‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 51 sur 200 · APPLICATIONS · texte numérisé non relu

APPLICATIONS

iü7. La fabrication des eaux gazeuses artificielles repose sur les principes précédents. Pour dissoudre le gaz acide carbonique dans l’eau,, on le comprime, à l’aide d’une pompe de compression, dans un récipient contenant de l’eau ; cette eau chargée de gaz est ensuile transvasée dans des bouteilles ou dans des vases appelés siphons.

158. Dans l’industrie, les eaux gazeuses sont fabriquées avec des appareils dont la construction est assez variable. Nous décrirons sommairement celui qui est connu sous le nom d’appareil de Bramah perfeclionné.

La pompe aspirante et foulante P (fig. 145) aspire le gaz dans le réservoir par le tube A, Le gaz se lave dans le flacon B, qui sert aussi de flacon témoin destiné à montrer la marche de l’opération; l’eau que l’on veut rendre gazeuse est en même temps aspirée par le tube T, qui plonge dans le réservoir V’. Le mélange de gaz et d’eau se fait dans la pompe

qui le refoule dans la sphère creuse et résistante R. Cette sphère est munie d’un manomètre et d’une soupape de pression.

I.orsqu’elle est remplie d’eau gazeuse, on procède à l’embouteillage, qui se fait ordinairement dans des vases appelés

Fig. 145.

siphons. Ces siphons sont en verre épais et résistant et portent, à leur partie supérieure, une tubulure à laquelle on adapte un appareil de fermeture permanente en étain. Cette garniture en étain porte un tube plongeur t qui descend dans l’eau du siphon, et qui peut être fermé et mis en communication avec l’extérieur î\ l’aide d’une soupape B (fig. 146) que fait jouer le levier A.

Pour procéder à l’embouteillage, on renverse le siphon E

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DISSOLUTION DES GAZ DANS LES LIQUIDES

(flg. 145), qui est vide, et Ton introduit le bec i dans l’ajutage qui termine le tuyau T" communiquant avec le réservoir. Il est d’ailleurs fixé sur un support et rendu fixe par le jeu d une pér dale que montre la figure. A l’aide du levier L, on soulève le levier du siphon, de manière à ouvrir celui ci. Puis, se servant d’un robinet à deux voies I, on fait arriver l’eau gazeuse qui •s’élève par le tube de verre que renferme le siphon. Quand il est rempli aux trois quarts, on ouvre dans un autre sens le robinet I, de manière à laisser échapper la plus grande partie du gaz libre qui se trouve dans le siphon, puis on achève le remplissage.

159. Quand on veut extraire l’eau de ce vase on appuie (fig. 146 et 147) sur le levier A du siphon ; la soupape B s’abaisse et met en communication l’espace M, où l’eau est poussée par la pression intérieure , avec le conduit C par lequel elle sort del’appareil. Dès qu’on cesse d’appuyer sur le levier A, le ressort à boudin que montre la figure 146 ramène la soupape dans la position primitive et le liquide cesse de jaillir.

Au moment où le liquide sort, de nombreuses bulles gazeuses se dégagent au milieu de l’eau et montent à la partie supérieure. Ce dégagement continue encore quelque temps après qu’on a cessé d’extraire de l’eau du siphon. Cela provient de ce qu’au moment où le niveau du liquide baisse dans le siphon, le gaz acide carbonique, qui se trouve au-dessus de lui, se répand dans un plus grand volume; sa pression diminue et devient insuffisante pour maintenir dissous tout le gaz que renferme l’eau. Mais ces bulles gazeuses s’accumulant dans la partie supérieure du siphon, la pression augmente et devient suffisante pour

Fij. 146.

no LEÇONS DE PHYSIQUE.

maintenir dissous le gaz que Peau renferme encore. Aussi le dégagement diminue-t-il peu à peu et cesse-t-il même tout à fait, pour recommencer lorsqu’on ouvrira de nouveau le siphon.

Fig. 147.

160. Les vins mousseux, la bière, le cidre contiennent aussi en dissolution de l’acide carbonique, qui s’est formé par la fermentation du liquide de la bouteille. La mousse qu’ils produisent est due à leur viscosité qui s’oppose momentanément au dégagement du gaz.

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