‹ Leçons de physique générale (volume 2)Chapitre 108 sur 308 · EFFET PELTIER · texte numérisé non relu

EFFET PELTIER

D'une façon générale, il est établi que, si un courant d'intensité I passe d'un point A à un point B, entre lesquels se trouve une chute de potentiel V^ — Vb ou, ce qui revient au même, une force électromotrice E, la quantité de chaleur correspondante

JQ=EI

sera dégagée si la chute de potentiel est de même sens que celle qui produit le courant, absorbée si elle est de sens contraire.

Si la force électromotrice considérée est indépendante de celle qui produit le courant, on voit de suite quelle différence considérable existera entre la quantité de chaleur dégagée d'après la loi de Joule, et qui est proportionnelle aux carrés des intensités, et celle que nous étudions, qui est simplement proportionnelle à l'intensité du courant.

D'autre part, on peut remarquer que, dans un circuit fermé, à température constante, contenant une pile, la somme des forces électromotrices, autres que celles de la source électrique, est nulle, et que, par conséquent, la somme des quantités de chaleur dégagées d'après les principes que nous appliquons doit être nuUe^ la totalité de la dépense d'énergie étant réglée par la loi de Joule ; si donc en un point du circuit une quantité de chaleur a été absorbée, elle devra être dégagée en totalité en un ou plusieurs autres points du circuit; et ce seront des phénomènes de transport de chaleur que nous pourrons seulement mettre en évidence.

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Toutes les méthodes expérimentales, qui permettront de faire naître en des points d'un circuit des forces électromolrices indépendantes de celle qui produit le courant, conduiront donc à l'étude de phénomènes thermiques accessoires tout à fait indépendants de la loi de' Joule et de la nature de ceux que la théorie vient de nous permettre de prévoir.

C'est un phénomène de ce genre qui est connu sous le nom iVeffet Peltier,

Si l'on constitue une chaîne de fils métalliques comme celle qui nous a servi à étudier la loi des contacts, et qu'on la fasse parcourir par un courant, chaque soudure, présentant sur les deux métaux qui la constituent une différence de potentiel, sera le siège d'une variation thermique.

Si nous prenons deux points A et B, très voisins de part et d'autre de la soudure {fig* loo), séparés par p.

une résistance r, en désignant par A | B la

force électromotrice de contact et par l l'in- HZ

iensité du courant, on aura pour expression

des quantités de chaleur dégagées entre ces deux points par l'effet

de Joule et par l'effet Peltier

(1) JQ, = rI«H-I(A I B) et, si le courant change de sen s,

(2) JQ,= rI*-^f(B I A).

Or A I B et B I A sont égaux et de signes contraires ; donc, dans le premier cas, si la soudure est plus chaude qu'elle ne devrait l'être par l'effet Joule seul, elle sera au contraire plus froide dans le second.

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