‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 154 sur 200 · PROPAGATION DU SON · texte numérisé non relu

PROPAGATION DU SON

(fig. 326) par des fils de mOme longueur efse louchent entre elles. Si l’on vient à éloigner Tune d’elles A delà verticale et qu’on l’a-

bandonne à elle-même lorsqu’elle sera arrivée en A', elle viendra frapper la seconde, et l’on verra la dernière boule B lancée en B', les autres restant en repos. Voici ce qui a eu lieu : la seconde bille s’est' comprimée par le choc de A, puis revenant à son volume primitif, a réagi sur la suivante qui, après s’être aussi comprimée, a exercé sa réaction sur la quatrième et ainsi de suite jusqu’à B qui, poussée par le retour de l’avant-dernière boule à scs dimensions premières; s’est avancée jusqu'en B'.

La transmission du mouvement vibratoire des corps sonores se fait de la même manière. Les molécules du corps sonore, en s’écartant de leur position d équilibre, poussent devant elles la couche d’air qui les entoure; celle-ci se comprime, augmente de force élastique, et réagit sur la couche suivante qui, se comprimant à

Fig. 326.

son tour, communique le mouvement à la troisième et ainsi de suite. Lorsque les molécules du corps sonore reviennent vers leur position d’équilibre, un mouvement en sens contraire se produit dans l’air. La couche d’air en contact avec les molécules vibrantes, pouvant se répandre dans l’espace abandonné par ces dernières, diminue de force élastique, la suivante se détend à son tour, et de proche en proche le mouvement se propage. Ce mouvement des couches d’air a lieu évidemment ici en sens contraire de tout à l’heure. Comme on peut répéter le même raisonnement pour chacune des vibrations du corps sonore, on voit que l’air se trouve alternativement animé de vitesses de sens contraires, qu’il est lui-même en vibration.

Ce raisonnement pourrait s’appliquer à tout autre milieu solide, liquide ou gazeux.

467. Réflexion du son. Échos. — Le mode de propagation du son a la plus grande analogie avec le phénomène qui se produit lorsqu’au milieu d’une nappe d’eau tranquille on laisse tomber un corps solide, une pierre, par exemple. Autour du point où la pierre a touché l’eau, un cercle se forme, puis un second, puis un troisième et ainsi de suite : tous ces cercles s’élargissent et semblent courir à la file l’un de l’autre, quoique, en réalité, il n’y ait que propagation d’un mouvement vibratoire. Or, lorsque ces ondes, excitées à la surface du liquide, rencontrent les bords du bassin, elles se réfléchissent et on les voit revenir sur ellesmêmes ou se propager dans une direction inclinée sur celle qu’elles avaient suivie pour aller toucher l’obstacle. La propagation du son qui se fait par ondes sonores, semblables aux ondes liquides dont nous venons de parler, donne lieu à des phénomènes tout à fait analogues, produisant ce que l’on désigne ordinairement sous le nom d’écAo.

On appelle ^c/io la répétition d’un son réfléchi par un obstacle qui est assez éloigné pour que le son réfléchi ne se confonde pas avec le son entendu directement. On dit qu’un écho est monosyllabique, quand on ne peut prononcer qu’une syllabe avant que le son réfléchi de cette syllabe revienne à l’oreille. Il est polysyllabique quand on peut prononcer plusieurs syllabes, avant que le son de la première revienne à l’oreille. Cela dépend évidemment de la distance où l’on se trouve de l’obstacle réfléchissant.

Quand on est assez près de cet obstacle, pour que le son réflé-

Page 1