THERMOMÈTRES A MAXIMA ET A MINIMA
chelle centigrade, on n'est pas obligé de chauffer autant que pour le mercure, et il en résulte que l'on peut sans inconvénient plonger de nouveau l'appareil dans l'alcool froid sans que le verre se brise. Le refroidissement amène la condensation des vapeurs alcooliques, et le tube se remplit tout à fait. On le ferme alors à la lampe.
Le zéro du thermomètre à alcool se détermine de la même manière que celui du thermomètre à mercure. Quant à l’autre point fixe, il est évident qu’on ne peut prendre l’ébullition de l'eau pour le déterminer, puisque l’alcool bouillant à une température plus basse donnerait alors des vapeurs dont la force élastique pourrait briser le thermomètre. On détermine alors un autre degré de l’échelle en plongeant le thermomètre dans un liquide dont la température est donnée par un thermomètre à mercure étalon, et on partage l'intervalle en autant de divisions qu’il y a d’unités dans la température indiquée par le thermomètre à mercure.
Cet instrument sert surtout pour observer les basses températures. Dans les températures un peu élevées, ses indications sont beaucoup moins exactes que celles du thermomètre à mercure.
475. Vhermomètres à maxima et à mlnlma de Rater-* foril. — 11 est important d’avoir un thermomètre qui puisse indiquer le mininum et le maximum de la température en un lieu donné et dans un intervalle de temps connu, sans que l’observateur soit obligé de rester auprès de l’instrument et de suivre ses
indications pendant tout ce temps.
Kuterford a construit des thermomètres qui atteignent ce but. Le thermomètre à maxima est un thermomètre à mercure ordinaire AB (fig. 4 57), gradué comme les autres, mais horizontal
Fig. fS7.
et contenant dans sa tige en C un index formé par un petit cylindrée en fer. Quand la température s'élève’, le petit index est poussé par le mercure. Quand elle s’abaisse, le mercure se contracte, et, comme il ne mouille pas le fer, se retire sans entraîner le petit
index qu’il abandonne à Tcndroit où il a été poussé au moment du maximum.
Le thermomètre à minima est un thermomètre à alcool AB
Fig. 158.
(fig. 158) contenant un petit index en émail C. Si la température
croît, l’alcool glisse autour de l’index sans le déplacer ; si elle s’abaisse, l’alcool se contracte, et dès que le sommet de la colonne atteint l’index, il l’entraîne avec lui pour le mener au point où correspond la température la plus basse et l’y laisser lorsque le liquide se dilatera sous l’influence d’une nouvelle élévation de température.
176. ThermométroK^raphe de Slix et Bellani. — Le thermométrographe de Six cl Bellani a sur les thermomètres précédents l’avantage d’indiquer à la fois le maximum et le minimum de la température. Il se compose d’un réservoir A (fig. 159) plein d’alcool, auquel est soudé un tube recourbé BCD. Ce tube contient de l’alcool depuis le réservoir jusqu’en B, de B en C du mercure, et de C en D de l’alcool surmonté d’une couche d’air; la colonne de mercure chasse devant . elle des index en émail renfermant un petit cylindre de fer doux.
Avant la mise en expérience, les index sont amenés par iin aimant au contact avec le mercure. Lorsque la température baisse, l’al- ... cool du réservoir se contracte, le mercure le
suit et pousse l’index de gauche vers le réservoir dans la branche B ; lorsqu'elle s’élève, l’alcool se dilatci cl
PYROMÈTRES.
Uo
tandis que l’index de gauche reste où il a été amené, celui de droite est poussé dans la branche CD, de telle sorte que la graduation faite par comparaison avec un thermomètre à mercure indique le maximum sur la branche CD et le minimum sur la branche B.
177. Pyromètre de Bronfcniart. — Quand on veut apprécier des températures très-élevées, celles des fours à porcelaine, par exemple, il n’est plus possible d’employer les thermomètres à alcool et à mercure ; on se sert alors des pyromètres de Brongniart et de Wegwood. Le pyromètre de Brongniart ressemble beaucoup au pyromètre à cadran. Son usage repose sur la dilata-
Fig. 160.
lion d’une barre d’argent A (fig. 160) enfermée dans une rainure creusée au milieu d’un bloc B en porcelaine, substance peu dilatable par rapport à l’argent; la barre d’argent agit sur le levier coudé d’une aiguille capable de se mouvoir sur un cadran par l’intermédiaire d’une barre en porcelaine. La barre et la masse de porcelaine sont placées dans le four dont on veut évaluer approximativement la température.
La barre de porcelaine sort du four et agit sur le levier coudé.
178. Pyromètre de liWegwood. — Le pyromètre de Wegwood est fondé sur la contraction qu’éprouve l’argile chauffée à une température élevée. Celte contraction est causée par un changement dans la nature chimique de cette substance. Deux règles métalliques Â, A' (fig. 161), faisant entre elles un petit angle,
sont disposées sur une tablette également métallique. Cet angle peut recevoir de petits cylindres d’argile qui y pénétreront d’autant plus loin qu’ils se seront contractés davantage. Les petits cylindres d’argile sont placés dans le four, et lorsqu’ils en ont pris la température, on les laisse refroidir et on les fait glisser dans les coulisses que laissent entre elles les règles A, A'. La quantité dont ils s’enfoncent permet d’apprécier la température. Pour éviter de donner à l’appareil de trop grandes dimensions, au lieu d’une seule coulisse, on en dispose quelquefois deux sur la même tablette; mais la seconde n’est que la continuation de la première.