‹ Leçons de physique générale (volume 2)Chapitre 2 sur 308 · CONDUCTEURS. - ISOLANTS · texte numérisé non relu

CONDUCTEURS. - ISOLANTS

En 1727, Gray, physicien anglais, remarqua que, si Ton prend une barre de métal supportée soit par des fils de soie, soit par un bâton de verre, et qu'on mette une de ses extrémités en contact avec un corps électrisé, c'est-à-dire ayant acquis par le frottement la propriété électrique, cette barre jouit elle-même de toutes les propriétés des corps électrisés. Les métaux présentent donc l'avantage de transmettre ou de conduire Télectricité; on les nomme corps bons conducteurs. Tout autres sont les phénomènes présentés par une barre de verre, un fil de soie, un bâton de résine : si nous mettons une extrémité de ces derniers corps en contact avec un corps électrisé, l'autre extrémité n'accuse aucune trace d'électrisation, au moins au bout de quelque temps. On dit que ces corps sont mauvais conducteurs.

De là une propriété essentielle de ces derniers : quand nous aurons un corps électrisé d'une façon quelconque et que nous voudrons lui conserver pendantlongtemps son électrisation, nous lui donnerons comme support un système formé d'une ou de plusieurs tiges de corps mauvais conducteurs; de cette façon, ce corps électrisé ne sera en contact qu'avec des corps non susceptibles de transmettre aux corps voisins ses propriétés électriques; il sera donc, pour ainsi dire, isolé électriquement de ce qui l'entoure. C'est pour cela que les corps mauvais conducteurs sont souvent appelés corps isolants. Cette dénomination toutefois ne correspond pas à une propriété absolue : il n'y a pas, à proprement parler, de corps isolants. Tous les corps sont plus ou moins conducteurs de l'électricité, et, au bout d'un temps très long, les isolants eux-mêmes finissent par être pénétrés par l'électricité. Nous nous bornerons donc aux seules dénominations de bons et de mauvais conducteurs.

Celte distinction nous permet d'expliquer ce fait expérimental, signalé par les premiers électriciens, que certains corps, reconnus depuis pour être des corps conducteurs, ne sont pas susceptibles d'être électrisés par le frottement. Cela tient à ce que l'électricité développée par le frottement dans une barre de cuivre, par exemple, se transmet par la barre elle-même, qui est conductrice, à la main qui l'est aussi pour se répandre dans le sol ; mais, si l'on a soin

EXPÉRIBNCBS FONDAMENTALES. 3

de tenir la barre de cuivre par une barre de verre, mauvaise conductrice, on constatera que la barre de cuivre s'électrise alors tout aussi bien qu'une tige formée d'un corps mauvais conducteur.

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