SIPHONS
débouche l’ouverture D, le liquide s’écoule alors en D avec une • vitesse d’autant plus grande que la difTérence de longueur entre les deux branches est plus considérable. On peut aussi plonger la petite branche du siphon vide dans XX' et aspirer en D avec la bouche. La pression atmosphérique qui s’exerce sur. XX' pousse l’eau dans le siphon et le remplit. On retire alors la bouche, et le liquide s’écoule par l’extrémité D.
Pour expliquer le jeu du siphon, supposons-le plein de liquide, c’est-à-dire amorcé. Supposons de plus (fîg. 132) que la longueur OB soit de 23 centimôfres et la longueur CO' de 90 centimètres, que la pression atmosphérique exprimée en colonne d’eau soit de 10 mètres. Considérons dans la branche BC une tranche liquide E, et voyons quelle pression elle supporte de gauche à droite et de droite à gauche; si l’une est plus forte que l’autre, elle poussera le liquide dans son sens. La pression atmosphérique s’exerçant sur le niveau XX' se transmet dans le tube; mais lorsqu’elle arrive en E, son effet est évidemment diminué du poids de la colonne liquide soulevée dans BO. Nous pourrons donc regarder la pression qui s’exerce de gauche à droite comme représentée par 10 mètres moins 25 centimètres, c’est-à-dire 9“*,75. Pour la méme^raison, la pression qui s’exerce en E de droite à gauche peut être représentée par une colonne de 10 mètres moins 95 centimètres, c’est-à-dire 9“,05. Donc c’est la pression de gauche à droite qui l’emporte; la tranche Eest poussée vers CO';
118 LEÇONS DE PRYSiQUE.
' et, comme on peut répéter le même raisonnement pour chaque tranche du tube BC, le liquide s’écoule par la grande branche; Quand le liquide qu'on veut transvaser ne peut être introduit
dans la bouche sans inconvénient, on amorce le siphon en aspirant par un tube latéral ABC (fig. 133). Ce tube porte un renflement dans lequel le liquide se répand avec lenteur, et, quand le siphon est plein, on a le temps de retirer la bouche avant que le liquide y soit parvenu.
Nous ferons remarquer que lorsque les siphons ont une section un peu considérable, ils doivent, pour fonctionner, avoir leurs deux orifices submergés, comme le représente la figure 132, sans quoi l'air remonterait dans la grande branche et diviserait la colonne.
Le siphon est souvent employé dans le commerce pour transvaser les vins, les acides, etc. Quand les siphons sont de grandes dimensions, on les met en place et on fait jouer, pour aspirer l'air, une petite pompe fixée à leur partie supérieure.
147. Vase de Tantale. — Le vase de Tantale, que Ton trouve dans tous les cabinets de physique, présente une application de la théorie du siphon. C'est un vase qui se vide de lui-môme dès que le liquide don ton cherche à l’emplir atteint un certain niveau. Le pied d’un verre AB (fig. 134) est percé d’un trou qui laisse passer un tube recourbé Cl) jouant le rôle de siphon. On verse de l'eau dans le vase AB; à mesure que le liquide monte dans AB, il monte aussi dans le tube CD d’après le principe des vases communiquants. Dès que l'eau dépasse le niveau supérieur du siphon, celui-ci s'amorce et l’eau s’écoule par le pied du vase ù mesure qu’on en verse de nouvelle.
148. Fontaines intermittentes naturelles. — Les fontaines intermittentes naturelles nous offrent encore une application de la théorie du siphon. Supposons qu’une cavité soûler-