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TRANSMISSION DE LA CHALEUR

sait, laissant le vide au-dessus de lui; puis, à Taîde du dard du chalumeau, Rumford séparait le ballon (lu tube au-dessus du niveau du mercure.

Plongeantalorsleballondansreau chaude (fig. 182), il voyait le thermomèlre indiquer instantanément une élévation de température ; ce qui prouve que la chaleur de l’eau chaude (chaleur qui n’est accompagnée d’aucun dégagement de lumière et que l’on nomme, pour cela, chaleur Fig. i«i.

obscure) travei*se le vide baroméirique.

La chaleur lumineuse du so!eil jouit, du reste, évidemment de la même propriété, puisque, avant d’arriver dans les limites de l'atmosphère qui enveloppe la terre, elle a traversé les espaces interplanétaires où il n’existe aucune matière pondérable.

La transmission directe de la chaleur est dite transmission par

rayonnement,

238. Dans an milieu hômogrèney la chaleur rayonnante ■e transmet cl’iin point à un autre en suivant une li|gne droite. — Soit en S une source de chaleur (fig. 183), en T la boule d’un thermomètre, toutes deux très-petites. Le thermomètre recevant la chaleur que lui envoie la source indique une élévation de température; mais si l’on interpose dans un des points de la ligne ST un écran en carton ou en métal le thermomètre revient aussitôt à la température de Tair ambiant, ce qui prouve que la chaleur de la sources ne lui arrive plus. L’écran interposé en tout autre point de l’espace n’empêche pas la chaleur d’arriver en T; donc la chaleur suit la ligne droite ST pour aller de S en T et pas d’autre. La ligne droite suivie par la chaleur dans sa propagation est appelée rayon cnlorifiqne ,

239. ÉSmiftsIon de la chaleur rayonnante. — Lorsqu’un corps se refroidit, on reconnaît que le temps qu’il met à s’abaisser d’un certain nombre de degrés dépend de la nature de . a surface. Rumford prenait, pour le prouver, deux vases cylindriques, sus-

Fig. 183.

FHYSIQUB POIRR.

pendus par des fils ou reposanfsur trois pointes en bois, de manière que la chaleur ne pût se perdre par conducl.bilité du support. Ces vases étaient remplis d’eau bouillante. La surface latérale de l’un était nue, celle de l’autre recouverte d’une toile fine; un thermomètre, plongé dans chacun, indiquait la température de l’eau qu il contenait. Ayant versé de l’eau à la même tempéraluredanslesdeux cylindres, Rurnford constata que le vase nu se refroidissait beaucoup plus vite que le vase recouvert de toile, ce qui indiquait évidemment qu’il rayonnait plus de chaleur vers l’espace environnant. Ayant recouvert l’un des cylindres de substances difVérentcs, il reconnut que, dans des conditions identiques, la vitesse de refroidissement variait avec la nature de la substance.

240. Pouvoir» émlssif». — On nomme pouvoir émissif d’un corps la faculté plus ou moins grande qu’il possède de rayonner de la chaleur au dehors.

Les physiciens ont déterminé, par des procédés que nous ne décrirons pas ici, les pouvoirs émissifs des différents corps. MM. de la Provostaye et IL Dcsaiiis ont apporté dans ces recherches une grande précision. Nous indiquerons les résultats auxquels ils sont arrivés.

Noir de fumée 1 A rajout vierge 0,1309

Colle de poisson 0,91 Argent bruni 0.0 3

Gomme laque 0,»>2 Platine laminé 0,112

On voit que les métaux ont un très-faible pouvoir émissif, c’est ce qui explique pourquoi la vaisselle métallique conserve aussi bien la chaleur des aliments.

Nous ferons aussi remarquer que l’emploi de tubes en cuivre poli, comme tuyaux de poêles ou de cheminées, donne lieu à une émission de chaleur moins grande que l'emploi de tuyaux en tôle noircie.

241. La quantité de chaleur émise par un corps est d’autant plus grande que la température du corps rayonnant surpasse davantage celle du milieu ambiant.

Du reste, le refroidissement d^un corps est un phénomène trèscomplexe; il ne dépend pas seulement de la température, mais de la nature de l’espace environnant.

Fig. 184.

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