‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 30 sur 200 · EFFETS DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

deux surfaces égales à mV, et, par suite, soutiendra une co* lonne de môme hauteur, mais de section double.

La colonne de mercure peut donc servir de mesure A la près* sion de l’atmosphère. Les instruments à l’aide desquels on l’ap- précie sont appelés baromètres : nous les décrirons après avoir signalé un certain nombre d’applications des principes qui précèdent.

102. Effets «le la pression atmosphérique. — La pression atmosphérique étant en général de 0,7C, on prouvera facilement que la pression qui s’exerce sur 1 centimètre carré est de i’‘,0337; sur 1 décimètre carré, elle sera de 103*^,36, et sur 1 mètre carré de 10 336 kilogrammes. Or, la surface du corps d’un homme de taille moyenne surpassant 1 mètre carré l/*2, la somme des pressions exercées par l’atmosphère sur cet homme est de plus de 15 000 kilogrammes.

« On trouvera peut être, dit Biot », ce résultat bien incroyable,

« et l’on pensera qu’une pression si considérable devrait gôner « beaucoup, ou môme empêcher tout à fait nos mouvements;

« mais en général, dans les sciences, il faut raisonner avant de « juger et ne point se hâter de rejeter un résultat comme absurde « uniquement parce qu’il nous étonne. Voici un autre exemple « bien plus fort. 11 y a dans la mer des poissons qui vivent habi- « tuellement à de très-grandes profondeurs. Les pécheurs en « prennent quelquefois à deux ou trois mille pieds au-dessous do « la surface de l’eau. Ces poissons se trouvent donc chargés pen- (« dant toute leur vie du poids d’une colonne d’eau de deux ou « trois mille pieds, c’est-à-dire soixante dix-huit ou quatre-vingts « fois plus lourde que le poids de l’atmosphère; cependant ils ne « sont point écrasés par cet énorme poids. Non-seulement ils « vivent, mais ils se meuvent en tous les sens avec la plus grande « agilité. Cela est encore bien plus extraordinaire que de nous « voir supporter si aisément la pression de l’air. Mais tout le mer- « veilleux disparaît, si l’on fait attention que les poissons dont « nous venons de parler sont intérieurement remplis et pénétrés a de liquides qui résistent à la pression de l’eau extérieure en « vertu de leur impénétrabilité; de sorte que les membranes de

1 Biot, Physique expénmentalef p. 157, t. I.

« l’animal n’en sont pas plus altérées que ne le serait la pellicule « la plus mince, que l’on descendrait à une pareille profondeur.

« Ouanl à la facilité des mouvements, elle tient à ce que le corps « du poisson est également pressé par-dessus et par-dessous, à « droite et à gauche, de sorte que la pression se contre-balance « d’elle-mûme ; et ainsi il lui est aussi aisé de se déplacer que « s’il nageait à la surface même de l’eau. Semblablement, pour « nous qui supportons le poids de l’atmosphère, l’intérieur de « notre corps et nos os mêmes sont remplis, ou de liquides in- M compressibles capables de supporter toutes les pressions, ou « d’air aussi élastique que l’air du dehors, et qui contre-balance « son poids. Voilà pourquoi nous n’en sommes pas incommodés, « et nous n’éprouvons non plus aucune difficulté à nous mou- « voir, parce que la pression de l’air se contre- balance de toutes « parts sur les diverses parties de notre corps, comme celle de « l’eau sur le corps des poissons. Nous ne pourrions être écrasés « par l’air extérieur que si on détruisait en nous l’air intérieur « qui lui fait équilibre, et, au contraire, nous soufiririons beau- « coup si l’on nous déchargeait tout à coup de cette pression en « nous plaçant dans le vide; car alors l’air intérieur n’ayant plus « rien qui lui résistât se dilaterait, nous gonflerait et nous ferait « périr infailliblement. Cela arrive à un grand nombre de pois- « sons quand on les retire du fond des abîmes de la mer, et môme « seulement d’une profondeur de 20 ou 30 mètres. La plupart « d’entre eux ont, dans l’intérieur de leur corps, une vessie rem- « plie d’air. Tant que ces animaux restent à la profondeur où ils « vivent d’ordinaire, l’air contenu dans leur vessie a le degré de « compression et d’élasticilé nécessaire pour supporter le poids « de l’eau qui pèse sur eux ; mais si tout à coup on les relire hors « de l’eau; comme ils n’ont pas tous des conduits assez larges « pour chasser promptement le superflu de cet air, et comme « quelques-uns même n’en ont pas du tout, il arrive que leur « vessie se gonfle, se crève, et l’air qu’elle contenait occupant « un volume quatre-vingts ou cent fois plus considérable, rem- « plit leur corps, renverse leur estomac en dehors, le force môme « à sortir par la gueule et les fait périr. Alors on peut les lais- « ser sur l’eau, ils ne vont pas au fond, leur corps flotte sur la « surface, soutenu par cet estomac rempli d’air, comme par un « ballon . »

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