‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 89 sur 200 · CHEMINÉES · texte numérisé non relu

CHEMINÉES

verles lesporlesetlcs fenôlres. Pendant l’iiiver, où Ton est obligé de les maintenir fermées pour se préserver du froid extérieur, la ventilation des appartements se fait, en môme temps que le chauffage, par différents systèmes dont nous allons étudier le principe.

254. Di'B divers appareils de cliauffad^e. — Les divers appareils de chauffage employés se divisent en cinq espèces principales ;

1® Les cheminées ordinaires;

2® Les poêles ;

3® Les calorifères à air chaud;

4® Les appareils à circulation d’eau;

5® Les appareils à vapeur.

255. Cheminérs. — Dans ce mode de chauffage, qui est le plus ancien et le plus répandu, le combustible brûle dans un foyer découvert au contact de l’air. Un long conduit appelé cheminée est en communication avec le foyer et s’élève au-dessus de lui. Quand l’air de la cheminée et celui de Uappartemenl sont à une môme température, une couche d’air, considérée à la partie inférieure du foyer, supporte des pressions égales de bas en haut et de haut en has, et par suite reste immobile. Dès qu’on allume du feu dans le foyer, l’air de la cheminée s’échautfe, se dilate, devient moins dense, et par suite s’élève dans la cheminée. Il en résulte un vide partiel que l’air de l’appartement vient combler en entrant dans la cheminée, où il active la combusiion et où il s’élève lui-môme, tandis qu’il est remplacé dans l’appartement par de nouvelles couches venues du dehors. Ce mouvement de l’air est désigné sous le nom de liraye. On voit que, dans ce mode de chaulTuge, on n’utilise que la chaleur rayonnée par le combustible, et, comme l’air est diathermane, il ne s’échauffera sensiblement que lorsque les murs et les objets situés dans l’appartement auront absorbé une certaine quantité de chaleur qu’ils rendront ensuite par contact à l’atmosphère. Remarquons de plus qu’une grande quantité de chaleur est perdue par le tirage de la cheminée. Aussi, pour ce double motif, ce mode de chauffage est le moins économique de ceux qu'on peut employer ; mais, dans la vie habituelle, l’usage des cheminées est beaucoup plus favorable àlasanté,pourla ventilation, queceluidesautresappareilseonnus.

« L’agrément que présente l’aspect d’un bon feu, dit M. le général Morin dans ses Études sur la ventilation^ la facilité qu’il

donne de se chauffer momentanément, sont sans doute les motifs qui, dans la vie privée, peuvent faire préférer les cheminées aux autres moyens dé chauffage ; mais elles exigent des soins d’ordre, de propreté, de prudence, qu'on ne peut toujours observer dans les lieux de réunion, dans les hôpitaux, les écoles... Kt l’économie ne permet guère, en France, d’en conseiller l'usage pour les établissements publics. »

2o0. Coiidltloits d’un bon iirajre. — Pour que le tirage d’une cheminée se fasse de manière à pouvoir entretenir la combustion, ventiliîr l’appartement et donner un libre écoulement à la fumée et autres produits de la combustion, elle doit satisfaire aux conditions suivantes :

t® Il faut que la cheminée ail une hauteur suffisante, 5 mètres au moins. Comme l’air chaud s’élève dans la cheminée en vertu de la poussée qu’exerce sur lui l’air plus froid de l’appartement, il est évident que la force ascensionnelle de Pairchaud, qui est la cause du tirage, est égale à la différence entre le poids de l’air chaud de la cheminée et le poids d’un égal volume d’air froid ; cette différence est d’autant plus grande, toutes choses égales d'ailleurs, que la colonned’air chaud est plus longue, c’est-à-dire que la cheminée est plus haute. Dans les usines, où l’on a besoin d’un fort tirage, on construit des cheminées dites cheminées à vapfur, qui s’élèvent d’autant plus haut que le tirage doit être plus actif. On peut en voir une à Manchester qui a 1 .’o mètres de haut,

2® Il faut qu’une cheminée n’ait pas une trop grande largeur, pas plus de 3 à 4 décimètres carrés de section. Lorsque sa section est trop grande, il peut s'établir par le haut un courant descendant d’air froid qui ralentit la vitesse du courant ascendant et peut, en le faisant refluer dans l’appartement, y occasionner de la fumée.

3® L’ouverture de la cheminée dans l’appartement ne doit pas avoir une trop grande étendue, et surtout pas trop de hauteur au-dessus du foyer ; car, alors, une grande partie de l’air qui entre dans la cheminée, passant au-dessus du combustible à une certaine distance, ne peut s’y échauffer, et par suite le tirage se trouve diminué. 11 faudrait, autant que possible, que tout l’air froid appelé par le tirage traversât le combustible avant de se rendre dans le canal d’ascension. C’est pour cela que Ruraford a

Page 1