CORPS MAGNÉTIQUES. - CORPS DIAMAGNËTIQUES
Plusieurs substances possèdent, comme le fer, mais à un degré moindre, la propriété d'être attirés par les aimants; on leur donne
le nom de corps magnétiques; mais, en 1778, Bnigmans découvril que le bismulh est, au conlraire, repoussé par les aimants; les corps qui se comportent à la façon du bismuth ont reçu le nom de corps diamagné tiques.
Pour étudier à ce point de vue les diverses substances, il ne suffit pas d'emplojer les champs magnétiques d'intensité faible créés par les aimants ordinaires; il faut, comme Faraday, faire usage du champ magnétique que l'on obtient avec les aimants artificiels, auxquels on donne le nom à^ électro-aimants parce que leurs propriétés magnétiques sont dues à l'action d'un courant
Fig. 164.
électrique sur une barre de fer doux. 1^'appareil {Jig- 164) représente l'électro-aimant de Faraday; les deux bobines A et B sont parcourues par des courants; elles sont enroulées sur des cylindres de fer doux, et le sens du courant est tel que les deux pièces qui sont en regard en O constiluent les deux pôles d'un puissant aimant.
Si l'on soutient en O par un fil un barreau solide dans le plan des deux pièces polaires, il s'orientera suivant la ligne des pôles s'il est magnétique, et perpendiculairement à cette ligne s'il est diamagnétique.
Dans la première catégorie, se rangent, avec le fer et l'acier, le nickel, le cobalt, le cérium, le titane, le palladium, le platine et le molybdène.
256 ÉLECTKiaTÊ DTXiaïQUE.
Les autres métaux sont pour la plupart dîamagnétiques ; mais cette propriété n'est facile à constater que dans un très petit nombre dVntre eux : le bismuth, Tantimoine, le zinc, Tétain, le plomb, l'argent et l'or.
Les métalloïdes et les substances organiques sont en général diamagnétiques.
I^s liquides enfermés dans de légers tubes de verre peuvent aussi être étudiés au point de vue de leurs propriétés magnétiques, et l'on constate que les solutions de sels métalliques magnétiques ont conservé cette propriété, tandis que l'eau et, en général, les composés où n'entrent que des métalloïdes, sulfure de carbone, alcools, éthers, composés organiques, sont pour la plupart dia< magnétiques.
Une expérience due à Bancalari permet de montrer que les ga/. possèdent aussi des propriétés magnétiques. La flamme d'une chandelle, placée entre les deux pôles très voisins de l'appareil de Faraday, est vivement rejetée de part et d'autre si, en faisant passer le courant dans les bobines, on transforme les deux pièces de fer doux en pièces polaires puissantes. En projetant des gaz variés sur ces mêmes pôles, on peut, en cherchant la direction que prennent les courants gazeux, savoir s'ils ont été attirés ou repoussés par le pôle. Farada}^ chargeait le gaz de traces d'acide chlorhydrique, et cherchait sa nouvelle direction en promenant dans l'espace un tube de petite ouverture renfermant de l'ammoniaque : la production de fumées blanches servait d'indicateur. L'oxygène est magnétique, presque tous les autres gaz sont diamagnétiques.
L'orientation des substances magnétiques et des substances diamagnétiques peut s'expliquer en admettant : i" que, pour les premières, chacun des pôles de l'aimant fait naître, dans l'extrémité du barreau mobile la plus voisine, un pôle de nom contraire, d'où résulte une attraction; 2" que, pour les secondes,^ au contraire, le phénomène d'influence déterminé dans l'extrémité du barreau mobile qui s'approche d'un pôle de Télectro-aimant tend à développer un pôle de même nom et qui, par suite d'une répulsion, s'oppose à ce mouvement.
M. Tyndall a, d'autre part, montré que celle hypothèse d'une polarité dîamagnétique inverse de la polarité magnétique était
AIMANTS. — CHAMP MAGNÉTIQUE. 2^y
rendue fort probable par suite de ce fait que, si Ton aimante une lige de bismuth par un courant électrique, le pôle austral se forme à droite du courant, alors que nous verrons plus tard que, dans ces mêmes conditions, le pôle austral se trouve à gauche du courant pour un barreau de fer.