‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 29 sur 200 · PRESSION ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

Dôme, une expérience qui vint achever de prouver que Tascension des liquides dans les tubes vides n’a d’autre cause que la pesanteur de Tair.

Voici en quels termes il s’exprime df^ns la lettre où il indiquait l’expérience à faire :

« J’ai imaginé une expé- « riencequipourralever tous « les doutes, si elle est cxécu- « tée avec justesse. Que Ton « fasse l’expérience du vide « plusieurs fois en un jour,

« avec le même vif-argent a {mercure) au bas et au som- « met de la haute montagne M du Puy, qui est auprès de « notre ville de Clermont. Si,

« comme je le pense, la hau- « leur du vif-argent est moina dre en haut qu’en bas, il s’en « suivra que la pesanteur et « la pression de l’air sont la « cause de cette suspension,

« puisque bien certainement « il y a plus d’air qui pèse sur « le pied de la montagne que « sur son sommet, tandis « qu'on ne saurait dire que la « nature abhorre le vide en « un lieu plus qu’en l’autre.»

L’expérience fut faite le 19 septembre 1648. Tandis que des observateurs examinaient la colonne de mercure soulevée dans un tube placé au pied de la montagne, Périer gravissait celle-ci en tenant un tube pareil au premier, et constatait qu’à mesure qu’il s’élevait, le mercure s’abaissait dans le tube qu’il portait.

iOO. Cette expérience peut ô!re faite dans les cours en lui donnant une autre forme. Un tube de Torricelli R (fig. 77) est placé dans une cloche de verre, de manière que l’air intérieur de la cloche exerce seul sa pression sur le mercure de la fiole a qui termine le tube et qui lui sert de cuvette. Un autre tube CD deux fois recourbé et se terminant aussi par un évasement h est fixé sur la partie supérieure de la cloche, de telle sorte que le mercure de ce tube étant également pressé par l’air intérieur de la cloche et par Uair extérieur se tienne au même niveau dans la branche D et dans l’évasement h. On place cet appareil sur la platine de la machine pneumatique, et on fait le vide. Dès que l’air de la cloche commence à se raréfier, la pression qu’il exerce sur le mercure du tube B diminuant, le mercure descend dans ce

tube pour se rendre dans la fiole a, tandis qu’au contraire le mercure de 6, poussé par l’excès de la pression extérieure sur la pression intérieure, s’élève dans le tube D.

toi. Après avoir constaté que c’est bien la pesanteur de l’air qui fait monter le mercure dans les tubes vides, cherchons à nous expliquer cet effet et à interpréter l’expérience de Torricelli. Pour cela considérons à la surface du mercure de la cuvette deux surfaces planes égales (fig. 78), l’une mn dans Uintérieur du tube et représentant sa section, l’autre m'a' extérieure; la tranche mn supporte de haut en bas une pression f égale au poids d’une colonne de mercure ayant pour base mn^ et pour hauteur la hauteur du liquide dans le tube. Donc, pour que mn soit en équilibre, il faut qu’elle supporte de bas en haut une pression /'justement égale à f.

Cette pression n’est autre que celle de l’atmosphère qui s'exerce sur la surface égale mV, et qui se transmet par le mercure d’après le principe de la transmission des pressions.

Nous ferons observer que, quel que soit le diamètre du tube, la hauteur de la colonne mercurielle soulevée sera la môme. Supposons en effet mn double de ce que nous l’avons supposée, la pression transmise de bas en haut sera double; elle viendra de

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