EFFETS DE U PRESSION ATMOSPHÉRIQUE
Dans les cours on fait ordinairement les expériences suivantes pour démontrer les effets de la pression atmosphérique.
t03. Crève-Tessie. — On prend un cylindre de verre A (fig. 70) ouvert à ses deux extrémités. On applique sur la base supérieure une peau de vessie ou une membrane de baudruche, et après l’avoir mouillée, on la fixe avec une ficelle très-serrée sur les bords du cylindre :
elle achève de se tendre en séchant. On fixe ensuite l’appareil par sa hase inférieure sur la machine pneumatique.
Dès que la machine est mise en mouvement, l’air intérieur se trouvant raréfié ne fait plus équilibre à la pression de l’atmosphère qui, pesant sur la membrane, la déprime et la crève. L’air rentrant brusquement dans le cylindre vide produit une détonation.
104. Conpc-pomme». — On prend un vase en verre (fig. 80), ouvert aussi par les deux bouts et portant à sa partie supérieure
Fip. 79.
une garniture métallique terminée par un bord aigu qui sert de couteau circulaire. On fixe Tappareil par sa base inférieure sur le plateau de la machine pneumatique, et on pose une pomme sur la base supérieure. Dès que Tair est raréfié par le jeu de la machine, la pression atmosphérique appuyant sur la pomme, sans être contre-balancée par la force élastique de l'air intérieur, fait pénétrer le couteau à travers la pomme, qui se trouve bientôt précipitée avec détonation dans l’intérieur de l’appareil, en lais-
sant autour de la garniture mét illique un morceau annulaire découpé par le couteau.
tOü. Récipient à main. — On place sur la machine pneumatique un cylindre de verre ouvert à ses deux extrémités (fig. 81 ) , oh met la main à plat sur sa base supérieure, et dés que la machine pneumatique fonctionne, la pression atmosphérique appuie la main sur l’appareil assez fortement pour qu’on ne puisse la retirer qu’à condition de laisser rentrer l’air dans le récipient.
Enméme temps, laparliecharnue de la paume de la main entre dans le récipient et le sang se trouve fortement attiré dans cette
région. C’est là du reste le mécanisme des
¥ ventouses employées en médecine.
108. Pluie de mercure. — On place sur la machine pneumatique un tube T (fig. 82) surmonté d’un godet G dont le fond est un morceau de peau de chamois. On verse du mercure dans le godet et on fait le vide. Dés que l’air se raréfie à l’intérieur, la pression de l’atmosphère pousse, à travers les pores de la peau, le mercure qui tombe dans le tube sous forme de pluie fine. Cette expérience sert aussi à démontrer la porosité de la peau.
107. némisplières de lilugfdebourg'* — On a deux hémisphères en cuivre A et B à rebords plans C (fig. 82). On les applique l’un contre l’autre, cl, à l’aide de la douille à robinet D que porte l’un d’eux, on visse le système sur la machine pneumatique. On fait ensuite le vide dans la sphère creuse ; la pression atmosphérique appuyant les deux hémisphères l’un contre l’autre, il devient trèsdifficile de les séparer. Dès qu’on laisse rentrer l’air à l’intérieur, ils se séparent facilement. Dans les expérien-
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Fig. 82.
BAROMÈTRES
ces de Magdeboiirg, vingt chevaux furent impuissants à ctîecluer la séparation.
t08. Enfin nous citerons encore rexpérience suivante comme effet de la pression atmosphérique.
Fig. 83. Fig. 84,
Une carafe est remplie d’eau à pleins bords, on applique avec précaution une feuille de papier sur la surface du liquide, et on peut alors retourner la carafe sans que le liquide s’en échappe, la pression atmosphérique le maintenant dans le vase (fig. 83). La feuille de papier est destinée à empêcher l’air de monter ù travers l’eau en vertu de sa densité plus faible..
BAROMÈTRES
t09. Baromètres. — Nous avons dit plus haut qu’on appelail baromètres les instruments destinés à mesurer la pression atmosphérique. On leur a donné diverses formes que nous allons successivement étudier.
itO. Baromètre à cuvette. — Le baromètre à cuvette ordi^* naire et le plus simple de tous, c’est celui qu’employaient Torricclli et Pascal.
Mais si on le construisait comme nous l’avons dit en décrivant les expériences de Torricelli, ce ne serait qu’un instrument fort imparfait. Car le mercure exposé à l’air absorbe une certaine quantité de cet air, qui y reste engagé tant par l’attraction du
liquide que par la pression de ratmosphère. Cet air soulagé de la pression atmosphérique, dès qu’il est placé dans le vide barométrique, se dégage en bulles qui se rendent dans la partie supérieure du tube, exercent leur pression sur le mercure, et, contrebalançant en partie la pression exercée par l’air du dehors, oblige la colonne liquide à descendre plus bas qu’elle ne descendrait si la chambre barométrique était parfaitement vide; de sorte que la hauteur observée ne représente pas la véritable pression de l’atmosphère, mais seulement l’excès de la pression du dehors sur celle du dedans.
De plus, l’expérience prouve que les molécules de l’eau et de l’air adhèrent très-fortement à la surface do verre, et, comme il y a toujours de Teau en vapeur répandue dans l’atmosphère, il arrive qu’une couche d’eau et d’air adhère aux parois intérieures du tube : cet air et cette vapeur d’eau montant dans la chambre barométrique viennent, lorsque le tube est renversé, ajouter leur action à celle de l’air qui s’est dégagé du mercure.
Pour éviter ce double inconvénient, on opère comme nous allons l’indiquer. On choisit un tube de 80 à 85 centimètres de longueur; on le ferme à son extrémité T (fig. S5), et on soude
à son autre extrémité une boule T'. On emplit ce tube de mercure bien pur, on le couche sur une grille de tôle inclinée et on chauffe successivement toutes les parties du tube en commençant par rextréinité T'. La chaleur fait dégager les bulles d’air et de vapeur qui étaient adhérentes aux parois intérieures du tube. Quant l’air que contenait le mercure^ il se dégage aussi
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pendant l’ébullition de ce dernier. La boule T' sert à empêcher que le mercure, pendant son ébullition, ne soit projeté au dehors. On relire ensuite les charbons, on laisse refroidir, et après avoir détaché la boule B, on achève de remplir avec du mercure récemment bouilli, puis on retourne le tube dans la cuvette, comme le faisait Torricelli.
Lorsque l’opération a été bien faite, si Ton incline un peu rapidement le tube de manière que le mercure l’emplisse tout d fait, le liquide produit en frappant le verre un bruit sec et métallique.
Le tube et la cuvette sont fixés contre une planchette en bois sur laquelle est tracée une graduation en centimètres et millimètres dont le zéro correspond au niveau du mercure dans la cuvette.
Mais, quelque soin que l’on ait donné à sa construction, le ba- ' romètre à cuvette ordinaire présente deux inconvénients très* graves :
1® Le niveau du mercure ne peut varier dans le tube sans. varier en sens inverse dans la cuvette ; il cesse alors de correspondre au zéro de la graduation, et les indications de l’instrument ne sont plus exactes. Pour diminuer autant que possible ce premier inconvénient, on donne à la cuvette un large diamètre (tig. 86) de telle sorte que pour une variation sensible de niveau dans le tube, le niveau dans la cuvette ne change pas sensiblement.
2® Cet instrument n’est pas facilement transportable.
Ht. IBaromètre de Fortin. — Fortin a adopté dès le commencement du siècle une disposition qui échappe au double reproche que nous venons de formuler.
La cuvette de son baromètre est cylindrique ; elle a'pour fond une peau de daim contre la face inférieure de laquelle vient appuyer une vis V (fig. 87). Celte vis permet de relever ou d’abaisser à volonté le fond de lacuvette,de manière que, lorsqu’on veut faire une observation, on puisse toujours amener la surface du mercure en contact avec la pointe d’une petite flèche en ivoire o; à cette pointe correspond le zéro de la graduation. La