimerie : le second reproduit avec une exactitude parfaite l’écriture de celui qui a rédigéladépêche.Nousne décrirons pas ces appareils dont la construction est assez compliquée.
443. Parafoudre. — Sous l’influence de l’électricité atmosphérique les fils télégraphiques sont parcourus par des courants qui peuvent troubler la marche des appareils. D’un autre côté, la foudre, en tombant sur un poteau, se propage quelquefois dans le fil de ligne et peut arriver dans un poste, y fondre les fils et atteindre dangereusement les employés. M. Bréguet a inventé un appareil appelé 'parafoudre, qui met à l’abri de ces accidents. Il se compose (fig. 309) d’une plaque J dentelée, sur son bord de droite, en face d’une autre plaque I dentelée aussi et dont les dents sont en regard de celles de la première. La
plaque I communique avec le sol par le fil partant du bouton B. Un commutateur à poignée K peut mettre la plaque J en communication avec une poupée G d’où part un fil très-fin de platine enveloppé dans un tube de verre et allant aboutir à une autre poupée H. Le filde ligne aboutit en A, et de la poupée F qui communique avec H part le fil du récepteur. Il en résulte que si le commutateur communique avec G, le courant de la ligne gagne le récepteur en traversant le fil de platine. Quand le tempsn’est pas orageux, le courant n’a jamais assez de tension pour amener une décharge électrique entre les points J et I : mais si l’électricité atmosphérique détermine des courants trop intenses dans le circuit, l’excès d’électricité jaillit sous forme d’étincelles entre les dents des deux plaques et s’écoule dans le sol. Si même le courant qui se dirige vers le récepteur est trop intense, le fil de platine est fondu et la communication avec le
récepteur est interrompue avant que celui-ci ait été détérioré. Quand l’orage est trop fort, on cesse toute correspondance et on
place le commutateur K sur le bouton D' qui communique avec I. Alors toute l’électricité s’écoule dans le sol.
444. ATertlssear. — On se sert aussi dans les télégraphes de sonneries électriques destinées à avertir les employés de se tenir prêts à recevoir une dépêche. La sonnerie se compose d’un électro-aimant (fig. 310) dont l’armature en fer se termine d’une part par un marteau M qui peut frapper sur un timbre S, d’autre part par une lame élastique qui le fixe dans une poupée E. Quand l’électro-aimant n*est pas aimanté par le passage du courant, l’élasticité de la lame maintient le marteau à une petite distance du timbre et l’appuie contre un ressort R qui, fixé en E, communique avec le bouton B, d’où part un fil communiquant avec le sol. Le fil de ligne arrive en A et se trouve relié par l’intermédiaire des poupées A et A' avec le fil de l’électro-aimant qui est aussi relié à E de telle sorte que, lorsqu’un courant arrive, le circuit suivi par lui est AA’ECRDB ; dès
que le courant passe, l’électro-aimant s’aimante, ét le marteau attiré frappe le timbre; mais, par ce mouvement, le contact avec R cesse et, le courant se trouvant interrompu, l’aimantation cesse, et l’élasticité de la lame ramène l’armature dans la position primitive, le courant passe de nouveau, un second coup est frappé sur le timbre et ainsi de suite.
445. Sonnettes électriques. — L’appareil que nous venons de décrire est employé maintenant comme sonnette électrique destinée à appeler les domestiques. Il est placé dans un endroit où il puisse être entendu par eux et communique avec la pile électrique par des fils qui se rendent dans les appartements ; dans chaque appartement le fil qui y arrive se trouve interrompu, mais ses deux tronçons peuvent être mis en communication à l’aide d’un bouton sur lequel il suffit d’appuyer. Dès que cette communication est établie, la sonnerie marche.
446. Sonneries des chemins de fer. — Les sonneries électriques sont aussi fréquemment employées dans les chemins de fer. On sait qu’à une certaine distance des gares se trouvent souvent placés des disques dont la position indique aux mécaniciens des trains qui arrivent si la voie est libre et s’ils peuvent pénétrer en gare. Ces disques se manœuvrent de la gare ellemême à l’aide de leviers et de fils de fer. Mais il faut que l’employé qui a manœuvré le disque soit sûr que l’appareil a fonc-
tionné et que sa position indique au mécanicien si la voie est libre. A cet effet une pile est en rapport avec une sonnerie qui se trouve dans la gare, et les choses sont disposées de telle sorte que, lorsque le disque est tourné à l’arrêt, il ferme le circuit et met la sonnerie en activité. De là résulte un carillonnement qui dure jusqu’à ce que, la voie redevenant libre, le disque soit placé dans une position inverse.